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dimanche 27 avril 2014

Evolution

Me revoici sur le blog pour une série d'articles reprenant certains de mes posts dans le forum de Linecoaching. Je les publierai petit à petit, un par jour. Ca me sert à marquer où j'en suis. J'évolue, lentement, par à-coups, régression/progression. C'est difficile et passionnant à la fois.

Je suis plus que jamais convaincue par cette approche. Par contre, je me rends compte à quel point ça peut être difficile. La nuance entre la lutte et l'acceptation est parfois subtile, je ne suis jamais sûre d'être sur le bon chemin. Je commence même à comprendre que s'il y a des mauvais chemins, il n'y a pas à proprement parler de "bon(s)" chemin(s). C'est la manière de parcourir le chemin qui fait la différence. Le forum m'est indispensable, au stade où j'en suis. Le parcours alimentaire m'a été indispensable (et recommence à l'être parfois, quand j'ai passé un cap, pour renouer avec les bases). Mais là, c'est le forum qui me permet d'avancer. Le croisement entre mon parcours et celui d'anciennes, de nouvelles, de "revenues après un arrêt", de personnes qui en sont plus ou moins au même stade que moi. C'est vraiment foisonnant, et j'ai énormément besoin de ce foisonnement pour me créer mon propre parcours émotionnel personnel.

Parfois, je recommence des exercices du parcours alimentaires, que j'ai déjà faits, mais que je comprends différemment. Ca me permet d'avancer au niveau apprentissages corporels, alimentaires. Plus j'avance, plus ce qui me semblait difficile au début devient plus simple, parce que je le comprends différemment, je le place dans un autre contexte. Les exercices permettent d'apprendre ce qu'on est prêt à apprendre, mais ce qu'on n'est pas prêt, c'est impossible. Avec l'évolution, on est prêt, et l'exercice prend une autre résonance. Parfois aussi on dévie un exercice de son objectif, et en évoluant un peu, ou à l'occasion d'un échange en forum, on le redécouvre tel qu'il est. En refaisant, j'apprends mieux.

Mes 7 mois "payés d'avance" sont terminés depuis deux mois. Maintenant, je paie tous les mois, 19 euros. Le parcours alimentaire ne les vaut plus : je l'ai terminé. Je suis dans une boucle, maintenant : je remplis un carnet d'observation, ça me donne un bilan et des exercices que j'ai déjà faits, à approfondir. A l'issue des exercices (ça peut prendre du temps, je ne suis plus pressée), j'ai un autre carnet d'observation, un autre bilan, etc. Le prix de l'abonnement était largement mérité. Pendant 7 mois, j'ai appris énormément, des choses dont je ne soupçonnais pas l'existence (j'en veux encore au soit-disant professionnels de santé qui n'ont jamais pris la peine de m'en parler). Maintenant, ce qui mérite mes 19 euros, c'est l'accès au forum. J'ai besoin d'y participer, d'y lire les participations. Pour voir, je suis allée sur un autre forum, gratuit, créé par une pionnière du "zermatage", comme elle dit. Il est vraiment très bien fait. Mais sur le parcours émotionnel, il ne peut pas faire aussi bien que Linecoaching, avec ce croisement d'anciennes et de nouvelles, en plein dans l'étude de la RPC et des sensations alimentaires.

Bref, je suis pleinement rassurée sur ma crainte de payer pour rien. J'obtiens bien plus que ce que j'espérais !

Je vais bientôt déménager ! Ma maison est presque prête. D'ailleurs, ce "presque"-là m'a causé bien du souci, et m'a permis de faire d'énormes progrès dans mon parcours émotionnel et alimentaire !

dimanche 9 mars 2014

Etape 9 (dernière) : Je stabilise mon comportement alimentaire

Je reprends le fil de mon blog, pour y ajouter la dernière étape et faire un point sur où j'en suis.
Déjà, je suis toujours aux anges, quel bonheur d'avoir trouvé Linecoaching sur mon chemin !
J'ai commencé à moins écrire sur mon blog quand j'ai eu besoin de participer au forum Linecoaching. La participation à ce forum m'a permis de consolider quelques avancées et d'en oser d'autres. Je le trouve d'une richesse assez étonnante par rapport à beaucoup d'autres forums auxquels j'ai pu accéder. Le site est très orienté "comportement alimentaire", "sensations physiques", et le forum développe d'autres points importants du programme : connaissance de soi, pensées automatiques, et surtout les émotions, qui sont ce que j'explore en ce moment. Certaines intervenantes sont très pointues, par leur métier ou leurs lectures ou leur capacité à partager ce qu'elles vivent, et il y a dans ce forum une bienveillance tranquille que je n'ai trouvé nulle part ailleurs. J'apprends énormément tous les jours.


Donc voilà, j'ai terminé ma dernière étape, je suis maintenant étiquetée "Experte". La dernière étape est une boucle. On remplit un carnet alimentaire, en renseignant la même chose que pour des carnets précédents : à quelle heure on a mangé, si on avait faim, combien de plats, si on en a dégusté, et combien, et à quelle intensité on a dégusté. Et si à la fin on avait la sensation d'avoir pas assez / juste assez / trop mangé. Si on coche "trop", une autre volée de questions : à quel moment on s'en est aperçu. Combien de plats on a mangé "en trop", et pour quoi (tentation, EME, convention sociale, etc.) Si on coche EME, on a une autre question : quelle émotion, à cocher dans une liste.
Ca dure 10 jours.
Ensuite, il y a un bilan, pour comparer notre avancée aux autres carnets, et puis un questionnaire sur notre état émotionnel.
Et là, selon tout ce qu'on a renseigné, des outils sont sélectionnés. Par exemple, quand j'ai rempli le premier, mes outils étaient l'EME-zen, et quelques exercices émotionnels pour apprendre à me recentrer sur moi (comme par exemple refuser de rendre un service) ou pour apprendre à me détacher des aliments quand je n'ai plus faim (comme par exemple jeter 5 objets inutiles).

Après avoir validé les outils (j'ai pris mon temps), je suis entrée dans la deuxième boucle : un autre carnet de stabilisation du comportement, un questionnaire sur l'état émotionnel, et d'autres outils ont été sélectionnés. Je n'ai pas encore commencé à les travailler spécifiquement, mais j'en tiens compte. Par exemple, je dois refaire l'étape du rassasiement spécifique. Je ne le fais pas pour le moment, mais je prends soin de mieux déguster, d'observer vraiment le moment où ça perd son goût, même si je ne lâche pas forcément l'aliment).

Ce que j'aime, c'est que c'est une boucle infinie. Tant que j'aurais quelque chose à travailler, je ne sors pas du parcours formel Linecoaching. Il n'y a pas un moment où on me dit "Bon, ça y est, vous avez eu tous les cours, débrouillez-vous toute seule". L'avantage, c'est aussi que comme c'est une boucle infinie, quand je m'y sens prête je peux partir. Pour le moment, je n'envisage pas un instant d'en partir, mais c'est bien de savoir que je peux. Ca me coûte 19 euros prélevés automatiquement sur mon compte tous les mois, et je ne trouve pas ça trop cher par rapport à ce que ça m'apporte.

J'aime énormément aussi le titre de cette étape. Pas "stabilisation du poids", mais "stabilisation du comportement alimentaire". C'est tout à fait en cohérence avec le reste. Avec Linecoaching, la perte de poids est secondaire, dans le sens où elle ne vient qu'avec la modification de tout le reste. C'est le comportement qui est au centre. La perte de poids vient en second. Et maintenant, dans ma tête aussi, ça ne vient qu'en second.

Ce que je découvre, c'est que le comportement ne change que si l'équilibre émotionnel se fait. Du coup, pour changer encore davantage mon comportement alimentaire, je sais que je dois trouver un meilleur équilibre émotionnel. Je suis donc en phase d'exploration de mes émotions, ces grandes inconnues.

Mes prochains articles seront principalement des copié-collés de certaines de mes interventions en forum, des moments qui m'ont fait prendre conscience de quelque chose, qui ont marqué une avancée ou une piste de réflexion.

J'ai l'impression d'être au début du chemin. Et pourtant, j'ai tellement avancé ! Un régime pour perdre du poids, maintenant, ça serait impossible. C'est tellement inutile et contre-productif, un régime ! Personne ne peut savoir que j'ai faim, que je n'ai plus faim, que j'ai besoin de tel ou tel aliment et telle ou telle quantité. Même moi, j'apprends. Alors qu'une diététicienne ou un nutritionniste ou que sais-je ait la prétention de le savoir, ça me paraît maintenant d'un ridicule complet, de l'ordre de la pensée magique.
J'ai toutefois ajouté un lien vers le blog d'une diététicienne anti-régime. http://ariane.blogspirit.com/archives/category/stop-a/index-0.html . Il est foisonnant de choses, je n'ai pas encore tout exploré, mais c'est réjouissant de lire une diététicienne anti-régime !

mardi 19 novembre 2013

Etape 8 - Volet 4 : Maîtriser sa consommation d'aliments très caloriques

17/11

Ça y est, j'ai rempli mon compte-rendu hier : pas de collation. Ce qui est assez étonnant, vu que je n'avais mangé que 50g de Palmito, et pas de petit-déjeuner. J'ai commencé à avoir faim à 18h30, comme d'habitude, et la bonne faim vers 19h-19h30.

On a mangé de la raclette, un vrai régal ! J'ai fait attention à me servir de petites portions, pour bien en profiter. A la fin, il me restait de la place, j'ai mangé de la salade. Et à la fin, il ne me restait pas de place, mais je n'étais pas au-delà de la satiété, j'étais pile dedans ou à peine un peu dépassée. J'ai eu très envie d'un carré de chocolat, alors je l'ai pris. Il n'était pas aussi bon que ce que j'attendais, mais je suppose que c'est parce que je n'avais plus faim.

Me voici donc à l'étape suivante. L'exercice est exactement le même que pour les chips et les biscuits : remplacer son déjeuner par un aliment gras. En principe, on doit prendre le même aliment pendant les 4 jours de l'expérience.
Sauf que là, la barrière des 100g est levée : je peux en manger autant qu'il me faut, en arrêtant quand je sens que le goût change. En gros, c'est pour lever le tabou. Les 100g, c'est comme les petites roues du vélo, c'est encore un contrôle extérieur. En enlevant les "petites roues", on apprend à consommer sans peser. La balance, c'est le rassasiement gustatif. Ça apprend à faire confiance à son corps, à se servir de lui comme baromètre.

Autre changement : le protocole impose de prendre le même aliment pour la collation, si on a besoin d'une collation. Je suppose que ça permet de lâcher l'aliment plus facilement. Ça rassure la faim émotionnelle.

Donc j'ai réfléchi à comment j'allais aborder cette étape.
Déjà, un problème : je n'ai pas envie d'aliment gras, salé ou sucré. Aujourd'hui (dimanche), j'avais envie de salade verte. Très envie. J'ai eu beau invoquer mes idoles habituelles, y a rien eu à faire, même l'idée de chocolats de Noël au praliné ne m'a pas détournée de mon envie de salade verte. A la limite, même : beurk, les chocolats de Noël. Le Kiri, à la limite, pourquoi pas. Mais pas envie d'en manger comme repas. Juste envie de manger un Kiri, comme ça, un seul.

Donc j'ai décidé de repousser ça à lundi. Aujourd'hui, on est quand même allés acheter ce qu'il fallait dans un supermarché ouvert le dimanche matin.
On est passé devant le rayon des chocolats de Noël, qui fait comme une haie d'honneur dès l'entrée depuis plus d'une semaine. Et bof. J'ai quand même regardé s'il n'y avait pas une petit boîte de chocolat de Noël Lindola, mais il n'y en avait pas. Au bout de la haie d'honneur, je vois les frigos, et là, j'ai une envie de maki qui me saisit. Je vais voir s'il y en a, et hop, j'en prends une boîte (ils sont meilleurs au resto, mais je n'avais pas envie d'aller au resto pour ça : envie de makis et de salade verte, c'est dommage de gaspiller un resto pour ça !).

Ensuite, bon, ben prescription des docteurs, hein, je me dirige vers le rayon des biscuits. J'avais décidé de refaire une semaine de biscuits, parce que déjà c'est bon, même si je n'en ai pas encore à nouveau envie, et ensuite parce que ça avait été plus difficile à gérer pour moi, par rapport à l'aliment gras et salé. En gros, je voulais des biscuits pour faire une révision, m'entraîner à savoir les manger.

Pour aller des makis aux biscuits, on traverse le rayon fruits et légumes. Je jette un oeil vers la salade, mais j'en ai qui m'attends à la maison (slurp !). Et là, une odeur enchanteresse m'attrape par le nez et me fait faire demi-tour.

