27/04/14
Les articles qui vont suivre sont reliés, de près ou de loin, à un gros moment difficile qu'on a traversé, mon mari et moi, au sujet de la construction de notre maison, et qui a eu de sacrées répercussions dans mon avancée sur Linecoaching. Ca m'a nettement abattue, mais j'ai fait des progrès énormes. A la base, ça n'est pas si grave : une histoire de carrelage. Mais ça nous a paru une montagne !
On avait demandé à mon beau-frère de venir carreler notre maison. Mais il montait sa boîte, et soudain les commandes se sont mises à affluer. Donc on lui a dit de s'occuper de son travail, et qu'on se débrouillait. Ca nous a mis dans le flou : comment faire pour le carrelage ? Un ami qui était chez nous à ce moment-là nous a dit qu'entre lui, mes frères et nous, on devrait bien réussir à s'en sortir. On avait bien dit dès le départ qu'on voulait se charger du moins de travaux possible, parce qu'on n'est pas doués pour ça, et qu'on n'aime pas. Mais là, on s'est retrouvé pris dans la tourmente, à commencer à organiser des week-ends de corvée, et à devoir tout replanifier : si notre ami carrèle d'une main, il ne peut pas installer la douche et le meuble de salle de bains de l'autre main pendant qu'il fait les placards avec la troisième main. Du coup, la date du déménagement était largement repoussée, et notre emploi du temps méga chargé, bourré de trucs qu'on déteste faire.
Là, on a craqué, on a dit STOP ! On est revenus à nous, à nos basiques, à ce qu'on souhaitait : ne pas travailler nous-mêmes à la maison. Donc on a cherché et trouvé un carreleur. Au final, le constructeur a pris du retard, donc on a dû repousser la date du déménagement (sinon, aujourd'hui, je me serais réveillée dans ma maison pour la première fois !). Mais au moins, on n'a pas passé un mois à s'épuiser à carreler en épuisant au passage nos amis et notre famille. Ca a été vraiment une période difficile. Je commence juste à m'en remettre. Il y avait des pressions négatives (c'était pour nous aider, mais c'était négatif : on ne voulait pas d'aide pour le carrelage. On ne voulait simplement pas s'occuper du carrelage), des interrogations, c'était vraiment un moment dur, le plus dur depuis mon début de Linecoaching. Et ça a duré un mois ! Pas la panique proprement dite, mais les effets secondaires de la panique (dévastation, épuisement moral et physique, déprime).
______________________________
25/03/14
En ce moment, j'apprends à accueillir la panique. C'est le
premier moment comme ça que je vis depuis le début de LC. Un moment
où tout semble aller mal, et tout doit aller vite. Ce sont des
problèmes liés à la construction de ma future maison.
Premier soir de panique dimanche : j'avais devancé l'EME en me
faisant un repas brioche-chocolat chaud en guise de repas, à un
moment où j'avais une bonne faim. Pour la première fois depuis des
mois, je ne me suis pas arrêtée avant d'avoir trop mangé
(sensation dans le ventre, la brioche n'avait plus de goût depuis
belle lurette, et pour le chocolat, je n'avais plus que la sensation
de chaleur). Ensuite, je me suis installée pour tricoter devant un
dvd, mais je n'arrivais pas à me fixer dessus. Je l'ai arrêté,
j'ai pris ma tablette, direction la chambre pour dix minutes de
pleine conscience centrée sur les pensées, puis 10 autres de la
première séance, puis 3 minutes. Là, j'ai eu l'impression que la
panique était toujours là, mais que ces crocs étaient limés. J'ai
eu le ventre inconfortable toute la soirée, et j'ai mis du temps à
m'endormir, trop de secousse, mon cerveau était comme traumatisé
par l'attaque de panique, il n'arrivait plus à percevoir la fatigue,
je ne la sentais plus dans le corps (alors que justement, j'avais
progressé sur cette sensation). Le point positif non négligeable,
c'est que je n'ai pas remangé lors de mon EME habituelle du soir. Je
ne suis même pas sûre de l'avoir eue, j'étais passé de la panique
à la dévastation sereine.
Deuxième soir de panique lundi : cette fois, pas question d'avoir
mal au ventre. Par contre, impossible de me fixer sur mes sensations
gustatives. Pas le temps non plus pour une RPC : j'avais dû prendre
plein de temps pour tenter de régler des problèmes insolubles, puis
pour désespérer, et quand ça a été fini, j'avais trop faim pour
attendre. Là, j'ai utilisé le fractionnement, pour me servir
les portions qui d'habitude me suffisent. J'ai mangé un carré de
chocolat, mais je n'ai pas réussi à le déguster comme d'habitude.