Je me retrouve face à face avec l'étalage de pommes ! Hein ? Quoi ? C'est quoi c' t' arnaque ? Je viens pour acheter des biscuits au chocolat bien gras, et l'odeur des pommes me détourne de mon objectif ??? Je commence à lever un pied, pour passer mon chemin (non mais quand même, hein, je vais pas acheter des pommes ??? Des pommes qui ne sont même pas celles de la dame chez qui on achète nos légumes, qui ne sont même pas des Goldrush - les Goldrush sont d'excellentes pommes !)

Mais c'était pas possible de partir de là, ça sentait trop bon. J'ai commencé à regarder ce qui s'étalait. Et là, j'ai vu une étiquette, sur une Golden : "Cueillie à maturité". Bon, allez, j'en prends une. Mon mari arrive, et il dit "Ah tiens, oui, une Granny", alors j'ai aussi pris deux Granny. Et puis j'ai vu les Chanteclerc, et elles étaient jolies et petites, alors j'en ai pris une. Et puis à côté, il y avait les Canada, j'en ai pris une petite aussi. Et puis une rouge, aussi, parce que tant qu'à acheter des pommes, autant que ça fasse joli, et puis c'était la seule de la collec' que je n'avais pas !

Ensuite, ah oui, c'est vrai, les biscuits ! Bon, tant que j'y suis, je vais chercher du Kiri... Et puis ensuite, je m'attaque aux biscuits. C'est la première fois que j'en achète sans la ferme intention d'en manger le plus rapidement possible. J'ai choisi des tranches napolitaines, parce que ça faisait partie de mes envies de la semaine dernière (c'était numéro 5 sur ma liste de 4 aliments, donc je ne l'avais pas acheté). Ensuite, j'ai pris des Rochers Suchard noirs. Et puis un pot de crème Spéculoos (c'est comme du Nutella, mais au Speculoos). Et là, ben plus d'envie. Je me dis que je vais voir au rayon frais, peut-être des mousses au chocolat ou du riz-au-lait ? Et je tombe devant ma grande folie, aliment purement oublié tellement je me le suis interdit : des M&M's, des vrais, les originaux, avec la cacahuète. Je prends un paquet. Euh... bon, non, un kilo, non, c'est pas possible. Mais les petits sachets sont trop petits, il en faut trop... Allez, hop ! 500 g !

Pfiou mission accomplie ! J'ai mes quatre aliments, ils sont bien caloriques et ce sont tous des aliments que je me suis interdits pendant des années.

Me voici donc avec une envie de légumes et un placard rempli de trucs caloriques. Ce programme est hallucinant !!!

En fait, je me tâte encore. Je pense que peut-être, je ne vais pas recommencer l'exercice de la semaine dernière. Je sais déjà ce qui va se passer : j'ai une envie très moyenne de l'aliment, je ne vais pas en manger plus de 50 g, 60 au pire. Je n'ai pas besoin de me tester là-dessus pour le moment. Plus tard, quand l'envie de gras sucré sera revenue, peut-être.
Là, je sors du repas, et le point culminant, ça a été quand j'ai mangé le premier quartier de ma Golden "cueillie à maturité". Mon mari m'a fait goûter une cuillerée de son cheesecake Gü chocolat-vanille, et c'était une tuerie, mais sur mon échelle de midi, la pomme le dépassait nettement en plaisir, c'est dire. Au point que j'ai refusé la deuxième cuillerée qu'il m'a proposée. (Ma grand-mère serait pliée en deux de rire.)

Donc je pense que je vais changer l'exercice. Déjà, parce que je n'ai pas envie de donner un truc qu'il n'a pas envie de manger à mon nouveau copain le corps. Vu ce qu'il est capable de me donner comme plaisir quand je mange un truc dont il a envie, j'aime autant ne pas le contrarier !
Je pense que je vais attendre mercredi, pour me tester sur autre chose : arrêter dès que le goût change. C'est plus difficile à faire à l'école, parce que oui, je peux prendre une collation, mais pas forcément dans de bonnes conditions, pas forcément au moment où j'ai faim, et pas forcément dans le calme, et pas forcément lentement. Du coup, je mange toujours trop, pas assez pour ne plus avoir faim (avec cet exercice, je m'arrête toujours en ayant faim, la faim disparaît au bout de 5 ou 10 minutes, et elle revient au bout de 2 ou 3h, c'est-à-dire un peu trop longtemps avant la récréation).

Mercredi, ça sera plus simple : mon mari travaille à midi, donc je peux me concentrer uniquement sur l'aliment. Et je ne travaille pas dans la journée, donc je peux prendre ma collation quand je veux (je me vois mal avec mon pot de crème Spéculoos et ma cuillère pendant la récré). Et le soir, j'aurais le temps de me préparer le plat que je veux (en principe, j'ai envie de légumes, après ces exercices).
J'envisage de recommencer samedi et dimanche, si je suis à la maison et si j'en ai envie.

Ca ne respecte pas le protocole de l'exercice, puisqu'il faut le faire sur 4 jours consécutifs, avec possibilité de sauter un jour, mais je ne le respecte déjà pas en choisissant des aliments différents au lieu du même pendant 4 jours.
Je pense que le plus important, dans l'exercice, pour moi, c'est d'apprendre à lâcher l'aliment dès que le goût change. C'est ce que je n'ai pas encore réussi à faire, soit avec les chips parce que c'était tellement nouveau d'avoir le droit d'en manger, soit avec les chips et les biscuits parce que j'étais à l'école, et que c'est moins facile d'accepter d'avoir faim quand on sait qu'on ne pourra pas prendre la collation avant que la faim soit grande (et c'est inconfortable, les grandes faims, je suis plus agressive, moins patiente, ça n'est pas compatible avec les enfants).
De plus, l'objectif principal de ce programme, c'est d'apprendre à écouter son corps et à lui faire confiance, d'accepter qu'il sache mieux que les nutritionnistes ce qu'il lui faut, et de savoir le lui donner dans la bonne quantité. En ce moment, il veut du varié et des légumes. Je ne vais pas lui donner des rochers Suchard. Je suis sûre que mercredi, il en voudra !

lundi 18 novembre 2013

Etape 8 - Volet 3 : 100g d'un aliment gras et sucré

16/11

Au début de la semaine, je suis enfin parvenue à l'étape que j'attends depuis mon inscription sur Linecoaching, le Saint-Graal : remplacer mon déjeuner par 100g d'un aliment gras et sucré.
C'est le même protocole que pour le volet sur les chips. Sauf que les chips, c'est bon. Mais les aliments gras et sucrés, c'est incomparable, pour moi !

J'ai choisi les biscuits. Quel plaisir dans le rayon ! Comme pour les chips, j'ai pris de la liberté avec le protocole : je n'ai pas choisi le même type de biscuits pour les 4 jours, je me suis fait le plus plaisir possible !

Le premier jour, j'ai mangé des biscuits Delacre, tout au chocolat (dommage pour les cigarettes russes, que je préfère nettement nature). Je me suis régalée. Sur les 100g, j'ai mangé 60g. La différence par rapport au chips, c'est que je n'avais pas eu trop de mal à arrêter de manger des chips après que le goût ait changé. Alors que là, non. Je me suis autorisée à aller au bout des 100g si j'en avais envie. Déjà parce que les calories, je m'en fiche un peu. Et puis qu'en plus, quand on lit les calories, eh bien 100g, ça apporte autant de calories, sinon moins, qu'un repas équilibré. Et puis avec l'expérience des chips, je savais que le soir, mon corps aurait envie de légumes, et que l'équilibre se ferait de lui-même. Donc quand les biscuits n'ont plus eu le même goût, j'ai continué à en manger, lentement, en dégustant, en profitant au maximum. Et puis tout d'un coup, bloum, écœurement. Du coup, ça a été super simple de ranger les 40g restant. J'ai senti cet écœurement pendant quelque temps, dans la journée, et puis il a disparu. Et le soir, à 17h, j'ai eu faim, une vraie faim. J'ai remangé un biscuit, et il était redevenu délicieux. Par contre, je n'ai pas eu envie d'en prendre un deuxième. J'ai eu faim normalement à l'heure du repas, et je me suis régalée avec des haricots verts au beurre et un œuf.

Le deuxième jour, j'avais choisi des Pim's à l'orange, parce que je les aime, déjà, et puis parce que ça me rappelle quand j'étais petite. Ma grand-mère nous en amenait parfois, c'est associé à de très bons souvenirs de goûters familiaux, avec mes frères, mon jeune oncle et ma jeune tante.
J'en ai mangé 40g. La confiture à l'orange est plus sucrée et moins amère que dans mon souvenir. Le goût est assez rapidement devenu inintéressant. J'ai eu faim à 15h30, au moment de la récréation. J'ai attrapé un Pim's, et je l'ai dégusté en surveillant la cour. A 16h, quand on a eu marqué les devoirs, rangé les affaires et qu'on est allé en sport, j'avais encore faim, donc j'ai pris un autre Pim's. Là aussi, je me suis régalée. Et le soir, j'ai eu faim comme d'habitude, et là, vive les épinards à la crème !

Le troisième jour, j'avais pris des biscuits que je ne connaissais pas, des palets au praliné Côte d'Or. Un pur régal ! J'avais très faim, plus que d'habitude, et j'en ai mangé 80g, et puis j'ai arrêté pile avant l’écœurement. Bien sûr, c'était bien après que le rassasiement gustatif (c'est ça, l'objectif de l'exercice : s'arrêter au moment du rassasiement gustatif, mais là, non, pas envie !) ait fait changé le goût. Mais ça restait délicieux quand même ! L'après-midi, je n'ai pas eu faim du tout. La faim est revenue pour mon repas du soir, à l'heure habituelle. Je n'avais plus envie de manger de ces biscuits, j'ai mangé des épinards, du fromage, j'avais envie de salé. Mais j'en rachèterai, de ces biscuits-là ! (Mais pas pour le moment !!!)

Aujourd'hui, c'est le quatrième jour. J'ai choisi des Palmito, encore un régal de mon enfance, les goûters familiaux apportés par ma grand-mère. (C'est un peu un symbole. Comme de réussir à faire du vélo : "T'as vu, Mamie ! Je sais faire du vélo sans les petites roues !" Là, c'est "T'as vu, Mamie ! Je sais manger des Palmito et des Pim's !").
Je dois marquer l'envie de manger l'aliment sur une échelle de 0 à 10. Les autres jours, j'ai noté 9 ou 10. Aujourd'hui, j'avais surtout envie de salé. J'ai marqué 5. J'ai mangé 50g de Palmito. C'est vraiment délicieux, la texture est nickel, mais le goût devient rapidement peu intéressant, avec un fond de texture un peu trop gras, pas fondant, plutôt pâteux. Je pense qu'avec 3 Palmito, le rassasiement gustatif était déjà là. J'en ai mangé davantage parce que ça restait bon, et puis que c'est une étape dont je veux faire un vrai plaisir, je n'hésite pas à aller jusqu'au bout du plaisir, quitte à aller trop loin (puisque je ne dépasse pas les 100g indiqués et que j'attends la prochaine faim pour manger à nouveau).
Là, j'attends ma prochaine faim pour dire si j'ai mangé ou pas une collation, remplir le compte-rendu, et terminer ce volet, pour voir ce qu'est la prochaine étape.

C'était un vrai bonheur, cette étape ! Je pense que je recommencerai, parce que c'est pratique, les biscuits, et puis j'en ai une énorme envie, même si je n'ai jamais atteint les 100g. Même l’écœurement du premier jour était sympa à vivre ! C'est comme quand la voiture pile et qu'on se sent retenu par la ceinture de sécurité : ça n'est pas agréable, mais on se sent sécurisé. Cet écoeurement, c'est la preuve que je peux manger des biscuits, mais pas une quantité infinie. Et cette faim intense de légumes, le soir, c'est la preuve que l'équilibre se fait de lui-même, par envie et plaisir, pas par raisonnement et effort. Et hier, pendant mon EME du soir, j'ai mangé une boîte individuelle de salade de fruits, au lieu de manger du chocolat ! J'ai mangé du fromage, mais j'en avais mangé au repas, et il était moins bon pendant l'EME. Et en rangeant le fromage, j'ai vu la salade de fruits, et c'est de ça dont j'avais envie !
Par contre, je ne recommencerai pas tout de suite le repas de biscuits ! Là, je n'en ai plus envie pour le moment ! J'ai envie de trucs salés et surtout de salade verte avec du pain et de la vinaigrette ! Et en gras sucré, j'ai plutôt envie d'un truc frais et moelleux, comme le cheesecake qu'on a acheté. (Mais pas pour le moment. Pour le moment, je n'ai envie de rien, je n'ai pas faim).

J'ai aussi trouvé intéressant mes réactions : j'ai eu beaucoup plus d'EME pendant le repas de biscuits que pendant le repas de chips. Mes aliments préférés sont pour moi les plus difficiles à manger en respectant mes sensations, parce que dans ma vie, j'ai beaucoup plus souvent bridé mes envies de biscuits (fréquentes) que mes envies de chips (rares).

C'est comme un enfant qu'on porte dans les bras trop souvent : il marche moins bien que celui qu'on laisse marcher seul en veillant autour. Ces aliments, je n'ai pas appris à les manger, on les a toujours contrôlés pour moi, et plus grande, je les ai contrôlés de moi-même, avec quelques lâchages. Lors des goûters familiaux, qui restent d'excellents souvenirs, mon jeune oncle (mangeur régulé, et même plutôt petit mangeur) avait le droit de manger le paquet de Pim's s'il le souhaitait, mais moi, on m'en servait quelques-uns, et puis on me proposait une pomme. C'était très frustrant de voir mon oncle râler pour ne pas manger tous ses Pim's, alors que moi, je les aurais volontiers mangés pour lui...
"Et ta pomme, tu peux te la garder !"
Ben oui, ma grand-mère était un ange, c'était la seule personne capable de me convaincre de me laver, de participer aux tâches ménagères et de me laisser arracher une dent de lait, mais je n'ai pas toujours été aimable avec elle - enfin, loin des oreilles de ma mère, parce que si ma mère m'avait entendu parler comme ça à ma grand-mère, j'aurais fini l'après-midi punie dans ma chambre ! Ma grand-mère haussait juste les sourcils, et elle disait "Pfiou ! Mange des carottes, ça rend aimable !" et elle me laissait ruminer dans mon coin en rigolant (parce que je n'aimais pas les carottes, en plus !).

Et maintenant, ben... "T'as vu Maman, t'as vu Mamie ! Je sais (presque) manger des biscuits toute seule !"
C'est l'expérience alimentaire la plus drôle et la plus plaisante que j'ai fait dans toute ma vie !

dimanche 17 novembre 2013

Etape 8 - Volet 2 : Ajuster sa consommation à ses besoins

16/11

L'étape des 100g d'aliment gras et salé s'est extrêmement bien passée, même au boulot. J'ai mangé mes chips, je me suis arrêtée quand le goût changeait. Pas exactement quand il changeait. Un peu après, pour bien observer, déjà, et puis parce que j'en avais envie (une EME). Mais ce n'est pas très grave. C'est là que je réalise ma chance de ne pas être trop perfectionniste. Ne pas arrêter pile au moment où le goût change, ça veut dire ne pas respecter le protocole. Pour moi, ça n'a pas été très important. L'important, c'était de voir ce qu'était l'objectif, et de le sentir dans mon corps.

Et en effet : quand on mange un aliment gras et salé en y prêtant le maximum d'attention, on voit clairement que le goût change (sinon, il faut répéter l'exercice plusieurs jours, pour arriver à le percevoir). Et le goût change très vite. Au bout d'un moment, ce n'est même plus très intéressant de manger de cet aliment. Voilà pourquoi les mangeurs régulés arrivent à résister à des aliments qui nous rendent fous. Au bout d'un moment, leur corps ne le perçoit plus comme le même aliment.
Une chips est désirable et délicieuse. Au bout de quelques grammes, elle est désirable et bonne. Au bout de quelques dizaines de grammes elle est désirable, mais n'apporte pas de plaisir. Si on arrive à s'arrêter à ce moment-là, à se recentrer sur soi, la chips arrête d'être désirable, c'est comme si ça n'était pas le même aliment qu'au début.

Pour les mangeurs régulés, leurs capteurs sensoriels ne sont pas désorientés par des années de lutte contre soi, et du coup, ils perçoivent très rapidement que cette impression que "ce n'est plus le même aliment". Et en fait, c'est bien ça : au début, c'était l'aliment dont le corps avait besoin (pour se nourrir ou se réconforter). Et ensuite, ça n'est plus l'aliment dont le corps a besoin : il a pris tout ce qu'il avait à prendre de cet aliment.

Je suis passée au volet suivant, et horreur ! il s'agit de fractionner ! Comme l'étape qui m'avait paru la plus difficile.
Bon, après l'étape difficile, puis l'étape des chips, le fractionnement me fait moins peur. Et j'ai la chance de ne pas être trop perfectionniste, donc ça a été.
En gros, à la première étape du fractionnement, on doit enlever une petite partie de ce qu'on mange d'habitude.
Pour ce volet, il s'agit d'en enlever beaucoup. Par exemple, la moitié. Et de manger une collation si on a faim ensuite, en essayant d'ajuster la collation pour avoir faim au prochain repas. C'est un peu comme tenter de viser juste avec une fléchette. Au lieu d'ajuster le geste, on ajuste la portion qu'on consomme.
Au début, j'ai vu que j'y arrivais, et que j'avais un grand besoin de la collation, et d'une collation pas forcément légère, ou bien de deux ou trois collations légères à une demi-heure d'intervalle. Du coup, j'ai laissé une moins grande partie du repas, et j'ai baissé ma collation.

Maintenant, j'arrive à avoir faim pour le repas, à une demi-heure près. J'arrive à baisser ma consommation de nourriture pour avoir le ventre léger, ou à l'augmenter pour le sentir un peu plus plein. Ca dépend de ce que je veux ressentir. Parfois, le ventre léger, c'est parfait. Parfois, j'ai eu une journée inconfortable pour d'autres raisons que l'alimentation, et j'ai envie de sentir mon ventre un peu plus plein. En tous cas, ça n'a rien à voir avec le ventre tendu que j'avais avant en finissant mon repas.
J'arrive même, maintenant, à trouver assez inconfortable d'avoir le ventre "un peu plus plein". Même si c'est à peine un peu plus plein, je sens une différence. En fait : je sens mon ventre très présent, alors qu'avec le ventre léger, je sens mon corps bien. Ca ne m'empêche pas de ne pas souhaiter le laisser "léger" tout le temps. Mais c'est une évolution intéressante.

Hier, par exemple, j'ai préféré ne pas prendre le dessert à la fin du repas, pour garder cette sensation de ventre léger. Je n'ai pas ressenti de manque : le dessert était au frigo, il n'allait pas s'envoler.

Encore une fois, je précise : ça n'empêche pas mon EME du soir. Tout ce que ça change, ces étapes, c'est que je me sens infiniment mieux, même quand la journée est difficile. Je prends ma journée différemment, je prends ma soirée différemment, j'essaie d'identifier mes inconforts avant qu'ils ne deviennent des problèmes.

Parfois, l'après-midi, je me cuisine un gâteau pour le repas du soir, et je profite des effluves. Parfois, je me cuisine des haricots verts, et j'ai le même plaisir d'anticipation à profiter des effluves.
Aujourd'hui (samedi), on est allé faire les courses, on a envie d'une raclette pour ce soir. J'ai trouvé du cheesecake Gü en promotion, j'en ai pris. J'ai pris aussi de la salade mesclun en DLC. Et j'ai salivé tout pareil en m'imaginant manger des deux. C'est en grande partir pour ça, pour ce plaisir à manger autant des aliments très caloriques qu'à manger des aliments peu caloriques, que je me sens mieux en accord avec moi-même (et puis la RPC, aussi, quel outil !). Du coup, l'EME du soir, je ne focalise pas dessus. On verra bien plus tard ce qu'elle devient. Pour le moment, moi, je deviens plus zen et de bien meilleure humeur, plus ouverte à moi-même et aux autres, mieux capable d'encaisser les petits inconforts du quotidien.

vendredi 8 novembre 2013

Etape 8 - Redécouvrir la satisfaction alimentaire

3/11/2013
11h

Le volet 1 de cette étape, c'est de remplacer son déjeuner par un aliment très calorique salé. Ca dure 4 jours. On doit se servir 100g de l'aliment choisi, et ensuite, si on a encore faim, on doit attendre une heure avant de prendre la collation de notre choix (le même aliment ou un autre, comme on veut).
On peut aussi se peser avant et après l'expérience (le but, c'est d'être convaincu par la preuve que si on respecte ce protocole, on ne grossit pas). Je n'ai pas de balance, et je ne souhaite pas me peser, donc j'ai coché que je ne veux pas. On doit manger l'aliment lentement, en dégustant, et arrêter, si on le peut, quand le goût change. Si on ne le peut pas, on ne doit pas dépasser les 100g.
En principe, si on arrête au bon moment, on doit ressentir une lassitude agréable du goût

L'objectif de l'expérience, c'est d'essayer de ressentir ce changement de goût. Il correspond au rassasiement spécifique, c'est-à-dire que c'est un message que notre corps envoie : "C'est bon, n'en jetez plus, j'ai pris tous les nutriments dont j'avais besoin, je ne veux plus cet aliment" et que notre cerveau traduit en disant "C'est moins bon".
Parfois, le cerveau prend sur lui de ne pas envoyer ce signal, parce qu'il voit qu'on n'est pas très bien dans son assiette, et que l'aliment est un bon doudou, il calme notre émotion. Donc même si le corps n'a pas besoin des nutriments présents dans l'aliment, le cerveau en donne envie quand même, pour qu'on puisse y puiser du réconfort. Et une fois pris le réconfort, il nous envoie le signal de moins bon.

C'est un signal ténu, il faut être en pleine conscience pour le ressentir. Il faut aussi s'autoriser à manger de cet aliment, parce que sinon, on risque de nier cet affadissement du goût, de se leurrer en projetant un bon goût (le cerveau fait ça très bien, quand on mange distraitement : il projette sur grand écran les sensations positives du début de la dégustation, au moment où l'aliment était succulent, et on croit que ce qui est projeté est vrai, parce que ça l'est... sauf si on y prête attention.)
Je trouve que les 100g, c'est bien. J'ai choisi les chips, comme aliment très calorique salé. Même avec une grosse envie, je ne pense pas que ça soit possible de manger 100g de chips en mode dégustation en ressentant du plaisir tout le temps. Il y a forcément un moment où le gras et le sel sont la seule sensation perceptible.
Et pourtant... je suis sûre qu'avant, j'aurais pu manger 100g de chips sans sourciller, et même davantage, et du chocolat après pour faire passer le goût du sel.

Donc samedi, premier jour de l'expérience, j'étais toute heureuse ! Ça a fait rire mon mari. On s'est souvenu d'il y a 6 ans, quand je suis revenue de chez une diététicienne en pleurant parce qu'on avait dû acheter des yaourt Danone au lait demi-écrémé (alors que c'est pas la mort... ils sont bons, ces yaourts).

 Les chips, c'est un rayon dans lequel je ne vais jamais jamais, que je connais juste parce qu'on doit passer devant pour prendre du coca ou de l'eau minérale (et maintenant, avec ma sodastream, j'ai moins envie de coca ou d'eau minérale). Bref, c'était presque une expédition exotique !

Il y a des tas et des tas de chips différentes ! J'ai choisi soigneusement. J'ai pris des bio, comme ça, pour voir. Des "éthiques", parce qu'elles étaient originales : des pommes de terres violettes et des bleues ! Je n'ai jamais goûté ces chips-là. Et un paquet de Vico au vinaigre balsamique. (L'expérience dure 4 jours, donc j'ai pris 4 paquets). Au passage, j'ai découvert des chips de légumes (betterave, patate douce, panais, carotte), et j'en ai pris (pour goûter, quand j'en aurais envie, après l'expérience).

J'étais impatiente de commencer, mais voilà : ma faim n'était pas là. J'avais eu mon EME du soir, et j'avais mangé sans faim et plus que d'habitude (enfin, plus que depuis quelques semaines, c'est-à-dire à peu près autant qu'avant de me lancer dans la méthode A/Z). Je m'étais réveillée un peu nauséeuse (moins que cet été, mais comme je suis plus sensible à mes sensations, et que je n'avais pas éprouvé celle-ci depuis longtemps, c'était bizarre.
Ma faim est revenue vers 16h.

J'ai pesé mes 100g de chips (les bio, pour avoir le goût des chips auquel je m'attendais, sans vinaigre ni pommes de terre colorées). Ca fait une sacrée assiette !
J'ai mangé en dégustant, très lentement. J'aime manger les chips par trois, comme un mini-sandwich feuilleté. Donc je les ai mangées par trois, comme j'aime, mais en prenant le temps de déguster entre chaque trio. Le goût a commencé à changer vers la moitié de l'assiette. Puis il est devenu juste salé. L'arrière-goût de pomme de terre était encore très bon. Puis il a changé aussi, et j'ai arrêté un moment. J'ai regoûté, pour être sûre. Et bof, rien d'intéressant. J'avais encore envie d'en manger, mais plus de plaisir. Donc j'ai arrêté. Le plus difficile, c'est que j'avais encore faim. Sans l'étape du fractionnement, je n'aurais pas pu m'arrêter en ayant faim comme ça.
J'ai pesé ce qui restait : 57g. J'ai picoré deux ou trois chips de plus, mais bof.