Mes sensations gustatives sont comme engourdies. EME du soir
classique, j'ai choisi de céder. J'ai dormi plus rapidement.
Ce soir, ça va un peu mieux, on entrevoit des solutions
potentielles. Je ne sais pas si tout se passera comme souhaité, mais
en tous cas, il y a de fortes chances que ça se passe. Mais mes
sensations gustatives sont toujours amoindries, je me fie au
fractionnement. Toujours pas de RPC, pour le moment, mais là,
j'aurais le temps. C'est un choix, motivé un peu par la crainte de
me replonger dans les pensées, un peu par flemme et un peu par désir
d'observation. J'essaie de revenir sur moi sans l'audio, pour voir
comment ça fonctionne quand je suis en sortie de crise intérieure.
C'est un peu un test : est-ce que la RPC est assez intégrée à mes
nouveaux acquis pour que j'y revienne formellement comme un instinct,
ou est-ce que je devrais faire appel à un peu de discipline (relever
un défi, par exemple) pour y revenir formellement ? (Je n'en suis
pas encore au stade de pouvoir me passer de RPC formelle durablement
!)
Les points très positifs de cette expérience (dont je me serais
volontiers passée, mais qui du coup, m'apprend énormément) :
- j'ai repris une piqûre de rappel de ce qu'est une sensation
alimentaire très inconfortable (avoir trop mangé), et ça m'a paru
plus désagréable que la panique, ce qui m'a ôté pour le moment
l'envie de recouvrir une grosse émotion par de la nourriture. Il en
faut trop. J'ai bien entendu les appels de mon corps, cette fois. Il
y a quelques mois, je ne l'entendais pas du tout. J'ai déjà bien
plus mangé que ça, vraiment bien plus, et sans entendre de
protestation vive. J'ai même eu bien plus mal au ventre que ça, et
ça ne m'a jamais autant été désagréable. Je l'ai vraiment vu
comme une marque d'irrespect, pas seulement une sensation physique.
Un truc à ne plus me refaire (sans pour autant me fustiger, parce
que c'est quand même agréable de sentir que mon corps pose
certaines limites, et que je les accueille avec attention et respect)
- j'ai eu le réflexe RPC le premier soir (le pire de ce moment de
panique). Ca m'a fait un bien fou de voir que ce que la nourriture ne
pouvait plus recouvrir, la RPC m'aide à lui faire une place.
- j'ai pris de presque vraies pauses à midi, au boulot, au lieu
de manger en continuant à travailler. Pas sans distraction, mais
sans travail. Ca ne m'arrive jamais (le travail que je ne fais pas à
midi, je l'ai à faire le soir, en pleine redescente d'énergie),
sauf quand j'avais un exercice spécifique à faire pour le parcours
alimentaire.
- j'ai vu un effet d'une trop grande émotion : les sensations
gustatives sont moins puissantes. J'étais trop à l'ouest pour
pouvoir envisager de me réconforter avec de la nourriture pour de
vrai (avec une vraie concentration sur les sensations, tout ça tout
ça). Je ne sais pas si ça aurait été possible.
- j'ai posé des limites à mon entourage, qui, en voulant
m'aider, n'a fait qu'ajouter involontairement à ma panique. Le
problème, c'est que comme je suis débutante dans le dépôt de
limites, je le fais de manière brouillonne, parce que je découvre
mes limites, et que je découvre que je peux les poser. Comme mon
entourage ne comprend absolument pas en quoi cette histoire me
panique, parce que eux, ça ne les paniquerait pas, je dois compter
sur leur acceptation de mon caractère, de ma personnalité. C'est
assez rare pour moi : en bonne hyperempathique, j'évite de faire
peser mon individualité aux autres. Ce que j'aime chez eux, c'est
leur différence par rapport à moi. Je n'ai jamais trop pris le
risque de les laisser aimer mes différences par rapport à eux, au
cas où justement, ils n'aimeraient pas.