J'ai patienté, puisque je devais attendre une heure avant de calmer mon reste de faim. Et en fait, il a disparu ! Je ne me sentais pas lourde, pas écoeurée, je n'avais absolument plus du tout envie de chips (sans en être dégoûtée), j'avais envie d'orange et de gâteau (j'ai fait deux cakes banane/gingembre et une tarte aux poires - pas terrible, mais j'ai envie de manger toutes les poires qui sont dessus !)

Je me suis dit que zut, ma faim n'allait pas reparaître de sitôt ! Et en fait, si. A 19h, elle était là. A 19h30, elle était suffisante pour que je mange. J'ai mangé une orange (un vrai délice) et une bonne part de cake banane/gingembre. J'ai arrêté. J'avais encore une toute petite faim au bout d'une dizaine de minutes, alors j'ai mangé du chocolat. Un demi carré au piment... un demi carré à l'orange... puis le reste du carré à l'orange. Et puis le reste au piment... Et là, c'est bon, j'étais bien, je n'avais plus faim, je n'avais pas trop mangé.

Ma faim est revenue à nouveau à l'heure de l'EME. J'en ai profité pour manger du fromage, encore du gâteau, un petit morceau de tarte aux poires (avec moins de pâte que de poire, et quand je dis petit, c'est vraiment petit, ça rentre dans une cuillère à soupe). La faim a disparu, mais j'avais envie de chocolat, donc j'en ai mangé, au-delà de ma satiété, donc, mais bon, tant pis ! Ce matin, café sans sucre (j'ai apprécié de le prendre sans sucre, pendant l'étape du fractionnement, donc tant que ça ne redevient pas désagréable, je continue : ça fait une prise alimentaire de moins, ça me rapproche de ma future bonne faim pour le déjeuner), et j'attends ma bonne faim pour manger mes chips !

Au menu : "Brut de chips" Vico, saveur vinaigre balsamique.

Je garde pour les jours d'école (demain, c'est la rentrée) les paquets de chips "éthiques" violettes et bleues, parce qu'ils font pile 100g (les autres font 125g, et je ne compte pas emporter ma balance à aliments à l'école !). J'ai aussi prévu des salades de fruits (des toutes prêtes, mangue, ananas, papaye) pour la collation de l'école, si j'ai faim après les chips. (Quand je suis plus active, la faim est parfois plus présente).

C'est une chouette étape, en tous cas !

mardi 5 novembre 2013

Etape 7 - Volet 2 : Je teste ma satiété

31/10/2013
11h

Le volet 2 est le plus difficile. C'est mon avis, et c'est partagé par beaucoup de ceux qui mettent en pratique la méthode. J'ai beaucoup lu les forums sur ce sujet. Je suis même sortie de ma réserve pour poster à mon tour, et j'ai obtenu une réponse à mes questions qui m'a aidée à mieux envisager cette étape. M'enfin, ce n'est pas ma préféré, c'est vraiment la plus difficile.

Il s'agit du fractionnement. En gros, on continue à travailler le fait d'avoir faim, de manger en dégustant le plus possible, de pratiquer la RPC. Et on ajoute une contrainte : réduire le nombre de plats ou la quantité d'un des plats consommés.
Par exemple : sauter l'entrée, ou bien prendre une part moins importante.
Les filles, sur le forum, disent : "laisser une petite place".

Pour moi, c'est la partie qui ressemble à un régime. Ca amène à se restreindre. Ce qui fait que ça n'est pas un régime, c'est que cette phase, c'est juste une phase d'observation, un test ("tester sa satiété").
Ca permet, je pense, de voir qu'une plus petite part de nourriture suffit à nous rassasier au niveau nutritif et plaisir.
Ca permet aussi de commencer à travailler l'appétit prévisionnel : quand on mange moins au repas numéro 1, ça laisse une chance d'avoir faim à l'heure du repas numéro 2.
Si on ressent la faim entre les deux repas, on doit manger une collation adaptée à la faim (grande faim grande collation, petite faim petite collation).

Je suppose que ça permet aussi de travailler la tolérance, la capacité à se séparer des aliments (comme jeter un aliment, lors d'un précédent exercice). Ca semble trois fois rien, de décaler un peu le couteau sur la part de quiche (enfin, quoi, elle ne va pas disparaître, s'envoler, et le lendemain, le goût est encore meilleur que le jour-même !), mais c'est énorme. Hier soir, j'ai décidé de sauter le fromage, parce que je n'en avais pas une grande envie, et de ne pas décaler le couteau sur la part de quiche. J'ai dégusté ma part en pleine conscience, un vrai bonheur ! Quand elle a cessé d'avoir du goût, je suis redescendue de mon nuage, et j'ai regardé ce qui restait... Ben il restait l'équivalent de ce que j'aurais laissé, en décalant mon couteau... Mais laisser par plaisir (par absence de plaisir) et renoncer consciemment à un plaisir potentiel, ça ne revient pas au même, pour moi.

Le fait de renoncer à une partie de son repas déclenche des EME chez beaucoup. C'est mon cas. C'est très dérangeant. Ce qui m'aide, c'est que je me rappelle régulièrement que c'est un test, une observation, une expérience.
Ce qui m'aide, c'est aussi de refréner mon perfectionnisme (je ne me savais pas si perfectionniste !) : si Zermati dit "sauter UN plat OU renoncer à UNE PETITE partie du plat", je n'ai pas besoin de renoncer à une bonne partie de plusieurs plats et en plus à en sauter un.
Exemple : le matin, je renonce au sucre dans le café.
A midi, je place le couteau pour découper une part de quiche, et je le décale légèrement pour en couper légèrement moins. Je me sers de la salade, et j'en repose une ou deux feuilles dans le plat.

Les deux premiers jours, j'ai ressenti une espèce de faim très perturbante. Ca ne ressemblait pas à une EME, ni à une petite faim. J'ai osé en parler dans le forum, et l'une des fidèles participantes a dit qu'à son avis, si ça apparaissait 5-10 minutes APRES le repas, c'était de la faim. Que je n'avais pas assez mangé.
En effet, les EME d'après repas, en principe, elles arrivent dès la fin du repas (la mousse au chocolat n'a plus de goût, mais on a du mal à poser la cuillère), et elles disparaissent 5-10 minutes après.
Du coup, oui, c'est bien une faim, une que je ne connaissais pas. Ni la petite, ni la bonne, ni la grande. C'est la faim de quand on n'a pas assez mangé. C'est un truc que je n'avais jamais vécu, ça.

Maintenant, après le repas, j'attends, et si elle apparaît, cette petite faim perturbante, taraudante, je mange un truc, ou je bois un rooibos sucré, et là, je me sens bien, à satiété.

Il me reste encore quelques jours d'exercices avant de finir cette étape. En principe, c'est pour dimanche (là, quand j'écris cet article, on est jeudi). Il me tarde !

lundi 4 novembre 2013

Etape 7 : Je découvre la satiété

J'en suis maintenant à l'étape 7. Elle n'est pas facile.
Le premier volet est assez simple, mais je n'ai pas aimé : il faut cocher des images représentant l'assiette qu'on mange selon l'aliment qui est dedans. Je ne savais plus trop quoi cocher. Je ne remplis plus mes assiettes de la même manière qu'il y a deux mois, et le changement est trop récent pour que je puisse le considérer comme ancré.
De plus, le repas d'anniversaire de ma marraine n'était pas encore tout à fait assimilé par mon corps, donc certaines assiettes, que j'aurais trouvées très incitatives en temps normal, me paraissait limite écoeurante rien qu'à les regarder.
Du coup, j'ai tout mélangé : mes proportions d'avant sur certains aliments, mes proportions de maintenant sur d'autres, et mes envies du moment.
Bref, pas très concluant.

Mais ce n'est pas grave : l'objectif, c'est de chercher quel type de mangeur on est.
Moi, je suis clairement une petite mangeuse. Ca n'apparaît pas dans mes choix, et le bilan de l'activité est neutre (puisque ça concerne une impression qu'on a, pas notre réelle activité), mais je l'ai découvert assez récemment : j'ai un petit appétit, facile à combler, et quand je mange des aliments riches, la faim revient très très tardivement.
Après le repas chez ma marraine, il m'a fallu 24 heures pour avoir une petite faim.

dimanche 3 novembre 2013

Etape 6 - Volet 3 : Réapprendre à manger pour se réconforter

31/10/2013
10h

Dans le livre de Zermati ("Maigrir sans régime"), il dit que c'est normal de vouloir se réconforter avec de la nourriture, que tout le monde le fait, et que ça fonctionne. L'une des définitions de l'obésité qu'il propose, si je me souviens bien (j'ai prêté mon exemplaire, je ne peux pas vérifier) est une augmentation des cellules adipeuses, accompagnée de l'incapacité à se réconforter avec de la nourriture.

Les mangeurs régulés savent se réconforter par plusieurs moyens, notamment la nourriture. Leurs repas suivants se régulent d'eux-mêmes, inconsciemment. Zermati décrit notamment un de ses réconforts, et il y arrive drôlement bien.

Les mangeurs non régulés, quand les autres moyens ne fonctionnent pas, se tournent vers la nourriture, tout comme les mangeurs régulés (normal : à la base, les deux types de mangeurs sont de la même espèce : humains). Sauf que, comme pour eux la nourriture réconfortante (riche, quoi) est entachée de pensées négatives, elle entraîne un réconfort suivi d'une culpabilité qui anéantit le réconfort, et qui oblige à le chercher de nouveau, ce qui entraîne encore une fois de la culpabilité, etc.
Du coup, ils ont un trouble du réconfort. Ils ne savent plus manger pour se réconforter. Or c'est inévitable de chercher du réconfort dans la nourriture. Les humains sont comme ça. On ne peut pas, durablement, éviter de chercher du réconfort dans sa nourriture.

Du coup, la méthode essaie de nous apprendre à nous réconforter.

Pour cela, il faut choisir un aliment idéal, qui rappelle de bons souvenirs, et le déguster en pleine conscience. A la fin, en principe, on est réconforté.

Pour appliquer cette partie, j'ai eu un souci : je n'avais pas de souci, donc pas de besoin de réconfort (c'est les vacances !).
Et puis finalement, en cherchant bien, je me suis aperçue que je stressais un peu à l'idée du rassemblement familial pour l'anniversaire de ma marraine.
Déjà, les foules m'angoissent.
Ensuite, la dernière grande réunion familiale, c'était pour fêter mon mariage (6 mois après, parce que je ne voulais pas être stressée le jour de mon mariage, donc ce jour-là, c'était en petit comité). Et je pesais à peu près 30 kilos de moins.
Et enfin, pour ma famille proche (parents, frères, belle-soeurs), ça fait un bail que je pesais 30kg de plus, mais je venais de m'apercevoir que ma perte de poids se voyait sur mon visage (dans le reflet de l'ordi, soudain, je l'ai vu). J'étais un peu anxieuse aussi pour ça : est-ce moi qui croyais que ça se voyait, ou bien est-ce que ça se voyait pour de vrai ? (Sérieux, y a des motifs vraiment idiots pour s'angoisser, quand même !!!)

Donc j'ai mangé en mode "réconfort". Je ne me souviens plus du tout des aliments choisis. Et ça marche !
Ca n'empêche pas forcément l'EME du soir, mais en tous cas, je me suis sentie réconfortée après cette expérience.

Après le repas chez ma marraine, j'ai eu une EME, le soir. Mais je n'avais pas faim du tout, mais alors pas du tout du tout, et je n'avais pas pris de citrate de bétaïne (mon remède miracle), parce que je voulais garder le contact avec mes vraies sensations.
Du coup, j'ai fait une séance de RPC, centrée sur les pensées, et puis je suis revenue sur un épisode qui m'a énormément perturbée lors du repas de ma marraine. Ensuite, une fois vraiment revenue au calme, une fois bien réfléchi et digéré cet épisode perturbant, j'ai utilisé l'audio de l'espace de respiration de fin de journée. Et j'ai utilisé cet épisode pour remplir le questionnaire du troisième aliment réconfortant et accéder à l'étape suivant. Ca ne m'a pas empêchée de céder à l'EME ensuite, mais vu le niveau de non-faim, j'ai très très peu mangé.



Voici l'épisode qui m'a perturbée et l'aliment qui m'a réconfortée.

Tout s'est très bien passé, j'ai été nourrie d'amour, comme le dit Apfeldorfer dans son livre "Mangez en paix", j'ai apprécié la musique (il y avait le club de danse de ma marraine, donc c'était repas dansant, j'ai aimé voir mon oncle et ma tante danser, ça m'a rappeler plein de bons souvenirs, j'ai adoré voir les enfants de mes cousins jouer avec mon neveu, aider ma belle-soeur à changer ma nièce sur deux chaises rapprochées et bancales, papoter avec les uns et les autres. C'était vraiment bien !). Petite cerise sur le gâteau : ma famille proche s'est carrément écriée que ma perte de poids se voyait, j'ai dit "oui, je le vois sur le visage", et ma belle-soeur a dit "oui, mais sur les fesses aussi, nettement". La famille moins proche est polie, elle n'a fait aucune remarque (et au fond, il est très possible que la plupart s'en fiche complètement, et que certains soient simplement désolés pour moi, en positif). La foule était bien angoissante, mais je suis restée dans la sphère de ceux que j'apprécie le plus, donc ça allait.

Mais à un moment, en allant me rasseoir, ma grand-tante m'a prise par le bras pour papoter un peu. Et son mari, que je n'apprécie pas (mais bon, il la rend heureuse depuis plus de 40 ans, donc bon...), a demandé qui j'étais. Ma grand-tante le lui a rappelé (il a 95 ans, il est beaucoup plus âgé qu'elle), et il était tout content de me voir, parce qu'il apprécie ma mère. Au moment de retourner m'asseoir, il a gardé ma main dans la sienne (déjà, pour moi qui suis un peu angoissée par les gens que je connais mal, paralysée par mon extrême politesse, et le sentiment aigu de mon hypocrisie, c'était pas un excellent moment). Ma grand-tante lui a dit "Allons, voyons, lâche-la, qu'elle puisse aller manger !" Il a répondu "Non, il ne faut pas qu'elle mange, c'est mauvais pour elle". Alors là, politesse extrême ou pas, j'ai secoué la main (mais il tenait fort, et bon, il est très âgé, je ne voulais pas lui faire mal, alors ma grand-tante, qui a vite compris l'incident diplomatique, m'a aidée à me dégager), et je suis repartie à ma place toute énervée (avec un sourire vers ma grand-tante, du genre "T'inquiète pas, ce n'est pas grave", mais là, c'était pour la rassurer).

J'ai saisi ma fourchette, et puis là, non, je ne pouvais pas. J'avais réussi à gérer le repas plutôt bien, il me restait de la faim à combler. Mais j'étais trop énervée, je savais que je n'allais pas pouvoir en profiter. J'ai reposé la fourchette. J'ai fait un peu de RPC, et puis j'ai écouté les conversations autour de moi, en acceptant d'avoir été bouleversée (pas dans le sens d'avoir envie de pleurer - ce qui aurait été le cas avant. Dans le sens : super en colère. Que ce mec, ancien docteur, en plus, ait voulu me donner des leçons pour maigrir, à moi qui ai pris des dizaines de kilos grâce aux judicieux conseils des pro-régime, alors même que j'entrevoyais une vraie solution à mon problème... J'étais vraiment en colère), mais en remettant à plus tard le fait d'analyser tout ça.

Et puis j'ai repris ma fourchette, quand j'ai été prête (encore en colère, mais plus sur le versant bouillant et précipité), et j'ai mangé en mode dégustation-réconfort. 
C'était la pâte feuilletée du siècle, pile l'aliment idéal que je n'avais pas trouvé dans le tortillon de pâte feuilletée du marché. Le réconfort a marché à fond, rien à voir avec le petit réconfort que j'avais pratiqué sur ma petite anxiété. J'avais une grosse colère inexprimée (et pas possible à exprimer pour le moment), et la pâte feuilletée a fait s'envoler mes soucis. Provisoirement, bien sûr : le réconfort alimentaire ne résout rien, même pour les mangeurs régulés. Ça permet juste de ne pas se noyer dans l'inconfort. Mais ça fonctionne ! J'ai pu profiter à fond du reste de la journée.

Plus tard, le soir, pendant ma respiration de pleine conscience, j'ai réfléchi à tout ça. J'ai laisser ma colère s'exprimer en moi, j'ai noté les effets physiques que ça me faisait. Je l'ai petit à petit digérée. J'ai réfléchi aux causes de ma perturbation. Je pense que si ça ma autant remuée, c'est que j'ai pris conscience que j'ai grandi. On ne peut plus me parler comme si j'avais 10 ans et que je ne savais pas m'alimenter. Je me laissais parler comme ça jusqu'à il y a peu, mais maintenant, c'est terminé. Depuis que je sais que les régimes ne sont pas une solution au surpoids, je ne peux plus écouter les leçons d'un pro-régime. Je trouve ça d'une incommensurable bêtise. Et j'ai acquis un peu plus de respect de moi-même, un peu plus de conscience d'être une vraie adulte, pas une adulte mal grandie. Avec des défauts, c'est sûr, des imperfections, mais une vraie adulte quand même.

Du coup, ma colère a disparu (il m'en reste encore un peu, mais ce n'est plus de la colère, c'est de l'indignation). Il me restait le ressentiment envers le mari de ma grand-tante. C'est comme ça, je suis comme ça : j'ai besoin de chercher pourquoi les gens sont idiots ou méchants. J'ai encore de grandes illusions sur la nature humaine, et elles me sont précieuses, je tiens à les garder.
J'ai continué à réfléchir, j'ai essayé de me placer de son point de vue à lui. Et finalement, je me dis que s'il a agi comme ça, c'était pour m'aider, par respect et amitié pour ma mère. Dans son schéma de pensée, je suis en danger, il faut me sauver, et un régime est le seul moyen de me sauver.

Du coup, ça va beaucoup mieux. Je suis toujours indignée, je ne l'aime toujours pas, mais je peux envisager un jour de lui pardonner. C'est idiot, mais c'est important pour moi de pardonner, ça rend zen. Moins il y aura de pensées négatives dans le monde, mieux il se portera. C'est ma manière à moi d'être écolo : tenter de ne pas polluer la planète avec des pensées négatives.
Bon, après, les pensées négatives envers les gens, c'est comme les EME : on travaille pour les éviter, mais on n'y arrive pas toujours !!!

samedi 2 novembre 2013

Etape 6 - Volet 2 : Décrire son aliment idéal

31/10/2013
8h50

J'ai fait, dans la foulée, le volet 2 de l'étape 6.
Il s'agit de décrire son aliment idéal, puis de le goûter et de voir s'il correspond à nos attentes, en quoi il correspond, et ce qu'on changerait pour qu'il y corresponde.
Je pense que ça aide à devenir un mangeur difficile.

J'ai choisi un des tortillons de pâte feuilletée que j'ai acheté sur le marché. J'en avais très très envie, et il était bon. Mais il ne ressemblait pas à mon aliment idéal. J'ai écrit ça, avant la dégustation, dans la fenêtre où je devais dire ce qu'il faudrait changer pour qu'il ressemble à mon aliment idéal : "Des cristaux de sucre devraient briller à la surface. Le feuilletage devrait être moins foncé (moins cuit). L'odeur devrait exhaler davantage de beurre. Le biscuit devrait être friable et croustillant sous les doigts."
Et après la dégustation, sur une échelle de 0 à 10, je lui ai donné 4 comme mesure de sa correspondance avec mon aliment idéal.

Depuis, j'ai goûté l'aliment de la même catégorie qui mériterait 10 sur l'échelle : lors du repas d'anniversaire de ma marraine, qu'elle a transformé en grande réunion familiale, avec tous les oncles, tantes, cousins, et ses copains du club de danse, le traiteur a servi des coquilles et crevettes dans une pâte feuilletée en forme de poisson. La meilleure pâte feuilletée que j'ai goûtée. La texture, le goût de beurre, le haut feuilletage, la cuisson : 10/10 partout ! Je n'ai pas pu la terminer (le goût du beurre, il est délicieux au début, et gras ensuite), mais quel plaisir !

C'était un plaisir d'autant plus grand qu'il y avait toute l'ambiance familiale autour. Je venais de lire la partie du livre de Gérard Apfeldorfer, "Mangez en paix !" sur le fait qu'on se nourrit autant d'amour que de nourriture. Et là, les mots ont eu un fort écho en moi, et ils ont amplifié mon plaisir lors de ce repas. J'étais nourrie d'amour, et les aliments étaient préparés avec un soin visible, on voyait que le traiteur avait de l'amour pour son métier, du respect pour les aliments et ceux à qui il les servait. Tout ça, ça nourrit autant que les calories de la nourriture. Ça incite, comme le dit Apfeldorfer, à se respecter soi-même en les mangeant : en les dégustant, d'une part, et en essayant de s'arrêter à temps pour ne pas atteindre l'inconfort. C'est dommage, pour un produit qui a demandé tant d'efforts, de le gaspiller en se rendant mal.

vendredi 1 novembre 2013

Etape 6 - J'apprends à déguster des aliments très caloriques

31/10/2013
8h30

J'ai terminé mon étape précédente au début des vacances, et j'ai entamé la nouvelle.
C'était une délicieuse étape ! En fait, je l'avais déjà pratiquée, puisque lors de l'apprentissage de la dégustation, j'avais choisi des aliments très caloriques. Certains préfèrent choisir des aliments peu caloriques, pour ne pas se déclencher d'EME. Les aliments caloriques sont un peu tabous. Comme ils ne le sont plus pour moi, depuis le début de la méthode, je les ai réintroduits très vite. Il n'y a que le beurre de cacahuètes que j'évite encore : le dernier pot que j'ai acheté n'a pas eu une assez longue vie et je n'ai pas pu m'empêcher d'en manger en EME. Je réessaierai plus tard.


Le volet 1 consiste à déguster trois aliments très caloriques. J'ai choisi de tout rassembler dans un repas, à un moment où j'avais bien faim.
J'ai donc mis sur des petites assiettes une petite tranche de foie gras (sans pain. Quand les aliments sont mélangés, je n'ai pas le vrai goût, c'est plus complexe, pas toujours facile à démêler), une petite tranche de fromage de brebis affiné, et trois moitiés de chocolat de chez le chocolatier (j'y suis allée juste après le coiffeur, une matinée plaisir !).
En principe, pour la dégustation, il faut de plus petites quantités. Mais quand j'avais parcouru les conseils, pour voir si, puisque je l'avais déjà fait, je pouvais passer cette étape, j'avais lu qu'elle pouvait me servir à explorer le rassasiement spécifique, c'est-à-dire l'affadissement du goût, qui correspond au moment où le corps n'en a plus besoin. Pour percevoir l'affadissement du goût, il faut des quantités un peu plus importantes que pour juste déguster.

Je me suis assez rapidement lassée du foie gras, mais on en avait déjà mangé le soir. Il était délicieux, mais j'ai bien senti l'affadissement du goût.
Le fromage de brebis était un vrai régal, je n'ai commencé qu'à la fin à le trouver "juste salé", sans la complexité réjouissante des premières bouchées.
Les chocolats étaient très décevants. Pas parce qu'ils étaient mal faits, mais parce que je les ai trouvés fades, juste gras et sucrés. Je pense que j'avais ma dose de gras ! Et puis au niveau de la fabrication, ça ne leur ferait pas de mal d'augmenter la teneur en cacao ! La prochaine fois que je retournerai à la boutique, je piocherai dans les plus noirs, pour voir.

En principe, à la fin de l'exercice, on doit jeter ce qui reste. Rien que l'idée, ça me fait presque rire. Mon mari, lui, ça l'a fait bondir, l'idée de jeter du foie gras et du fromage. D'après lui, ça ne vaut que pour les gens qui vivent seuls ! Je n'ai rien jeté. Je pense que ça peut être un excellent exercice pour ne pas être tentée de tout manger, ou quand on a un attachement fort à la nourriture, qu'on a du mal à s'en séparer, mais je n'ai pas été tentée et je n'ai pas eu de mal à m'en séparer. Ça fait une semaine que le foie gras est dans le frigo, on le déguste petit bout par petit bout. Pareil pour le fromage de brebis. Quant aux chocolats, j'en ai regoûté, et bof. Ca ne m'a pas empêchée d'en manger (sans vrai plaisir, d'autant que le goût montre qu'ils vieillissent) en EME. Là, je pourrais facilement les jeter. M'enfin, ce qui reste appartient légalement à mon mari (on est marié sous le régime de la communauté aux acquêts, donc tout ce qui est acheté après notre mariage lui appartient à moitié ! Je n'ai pas pensé à passer chez le notaire pour rédiger un contrat à part pour le chocolat !!!)

dimanche 20 octobre 2013

Etape 5 - Volet 2 : Mieux gérer les fins de journées

19/10/2013

J'ai terminé la phase d'observation des fins de journées. Je suis maintenant dans la phase : Apprendre à les gérer.
Ca consiste à ne pas attendre la fin de la soirée que les choses me dépassent. Il faut, régulièrement, faire un retour sur soi-même. Le conseil, c'est 5 ou 10 minutes de RPC toutes les 2 heures. Ca paraît énorme, mais c'est aussi ce qui est demandé à un automobiliste : faire une pause toutes les 2 heures. En gros, ça revient à se demander à soi-même de nouvelles de son corps, de ses pensées, de ses émotions. Ainsi, le soir, on est en phase avec soi-même.
Ensuite, le soir, il faut faire un "sas", entre la fin de la journée et le début de la soirée. Ca peut être une activité quelconque, du moment qu'elle ne soit pas absorbante. Ca peut être un soin du corps. Ca peut aussi être une respiration de pleine conscience avec l'enregistrement audio spécial "Fin de journée", qui dure 10 minutes.