- j'ai fait confiance à mon mari, au lieu de le voir comme un
prolongement de moi (genre : si je ne sais pas comment sortir de là,
il ne saura pas non plus). Au final, lui, il a trouvé l'énergie que
je n'avais pas pour se démener, régler les problèmes réglables et
trouver des solutions potentielles. On a vu au passage qu'on avait la
même manière d'envisager les choses, même en mode panique, qu'on
paniquait pour les mêmes choses. Qu'on n'était pas seul, on était
deux. Y a eu des fois où c'est moi qui ai eu cette énergie. Je ne
sais pas pourquoi je n'envisageais pas que si moi, je ne l'avais pas,
lui pouvait quand même l'avoir. Une vision trop fusionnelle de notre
couple ? Ou la crainte de trop reposer sur quelqu'un, même lui ?
Tout cet épisode m'a un peu désespérée : un écueil, et paf,
tout va à vau l'eau. Ca m'a un peu inquiétée. Mais ce soir,
j'arrive à voir que tout ne va pas tant à vau l'eau que ça. Je ne
sais pas combien de temps j'aurais pu tenir en mode panique aiguë en
me raccrochant à quelques acquis, mais j'ai au moins tenu deux
jours, c'est toujours ça de pris. Je n'ai pas non plus eu
l'impression d'être au régime. Au contraire, j'ai eu l'impression
d'avoir des outils, et des outils de remplacement des outils abîmés
(le fractionnement pour remplacer les sensations alimentaires
amoindries). En période régime, soit j'aurais craqué pour de bon
et arrêté le régime, soit la restriction aurait été ma prise de
contrôle sur la panique, ça m'aurait aidée à serrer les dents
pour me battre contre l'envahissement des émotions. Et après la
crise, j'aurais craqué.
Enfin, je ne sais pas si je pourrais un jour accueillir simplement
la panique. Peut-être aussi que la panique, ça n'est pas une
émotion ? Que ça cache plusieurs autres émotions (la peur d'avoir
fait une erreur, de n'être pas à la hauteur, le sentiment d'échec,
d'être moins douée que les autres, de révolte, de désir d'être
acceptée comme je suis sans réussir à me montrer complètement
comme je suis, la crainte de dépendre d'éléments extérieurs, et
d'autres encore) auxquelles je ne prêtais pas attention et qui
n'attendaient qu'un caillou sur le chemin pour exploser. Peut-être
que quand ça va se décanter, je pourrai identifier d'autres
émotions plus faciles à accueillir que la panique.
mercredi 30 avril 2014
mardi 29 avril 2014
Accepter la peur du manque
(Sur les aliments tabous)
13/03/14
D'avoir lu les posts sur le chocolat au lait, ça m'a donné envie d'en acheter, pour changer. Et ça m'a permis de me confronter à ma peur de manquer, parce que du coup, ça me faisait 3 plaques dans les mains : noir aux zestes de citron vert, qui fait mes délices en ce moment, noir noix de coco, parce que j'ai envie de noix de coco, et chocolat au lait. Je me suis dit que ça faisait un peu beaucoup, quand même... j'ai réussi à reposer celui au citron vert (il me reste deux carrés de l'ancienne tablette !).
Ensuite, je me suis retrouvée dans le rayon frais, celui de mes desserts industriels. Et devant l'étendue du choix, j'ai commencé à prendre ce qui me faisait envie : un truc au chocolat que je ne connaissais pas, et puis le cheesecake au citron qui n'y était pas la dernière fois, et puis... Et puis j'ai décidé de choisir, comme pour le chocolat, juste un, et les autres, je les aurai toujours là la semaine prochaine.
Ca m'a fait plaisir d'arriver à choisir un aliment, à me déclarer une préférence au milieu de toute la profusion, et d'arriver à comprendre pour de vrai que la semaine prochaine, je pourrai choisir un autre aliment, que la profusion sera encore là.
(Et quelques jours plus tard, une autre victoire, en pleine conscience !)
Victoire due à mon travail de la semaine sur les deux émotions
qui me posaient des problèmes : la frustration et le sentiment
d'injustice. Et un peu aussi de la troisième émotion (la peur du
manque), mais j'ai à peine commencé à en prendre conscience, de
celle-ci.
Aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, je n'ai pas ressenti de manque sur le dessert. C'était l'anniversaire de mon père, donc Saint-Honoré. Je l'aime presque autant que lui. Là, j'ai pris sans aucune difficulté une petite part (en acceptant de ne pas en vouloir une plus grosse). Je l'ai dégustée, sans me presser pour la finir avant que la faim disparaisse (la faim n'était plus trop là, je le savais), j'ai fait une petite pause au milieu, juste pour éprouver ce plaisir : être capable d'arrêter, de discuter, et de retrouver l'aliment. Et à la fin, j'ai accepté de ne pas avoir envie d'en reprendre, que l'aliment allait disparaître sans que je puisse y retoucher à nouveau.