Hier, vendredi, c'était le dernier jour d'école avant les vacances de Toussaint. Pas le temps de faire une pause, j'ai corrigé, corrigé, corrigé, préparé l'après-midi. Je n'avais pas faim, alors je me suis autorisée à ne pas manger (la veille, je n'avais pas pu m'y résoudre, j'avais mangé avec une toute petite faim, et comme j'étais nerveuse, j'ai dépassé ma satiété, sciemment - mais j'ai réussi à m'arrêter avant de terminer le plat. Du coup, le soir, je n'ai eu la bonne faim qu'à 23h30 !)
Donc pas de RPC.

J'ai eu faim un peu avant la récréation de l'après-midi, il me tardait que ça soit l'heure ! Quand ils sont sortis, je me suis jetée sur le reste des céréales de la veille, que j'avais emporté, et j'ai eu le temps d'en manger une cuillerée (délicieuse !) et un élève est venu me dire que le directeur avait besoin de moi tout de suite. Pfff... J'ai râlé, mais comme il ne fait jamais ça, je me suis dit que ça devait être important. En fait, c'était pour passer un moment agréable : il avait fait une tarte aux pommes pour l'anniversaire d'un nouveau membre de l'équipe. Délicieux ! Enfin, c'était une tarte aux pommes honorable, bonne, mais ma mère est bien meilleure pâtissière, la pâte pas assez cuite, mais comme j'avais faim, je me suis régalée de la texture moelleuse de la pâte, du goût acidulé des pommes, et du moment. Délicieux ! Et puis c'était une jolie attention.

Après le dernier round de classe, il y a eu le soutien, donc pas de temps pour moi et ma RPC. Puis j'ai pris un moment pour profiter du dernier jour. Le dernier jour avant les vacances, j'aime bien discuter avec l'ATSEM qui fait la garderie et les dames qui font le ménage, en regardant les élèves jouer. C'est bien, de rester un peu plus tard, quand on sait qu'on n'est pas obligé de revenir le lendemain !

Et au retour chez moi, je n'avais pas envie de faire ni soin du corps ni 10 minutes de sas de décompression. Mais je l'ai fait quand même. Ca m'a fait un bien fou. Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait de vraie RPC (quelques retours sur moi, en éclair, c'est tout). J'ai retrouvé les réflexes, les sensations, le plaisir de me trouver, sous les pensées, de reprendre conscience de mon corps.
A la fin de l'enregistrement, Apfeldorfer dit que maintenant, on peut envisager en pleine conscience du déroulement qu'on souhaite donner à la soirée.

Mouais. Je n'étais pas convaincue. Déjà, ça n'a rien de révolutionnaire, le sas de décompression d'après boulot. Et puis la fatigue, le relâchement de fin de période scolaire, en général, chez moi, ça se fête par une bonne EME !

Mais en tous cas, ça a marché ! Je suppose qu'il y a un effet psychologique : je n'avais pas envie de "rater" ma première soirée. Encore que ça ne m'a jamais empêchée d'avoir mon EME, ce genre de "pas envie", ni de céder à mon EME, et dans les grandes largeurs ! Donc l'effet psychologique, je n'y crois pas trop. Je crois plutôt à l'effet plaisir hors EME. En effet, j'ai modifié des choses sur le déroulement de la soirée, et je pense que c'est pour ça que je n'ai pas eu l'EME habituelle.

Le soir, comme d'habitude, j'ai attendu ma faim. Elle a débarqué tard, vers 22h30. Quand il est si tard, en principe, je prends le cachet pour dormir avant de manger, pour faire double-emploi : l'EME se confond avec le repas, et ça fait une prise alimentaire de moins. Mais comme le cachet agit avant la fin de mon repas, ça me coupe de mes sensations, donc je dépasse toujours ma satiété, parfois de beaucoup.
Là, j'ai décidé en pleine conscience de le prendre après. Je me suis dit que si je mangeais en profitant à fond de mon repas, peut-être que ça déclencherait assez de plaisir pour que je n'aie pas d'envie émotionnelle de remettre ça. Mes émotions seraient rassasiées aussi.

J'ai mangé seule, il y avait de la choucroute. J'en ai pris mes nouvelles doses. Ca doit faire 3 cm de saucisse, une mini pomme de terre, deux cuillères à soupe de chou. J'ai mangé en pleine conscience, en respirant avant, en me concentrant sur les sensations alimentaires, en mode dégustation (sur l'échelle, j'aurais noté 6 sur 10). C'était un pur délice ! Le chou avait trop goût à viande à mon goût, mais c'était une sensation d'une telle richesse, que c'était trop intéressant pour être mauvais ! Et puis dessous, il y avait le goût du vin alsacien (sans le goût de viande, j'aurais adoré !).

Ensuite, j'ai pris du gâteau fait par une maman d'élève, pour l'anniversaire de son fils. Il n'est pas dans ma classe, mais le gâteau était assez gros pour nourrir toute la classe du petit, tous les enfants de la garderie, j'en ai pris l'équivalent de deux parts (une pour mon mari) et il en restait encore ! Je l'ai dégusté. J'ai réussi à m'arrêter à la moitié, pour savoir si j'avais encore faim. Je n'ai pas réussi à savoir. J'ai repris un petit bout de gâteau, pour voir si le goût s'était altéré (quand on n'a plus faim, ou plus faim d'un aliment, le goût s'altère). Il était toujours aussi bon. Respiration... Un autre petit bout... Respiration... un autre... Et là, pof, le goût n'était pas le même, pas intéressant. Je l'ai remis au frigo sans regret !
En ouvrant le frigo, j'ai vu le raisin. J'en ai eu envie, alors j'ai pris deux grains. Ils étaient délicieux. Je n'ai pas eu envie d'en prendre davantage.

[Je relis mon article, et ce passage m'interpelle... C'est inédit, ça, chez moi : après un gâteau, avoir envie de terminer sur un goût de fruit... En principe, pour me satisfaire, c'est l'inverse que je fais ! Terminer par le goût riche du gâteau ! Là, j'avais envie d'avoir dans la bouche le goût simple du fruit. C'est un authentique changement inconscient : ne pas sacraliser le gâteau, juste écouter l'envie.]

J'ai pris mon cachet, et je me suis remise à tricoter devant ma série, en attendant qu'il fasse effet. Quand il a commencé à faire effet, j'ai appliqué un peu de pleine conscience à la progression de son effet. Au bout d'un moment, j'ai eu envie de chocolat. J'ai fait un peu de retour sur moi, et bon, j'ai décidé de me l'accorder, et de voir ce que ça donnait. Ce n'était pas tout à fait l'EME habituelle. J'étais davantage connectée à mes sensations, un peu vaporeuse, mais pas autant que d'habitude. Peut-être que je me réfugiais moins derrière l'effet de vaporisation, comme "excuse". J'étais davantage dans le mode "Expérimentons et voyons ce qu'il se passe". J'ai pris ma barre de chocolat (une tuerie qui vient de chez la dame éco-protectrice qui vend les légumes - et du chocolat fabriqué localement, par des gens qu'elle connaît. Noir, aux amandes, un goût puissant, sec, profond). Je l'ai mangée en mode dégustation, en me souvenant des conseils de Zermati, sur le réconfort. Ca m'a comblée.
Au bout d'un moment, j'ai rangé mon tricot, éteint l'ordi et la télé, et je suis allée me coucher.

Ce matin, je me demandais si j'avais dépassé ma satiété de beaucoup ou pas. La réponse est venue à 10h30 : contrairement à d'habitude, j'ai eu faim ! Donc je n'ai pas dépassé, ou pas de beaucoup. Mon corps a eu besoin de carburant dès le matin, alors que la veille (et la plupart des jours où je ne mange pas si je n'ai pas faim), il n'en avait pas eu besoin avant 15h30 !

Ca ne veut pas dire que ce soir, ça fonctionnera. Mais en tous cas, ça fait une soirée de plaisir complet au compteur !
Et... il reste du chocolat !

mardi 15 octobre 2013

Etape 5 - Volet 1 : Identifier les excès de fin de journée

13/10/2013

J'ai terminé l'étape de la dégustation la semaine dernière. Le bilan n'est pas très positif : je commence à avoir besoin de vacances, je suis moins centrée sur moi, les enfants sont agités, moins concentrés sur le travail, et donc mes dernières dégustations n'étaient pas aussi intenses que les premières, ce qui est relevé par le bilan. Mais sans tenir compte de mon échelle d'intensité et de son évolution (ah, ces sacrés chiffres !), ça reste une étape très très importante pour moi, très révélatrice, et porteuse d'un plaisir énorme, et surtout d'une belle surprise : vu le goût des aliments quand on a faim, ça ne vaut pas trop le coup de manger avec une petite faim, c'est décevant. Avec une grande faim, le plaisir est un peu gâchée par l'urgence de l'envie de manger. Avec la bonne faim, c'est jouissif !

Avant, quand j'avais faim, c'était une sensation désagréable, il me tardait de m'en débarrasser.
 Maintenant, je l'accueille avec un sourire et une vraie jubilation, je la regarde grandir, un peu comme on arrose une plante pour la voir fleurir ! Je comprends mieux ce que disent A et Z : dans un pays d'abondance, quand on peut se payer à manger, la faim est une amie, une excellente sensation, porteuse de belles promesses, et elle les tient, toutes !

Me voici dans l'étape 5 : Mieux gérer ses fins de journées. En gros, mon EME du soir. Bon, c'est un peu faussé à la base, parce qu'il n'y a pas la case "cachet du soir" à cocher. Mais on verra bien.

L'étape 1 concerne l'observation de ce qui est. Je dois remplir un carnet sur ma fin de journée, en disant si j'ai trop mangé (en marquant sur une échelle à quel point). Indiquer la forme de cet excès : compulsion, ou grignotage, ou manger trop lors du repas du soir. Marquer sur une échelle l'intensité de ma faim.

Je dois aussi préciser le contexte de la journée, sur quatre échelles.
La première : si j'ai beaucoup pensé à la nourriture, à mon poids, tenté de contrôler mon alimentation (là, je coche 0. C'est une nouveauté, par rapport à ma vie avant, pendant et après WW. Je ne contrôle plus, je ne pense pas à mon poids, je ne culpabilise ni de l'un ni de l'autre).

L'autre échelle, c'est sur les usures de la journée : si on a vécu des situations pénibles, notamment au niveau émotionnel. Les élèves étant agités en ce moment et moi ayant besoin de vacances, je coche entre 2 et 4, selon la journée que j'ai passée et si j'ai réussi à récupérer après - rentrer tôt, pyjama, rooibos bien chaud, mon cher ordi : case 2. Corrections qui n'en finissent pas, retour tard, trucs à discuter pour la maison : case 4).

L'échelle suivante est sur le besoin de se donner du courage ou de l'énergie. Je pense que c'est le cas pour beaucoup de mamans, qui rentrent le soir après une journée qui peut-être était longue et usante, entame la seconde journée avec la famille, et la terminent en sachant que demain, il leur faudra une énergie au moins équivalente pour passer la journée. Là, je coche 0.

Et la dernière échelle, c'est : manger pour se détendre, en se disant "Après tout, je l'ai bien mérité". Là, je coche 10. C'est le côté récompense de l'EME du soir, qui fait que je n'ai pas vraiment envie de lutter contre. D'autant qu'avec A/Z, on ne lutte pas contre les choses, on apprend à vivre avec les choses : vivre avec une envie de manger. L'objectif étant de ne pas forcément y céder, sauf si on y trouve vraiment du plaisir. Mais mon EME du soir m'apporte rarement du plaisir. Avant, c'était LE seul moment de la journée où je mangeais à peu près ce que je voulais sans culpabiliser (sans culpabiliser sur le moment). Alors que maintenant, j'éprouve davantage de plaisir alimentaire tout au long de la journée, un plaisir bien plus intense, sans l'ombre d'une culpabilité. Mais l'EME persiste, et j'y cède, avec perplexité mais énergie !

Il me reste encore quatre jours sur les 7 jours d'observation.

vendredi 4 octobre 2013

Etape 4 - Volet 3 : Carnet de dégustation

2/10/2013

Je me suis drôlement emmêlée dans mon blog ! J'ai passé plusieurs paliers en fin de semaine dernière, et j'ai écrit les articles en les planifiant. Mais le dernier, prévu pour le 3/10 est paru avant les autres - et avant le 3/10 !
En plus, je me suis trompée dans les étapes : je ne suis plus dans l'étape 3 (Découverte et expérimentation de la faim), je suis dans l'étape 4, découverte et expérimentation de la dégustation.

Enfin, bon. J'en suis maintenant au volet 3 de cette étape : le carnet de dégustation. Je dois utiliser la technique de la dégustation le plus souvent possible, et remplir le compte-rendu à chaque prise alimentaire, en indiquant le jour, l'heure, si j'avais faim ou pas, combien d'unités alimentaires j'ai mangé et combien j'en ai dégustées, mesurer sur une échelle ma concentration sur la dégustation et indiquer si j'étais détendue, seule, occupée à autre chose, etc.

Je comprends pourquoi un des défis, c'est de manger seule au moins 1 repas par jour. La dégustation, au début, demande énormément de concentration. Si je déguste, je n'écoute pas forcément la conversation, ni la télé, et je ne peux pas répondre si on me parle (surtout si on me parle du reportage à la télé !). Il y a un truc nommé la pleine conscience en attention partagée, mais je n'ai pas trouvé l'outil. Je commence à réussir l'attention partagée pendant le body-scan (penser à la partie du corps à observer tout en laissant mon attention sur ma respiration), mais ce n'est pas encore applicable à l'extérieur de ma sphère. C'était assez facile chez mes parents, parce que la conversation était générale. Mais avec mon mari, y a lui et moi. Du coup, si un des deux interlocuteurs tourne 7 fois dans sa bouche son poulet-haricots verts en essayant de détecter s'il y a du poivre ou du piment d'Espelette, la conversation devient limitée !
Déguster la première bouchée, c'est assez simple, mais les autres, moins. Par contre, ne pas déguster est frustrant. Avaler une bouchée en s'apercevant qu'on n'a pas dégusté, même pas un peu, c'est comme avaler un carré de chocolat comme un comprimé !

Hier, j'ai mangé (outre mon café avec un demi-sucre) un espèce de steak au fromage avec un peu de pâtes, un morceau de gâteau et quelques grains de raisin. Le soir, je n'ai pas eu faim, donc je n'ai pas mangé. A 23 heures, j'ai eu la bonne faim, alors j'ai mangé une mousse au chocolat, en mode dégustation hyper concentrée : un régal ! Ensuite, j'ai attendu, et je n'ai plus eu faim.
J'ai recommencé à avoir faim un peu avant de prendre mon cachet pour dormir. Du coup, j'ai mangé, en mode dégustation, mais vu que le cachet commençait à me couper de mes sensations, j'ai dépassé ma satiété.
Mais c'est vrai que tout ça se régule : je mange trop le soir, j'ai faim tard le matin, plutôt vers midi, d'ailleurs. Ce qui m'embête, c'est de manger coupée de mes sensations.

Niveau poids, je vais bientôt savoir, parce qu'il me reste environ une semaine de cachets, donc je vais voir mon médecin et sa balance qui a des piles (ou mécanique, je ne sais pas... enfin, qui fonctionne, quoi !). Mais en fait, je me sens tellement bien dans mon alimentation que le poids devient secondaire. Au début, j'étais frustrée parce que les portions étaient petites. Avec les expériences de la faim, j'apprends à attendre la bonne faim, qui se rassasie un peu moins vite, donc mes portions sont un peu plus grosses, mes collations ont disparu (sinon, pas de bonne faim à midi ou le soir). Et puis surtout la dégustation. Ça comble davantage, notamment au niveau psychologique. Je ne me sens pas frustrée pour le moment. Mon alimentation est plus agréable en ce moment que cet été, où je ne me fixais quasiment aucune limite, avec les désagréments digestifs et psychologiques que ça comporte, et incomparablement plus agréable qu'en mode "Je fais attention". Au lieu de faire attention à mon alimentation, je fais attention à moi, à mon corps, à mes émotions. Ça change tout.

jeudi 3 octobre 2013

Etape 4 - Volet 2 : Déguster les trois premières bouchées

29/09/2013

(Je ne sais pas ce que j'ai fait avec la planification, mais les deux articles précédents paraissent après celui-ci !)

Les deux dégustations de samedi ont débloqué le niveau suivant : je dois manger en mode dégustation les trois premières bouchées des plats. Et en renseigner au moins un sur le carnet chaque jour pendant quatre jours.

Vu que j'étais chez mes parents, je l'ai fait. Je me suis dit que comme ça, je dépasserai peut-être moins ma satiété. Et effectivement : j'ai pris un petit peu de chaque aliment (c'était des grillades), et je me suis régalée. J'ai nettement moins aimé un des aliments, qui n'était pas assez cuit, mais c'était une sensation intéressante quand même. J'ai juste repris de celui qui m'avait plu le plus, et j'ai mangé une pomme de terre sous la cendre entière. J'avais envie de pomme de terre, j'y pensais sur le trajet en y allant.
Pour dessert, il y avait une glace, et je ne me suis pas servie, donc j'ai eu la même part que tout le monde. La première bouchée était délicieuse, avec le goût de la crème fraîche bien présent. Ensuite, j'ai trouvé un goût caramel, mais pas terrible, trop envahi par le sucre pour être présent. Du coup, j'en ai moins profité. Je l'ai terminée, mais sans plaisir réel. Juste celui des textures (il y avait une zone plus pâteuse au milieu, ça occupe).

Ensuite, mon frère a sorti des biscuits au caramel beurre salé (oui, chez mes parents, il y a plusieurs plats à l'apéro, plusieurs entrées, plusieurs plats, plusieurs desserts, et des tas de "pousse-desserts"). J'en ai volé un petit morceau à mon mari (outré), parce que je n'avais vraiment plus faim du tout. Et j'ai été très déçue : la texture n'était pas assez craquante, le goût était fade, je ne sentais pas le sel ni le caramel, juste le sucre.
Pour être bien sûre, j'ai pris un bout de chocolat. Et c'était pareil : pas de profondeur de goût, juste du sucre, rien d'intéressant.

Donc en fait, je pense que j'ai expérimenté ma première satiété sur des aliments dont je raffole : le fameux affadissement du goût dont la méthode parle. Niveau estomac, j'aurais pu continuer à en manger sans problème (enfin, j'aurais eu mal au ventre au bout d'un moment). Mais les infos de mon cerveau, c'était "Stop, plus besoin", et sa manière de me le dire, c'était en affadissant le goût. Sauf que d'habitude, je ne suis pas si précisément attentive au goût, je n'entends pas le message. Je crois que c'est la première fois de ma vie (de ma vie, carrément) que j'entends le message de mon cerveau alors que mon ventre n'est pas tendu à fond et que j'ai en main un aliment dont je raffole.

Tout ça n'a pas empêché que quand j'ai pris mon cachet pour dormir, ma perception des sensations s'est amenuisée nettement et que du coup j'ai mangé du chocolat (avec plaisir). J'en ai peut-être moins mangé que d'habitude, mais je n'en suis pas sûre.

Ce matin, au réveil, je n'avais pas faim du tout. Il y avait des viennoiseries, je l'avais vu la veille, mais je n'en avais plus du tout envie. J'ai juste pris une mini tasse de café sans sucre (pas envie de sucre du tout). A l'heure du repas, je n'avais pas faim. Je me suis assise avec tout le monde, et j'ai attendu, pour voir. Au bout d'un moment, j'ai eu une petite faim. J'ai attendu encore un peu, et au moment de la salade, ça allait Ce n'était pas la bonne faim, mais c'était une faim satisfaisante. J'ai pris un tout petit bout du rôti de porc, et un ou deux spaghettis à la tomate du jardin, parce qu'ils ont le goût de mon enfance, et j'ai pris une assiette de salade, et un petit peu de tous les fromages (ma nièce n'aime pas le roquefort, mais moi, si, surtout en mode dégustation !).

Au dessert, il y avait de la tarte Tatin. J'ai redécoupé ma part en deux, et je suis allée chercher les viennoiseries. J'ai apprécié l'acidité de la pomme, le goût du beurre, mais pas le sucre. Les viennoiseries étaient bonnes, pas trop sucrées. Je me suis coupée une bouchée de croissant, une de chocolatine (pas terrible) et une de la délicieuse brioche. J'ai eu envie d'un carré de chocolat dans l'après-midi, mais pas au point d'en manger un. J'ai dépassé ma satiété, mais pas de beaucoup.

Ce week-end était une véritable aventure gustative ! J'adore le volet 5 de l'étape 3 !

mardi 1 octobre 2013

Etape 4 - Volet 1 : Apprendre la dégustation

28/09/13

Après avoir renoncé à mes deux tueries de gâteaux au chocolat, j'accède au troisième volet : la dégustation. Enfin, l'apprentissage minutieux de la dégustation en pleine conscience, plus exactement. On doit porter son attention d'abord sur la respiration, puis sur la dégustation.

Cool ! Je vais pouvoir déguster un gâteau !

Sauf que les protocoles tout prêts, avec les cases à cocher, concernent 3 aliments dont ils sont sûr qu'ils ne sont pas culpabilisant pour un serial-régimeur : une pomme, du pain baguette et du café.
Fort heureusement, ils précisent qu'on peut choisir n'importe quel aliment de notre choix. Et il y a un protocole tout prêt, mais moins précis que sur les 3 aliments définis.
On doit tester la dégustation avec une bonne faim.

Il y a une vidéo de Zermati qui enseigne la dégustation à un patient. L'aliment, c'est un grain de raisin sec, et la vidéo dure 11 minutes ! L'apprentissage de la dégustation, ça comprend la RPC rapide, le toucher en aveugle de l'aliment, la vue de l'aliment, son odeur, la mise en bouche sans croquer (donc encore une fois le toucher, puis les arômes, les saveurs), puis en croquant un peu, pour dégager plus de saveur, d'arôme, changer le toucher. Puis encore un peu, et on constate l'évolution de tout ça. Puis, quand on sent qu'il n'y a plus aucune saveur ni arôme, juste de la texture, on peut avaler le reste de l'aliment, tout en maintenant le contact avec lui le plus longtemps possible quand il descend dans la gorge et dans l'oesophage.
Ca, c'est pour la première bouchée !

D'après ce que j'ai lu, les dégustations en pleine conscience amènent à consommer moins de l'aliment, puisqu'on en tire à chaque bouchée ce qu'il y a à en tirer. Le cerveau informe ensuite que c'est bon, il n'a plus besoin de ça. Et du coup, il paraît qu'on peut sentir l'affadissement, la disparition progressive du plaisir.

Bien sûr, quand on déguste au quotidien, on ne fait pas ça, ça prend moins de temps. Là, ça prend du temps pour apprendre à le faire, tout comme l'apprentissage de la lecture est bien plus long que la lecture d'un roman !

J'ai bien aimé l'exemple que Zermati donne dans la vidéo : une personne va dans un cinéma. Il achète une bassine de pop-corn, regarde le film, et se rend compte à la fin qu'il n'y a plus de pop-corn dans sa bassine et qu'il a mal au ventre.
On prend la même personne, on l'invite à prendre le thé, et dans l'assiette à petits gâteaux, on lui verse la même bassine de pop-corn. La personne va penser qu'on est cinglé et qu'il est impossible de manger tout ça.
Et il conclut en disant que si, c'est possible, il suffit de manger sans se concentrer sur le fait de manger, sans écouter son corps et ses signaux.

Comme à toutes les étapes, j'ai un carnet à remplir, avec des cases à cocher, concernant l'aspect de la l'aliment, son odeur, son toucher, sa longueur en bouche, avec des adjectifs ou des définitions précises auxquelles je ne penserai pas forcément.
Je n'ai pas encore testé (aujourd'hui, samedi).

30/09
 Je ne sais pas ce que j'ai tripatouillé avec mon blog. Il a fait paraître l'article de jeudi avant celui d'aujourd'hui et d'hier. Du coup, ça n'est pas chronologique, mais bon, tant pis !

lundi 30 septembre 2013

Etape 3 - Le plaisir de manger selon les faims

28/09/2013

Après avoir sauté le volet 3, il m'a été proposé de tester le plaisir de manger selon les faims.
L'expérience : se procurer 2 exemplaires d'un aliment qu'on aime beaucoup beaucoup mais qui ne déclenche en nous aucun sentiment négatif (du genre : ça fait grossir, ce n'est pas raisonnable...).
Attendre une bonne faim, une vraie bonne faim, quitte à la dépasser un peu (ma bonne faim, je la place à 4-5 sur l'échelle de 0 à 10, et celle qu'ils conseillent pour l'expérience est entre 5 et 7).

On prend le premier exemplaire de l'aliment, et on le mange lentement, en notant les sensations, après avoir fait une RPC rapide.
Puis, selon ce qu'il reste comme faim, on mange le repas ou la collation prévue jusqu'à la satiété.

A l'apparition de la bonne faim suivante, on mange le repas prévu, dessert compris, jusqu'à la satiété. Puis on mange le deuxième exemplaire de l'aliment tout de suite après. Toujours lentement et en notant les sensations après avoir fait une RPC rapide. Ils marquent que si on sent qu'on n'a vraiment plus faim, que manger devient désagréable, on peut arrêter (le but n'étant pas d'être malade, mais de percevoir la différence de plaisir).

Je savais déjà quelle tuerie de gâteau au chocolat j'allais prendre... Je suis allée voir les aides disponibles, comme d'habitude (ça se présente comme une FAQ), et là, je vois une phrase du genre : "Je sais déjà que le plaisir n'est pas le même selon la faim". Bon. C'est mon cas. Je clique dessus. Et là, je reçois des félicitations (on en reçoit plein, des félicitations, sur A/Z, c'est bien agréable, pour une régimeuse qui n'a appris qu'à être culpabilisée puis à se culpabiliser toute seule, comme une grande fille autonome). Et j'aperçois les cases fatidiques à cocher : "Je souhaite continuer l'expérience" et "Je souhaite l'arrêter".
Bon, ben j'ai arrêté. Je ne vais pas prendre ma tuerie de gâteau après un repas puisque je sais déjà que ça ne va pas me satisfaire, et qu'en plus ça va me décaler toutes mes faims du lendemain.

Mais je compte bien prendre l'autre tuerie de gâteau, celle avec la bonne faim, parce que miam !

Encore une fois, j'apprécie la progressivité de cette méthode, comme pour le volet précédent que j'ai sauté. Je l'aurais probablement testé, si je ne l'avais pas déjà fait, même si le suspense n'est pas énorme : on sait bien que le plaisir des deux n'est pas le même. Mais dans une thérapie comportementale, on a besoin de le pratiquer avec son corps, en toute conscience.
Mais j'ai déjà testé le super bon gâteau après un repas, et je sais ce que ça fait. Et récemment, j'ai testé la mousse au chocolat pendant une bonne faim, après une RPC, en mode dégustation. Et je perçois bien nettement la différence de plaisir !!!

dimanche 29 septembre 2013

Etape 3 - Volet 3 : La bonne faim

28/09/2013

Hier (vendredi), j'ai terminé l'étape du carnet de la faim, où je devais noter les raisons qui me faisaient manger sans faim.
Cette étape a été très très profitable. Je supporte beaucoup mieux la faim. Pas dans un sens masochiste, hein. Dans un sens émotionnel : elle ne me panique plus depuis mon expérience de la faim retardée.
D'après le bilan, je la sens mieux que lors du carnet précédent, j'attends qu'elle se développe pour de vrai, et je respecte plus souvent ma satiété.

L'étape suivante concerne une expérimentation sur les différents types de faim. Je dois attendre une petite faim, manger, et noter mes sensations. Ensuite je dois attendre une faim moyenne, manger, et noter. Et enfin une grande faim, manger et noter.
Je l'ai sautée, cette étape, parce que j'ai déjà expérimenté ces différents types de faim, je sais maintenant où se situe ma bonne faim. Au pire, si j'en ai besoin, je peux reprendre ce carnet-là quand je le veux, sous la forme d'un défi.

Mais j'apprécie que la méthode y aille pas à pas, sans précipitation. Sans la lecture du blog de Pensées by Caro, je ne pense pas que j'aurai testé la grande faim délibérément. Du coup, cette étape m'y aurait amenée, et beaucoup plus en douceur : mon expérience a été une faim très très retardée. L'étape en question ne parle que d'une faim retardée de deux heures.

J'apprécie aussi qu'on puisse sauter cette étape, tout en gardant la possibilité d'y revenir grâce à un défi (un défi facile : tester les 3 faims, une fois chacune, sur une semaine). On peut même y revenir autant de fois que l'on veut grâce à l'outil : quand le défi est relevé et réussi, il disparaît, mais il reste la possibilité de remplir le carnet concerné.

Week-end chez mes parents, je vais pouvoir admirer ma nièce-filleule en train de ramper (elle rampe, maintenant !). Par contre, je ne sais pas si je vais pouvoir respecter ma faim et ma satiété. Enfin, ma satiété, ça m'étonnerait beaucoup que j'y arrive ! Mais la faim, je ne sais pas.

Sur la méthode, ils déculpabilisent. Ils disent que tous les mangeurs, régulés ou pas (régulés, ça veut dire qu'ils se maintiennent à leur set-point instinctivement, pas consciemment), mangent au-delà de leur faim. Leur seule différence avec les mangeurs émotionnels, c'est qu'ils ne culpabilisent pas, donc ne se déclenchent pas d'EME, et qu'ils attendent (instinctivement) d'avoir faim pour manger à nouveau. Et que ce repas est plus léger, parce que leur faim est rapidement comblée (toujours instinctivement).
Quand je serai grande, je veux devenir mangeuse régulée !

lundi 23 septembre 2013

Expérience de la faim retardée

Aujourd'hui (dimanche), j'ai fait l'expérience de la faim retardée, proposée sur Linecoaching. Ca m'avait interpelée, que le bilan de mon carnet de la faim dise que j'avais une faible tolérance à la faim. Je trouvais justement qu'une heure, parfois une heure et demie, c'était énorme ! Quand le volet s'est terminé, un outil a été débloqué : la faim retardée. Quand on a faim, on fait une RPC, et on décide : soit on mange, soit on retarde pour voir. Au bout d'une demi-heure, on doit refaire une RPC et décider : manger ou retarder, pour voir.
Quand j'ai lu l'outil, je l'ai laissé, pour plus tard, parce qu'avoir faim, ce n'est pas une expérience agréable, je ne souhaitais pas essayer de la retarder.

Je n'avais pas décidé de tenter cette expérience, mais ça s'est fait tout naturellement : j'ai commencé à avoir faim à 12h30, mais je n'étais pas encore douchée. Je suis donc allée me doucher. Et au retour dans la cuisine, je n'avais plus faim. Mon mari avait commencé à manger (il sait, maintenant : je ne mange pas forcément pile en même temps que lui tous les jours), il y avait de bonnes choses, dont j'avais envie, mais je n'avais plus la sensation de faim. Donc bon, ben j'ai pas mangé.

Ensuite, la faim est revenue, mais entretemps, je m'étais mise à lire un blog : Pensées by Caro, que je vais mettre dans mes liens (à lire en commençant par la fin, pour avoir le déroulement chronologique). Elle relate son expérience de la méthode Zermati, qui a été son thérapeute avant de créer le site Linecoaching avec Apfledorfer.
Elle parle de ce que j'ai déjà fait, le carnet de la faim. Mais elle, ses mots pour décrire la faim sont beaucoup plus forts. C'est peut-être parce qu'elle est journaliste, elle maîtrise la mise en mots, il y a peut-être une part d'exagération des sensations physiques, pour faire comprendre la panique émotionnelle que peut être la faim pour une régimeuse. Mais il y avait aussi la conclusion de mon bilan (le fait que je ne supporte pas bien la faim), et l'existence de cet outil de faim retardée qui me trottait dans la tête. Alors tant qu'à y être, j'ai retardé la faim. Je n'ai pas fait de RPC, j'étais en train de lire la partie "Zermati et moi" du blog de Caro.  Mais quand la faim est revenue (deux ou trois fois), je me suis arrêtée un moment pour observer ce qui se passait en moi, genre RPC flash. J'ai eu les maux de ventre, qui passent, puis reviennent plus tard, un peu plus pointus, et puis disparaissent aussi. J'ai eu la menace de légère migraine (mais pour le moment, je n'ai toujours pas mal à la tête, je sens juste que ça va commencer, mais c'est une impression de moins en moins forte, donc en fait, ben c'est pas un signal de migraine). Là, j'ai la sensation de légère faiblesse, un tout petit peu de vertige (je bouge moins vite, du coup), et un peu de difficulté à me concentrer (bon, faut dire aussi que je sors d'une lecture passionnante. La difficulté à me concentrer, je l'ai aussi quand je lis Stephen King ou John Irving ou Cavanna ou "Le seigneur des anneaux" ou "Harry Potter"). Rien d'intolérable, en tous cas.

Bref, il est 18h30. La dernière fois que j'ai mangé, c'était cette nuit, à 1h30, et un sucre dans mon demi-mug de café ce matin. A moins d'être malade, je n'ai jamais passé tant de temps sans manger, surtout en présence de bonnes choses, avec les bonnes odeurs et tout.
J'ai décidé d'arrêter l'expérience à 19h, heure de repas "classique", parce que je ne sais pas quand apparaîtra la sensation de faim "intolérable". Je me dis que quand on a été habitué à se contrôler lors d'un (plusieurs) régime(s), on peut contrôler au point de nier la sensation, et je n'ai aucune envie d'aller jusqu'au vrai vertige.
Par contre, au niveau du ventre, c'est intéressant comme sensation qu'il soit complètement vide. J'ai testé le "trop mangé", il y a peu, pour voir où elle était, la sensation du trop-plein, je ne savais plus. Et là, je teste le vide, et mon ventre n'a pas été vide depuis un bail aussi, carnet de la faim ou pas.

Enfin, en tous cas, c'est pas une expérience que j'aurais fait autrement que dans ces conditions : un dimanche, rien à faire de particulier, pas d'ennui (le blog est vraiment très bien écrit), il y a de bonnes choses à manger pour quand je souhaite arrêter l'expérience, et elles sont déjà cuites, donc je peux y accéder rapidement.
Je pense qu'un de ces jours, je la renouvellerai, pour voir ce que dit le bilan (il faut trois expériences pour avoir le bilan de cet outil).

Ce soir, c'est galette bretonne ! Saumon et fromage de chèvre, pour moi !

mercredi 18 septembre 2013

Etape 3 - Volet 2 : Carnet de la faim

J'ai terminé mon carnet d'expérience sur la faim. Selon le bilan, je sais reconnaître ma faim, des premiers signaux aux signaux de la bonne faim, ce qui est un avantage. Par contre, je ne sais pas la supporter. Entre les premiers signaux et le moment où je décide de manger, il s'écoule en moyenne une heure trente, et j'indique une faim très intense. C'est vrai, je la supporte assez mal. Déjà, je suis en classe, en train de tenter de boucler le français avant la récréation. Et ensuite, j'étais de service, donc pas moyen de me regrouper un peu pour faire la part entre l'agitation due à la faim et l'agitation due à la classe. Aujourd'hui, tout a été un peu décalé, parce que c'est mercredi et qu'il n'y a pas école. J'ai eu une faim plus tardive, parce qu'un réveil plus tardif. Et moins intense. Pas forcément plus facile à supporter (je n'aime pas avoir faim, sauf juste avant un repas "officiel", déjeuner ou dîner), mais moins intense.
Ils disent que parfois, les régimes à répétition rendent la faim difficile à supporter : on sait que si on a trop faim, on aura plus de mal à se contrôler, donc on devient sensible à ça. Je ne sais pas si c'est ça. C'est peut-être aussi parce que je suis un peu chochotte ! Or le fait de s'observer augmente les sensations. M'enfin, en faisant de la RPC, j'ai réussi à cohabiter avec un mal de ventre dû à l'approche des règles. Alors que j'ai énormément de mal à cohabiter avec la faim, elle occupe tout l'espace, c'est douloureux et impérieux.
Ils disent que je vais apprendre.

Me voici donc au volet 2 : tenir un carnet de la faim. Je dois le remplir à chaque fois que je mange quelque chose (du coup, je vais l'imprimer, celui-ci, parce que je n'ai pas l'ordi à disposition, et il faut noter le plus précisément possible, puisque le bilan reprend les données inscrites).
Je dois indiquer si j'ai eu faim, si j'ai dépassé ma satiété, et pourquoi je l'ai dépassée. Juste avant, il y a eu un questionnaire, style test de magazine d'été, mais en plus sérieux, pour comprendre les nuances de chaque situation à cocher (ça, c'est bien ! Ca permet de comprendre ce qu'ils mettent derrière les mots, ça m'avait perturbée de ne pas savoir, lors du carnet d'EME).
Je dois aussi indiquer à quel moment j'ai senti la satiété, au cours de quel plat.

Les raisons à cocher pour avoir dépassé la satiété sont :
- se détendre ou aller mieux
- tentation
- insatisfaction de ce que j'ai mangé
- culpabilité de manger
- peur d'avoir faim
- respecter les obligations sociales
- difficultés à laisser
- respecter les conseils nutritionnels
- autre
- je ne sais pas

L'objectif est que je comprenne les raisons qui me font dépasser ma satiété, et qu'ils trouvent les outils pour m'aider à ne plus le faire.
Ça va durer 10 jours.