C'est la première fois de ma vie que je n'ai pas l'envie d'en reprendre. Quand j'étais au régime, je ressentais le manque de l'aliment tout le reste de la journée. Hors régime, j'en reprenais et je me sentais quand même en manque tout le reste de la journée. Cette envie taraudante d'en reprendre, ça m'a toujours rendue l'après-repas chez mes parents difficile, émotionnellement et digestivement. Là, non. J'étais comblée tout le reste de la journée.
C'est comme si j'avais ouvert une porte, et que du coup, le sentiment d'injustice, la frustration et moi, on avait assez de place au lieu d'être à l'étroit. J'espère pouvoir la garder ouverte le plus souvent possible, que ça devienne une habitude.
13/03/14
D'avoir lu les posts sur le chocolat au lait, ça m'a donné envie d'en acheter, pour changer. Et ça m'a permis de me confronter à ma peur de manquer, parce que du coup, ça me faisait 3 plaques dans les mains : noir aux zestes de citron vert, qui fait mes délices en ce moment, noir noix de coco, parce que j'ai envie de noix de coco, et chocolat au lait. Je me suis dit que ça faisait un peu beaucoup, quand même... j'ai réussi à reposer celui au citron vert (il me reste deux carrés de l'ancienne tablette !).
Ensuite, je me suis retrouvée dans le rayon frais, celui de mes desserts industriels. Et devant l'étendue du choix, j'ai commencé à prendre ce qui me faisait envie : un truc au chocolat que je ne connaissais pas, et puis le cheesecake au citron qui n'y était pas la dernière fois, et puis... Et puis j'ai décidé de choisir, comme pour le chocolat, juste un, et les autres, je les aurai toujours là la semaine prochaine.
Ca m'a fait plaisir d'arriver à choisir un aliment, à me déclarer une préférence au milieu de toute la profusion, et d'arriver à comprendre pour de vrai que la semaine prochaine, je pourrai choisir un autre aliment, que la profusion sera encore là.
(Et quelques jours plus tard, une autre victoire, en pleine conscience !)
16/03/14
Aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, je n'ai pas ressenti de manque sur le dessert. C'était l'anniversaire de mon père, donc Saint-Honoré. Je l'aime presque autant que lui. Là, j'ai pris sans aucune difficulté une petite part (en acceptant de ne pas en vouloir une plus grosse). Je l'ai dégustée, sans me presser pour la finir avant que la faim disparaisse (la faim n'était plus trop là, je le savais), j'ai fait une petite pause au milieu, juste pour éprouver ce plaisir : être capable d'arrêter, de discuter, et de retrouver l'aliment. Et à la fin, j'ai accepté de ne pas avoir envie d'en reprendre, que l'aliment allait disparaître sans que je puisse y retoucher à nouveau.
C'est la première fois de ma vie que je n'ai pas l'envie d'en reprendre. Quand j'étais au régime, je ressentais le manque de l'aliment tout le reste de la journée. Hors régime, j'en reprenais et je me sentais quand même en manque tout le reste de la journée. Cette envie taraudante d'en reprendre, ça m'a toujours rendue l'après-repas chez mes parents difficile, émotionnellement et digestivement. Là, non. J'étais comblée tout le reste de la journée.
C'est comme si j'avais ouvert une porte, et que du coup, le sentiment d'injustice, la frustration et moi, on avait assez de place au lieu d'être à l'étroit. J'espère pouvoir la garder ouverte le plus souvent possible, que ça devienne une habitude.
lundi 28 avril 2014
Ressentir une émotion
(Sur le fil "Défusion..." du forum de Linecoaching. J'y reprends l'article de mon blog sur Caliméro, ma première expérience de défusion.)
9/03/14
J'ai tenté la défusion, aujourd'hui.
La première émotion négative que
j'ai pu voir en face, c'est la frustration, il y a quelques jours.
Depuis, je n'en ai plus peur, je la reconnais presque tout le temps
et assez rapidement. Je n'irai pas jusqu'à dire que je l'accepte,
mais en tous cas, en ce moment, je ne mange plus pour la recouvrir.
Je mange pour me réconforter, parfois, mais plus pour recouvrir la
frustration. Vu de loin, ça semble revenir au même, sauf qu'en
terme de réconfort effectif et de quantité de nourriture, ça n'a
rien à voir ! Un carré de chocolat suffit à me réconforter,
alors que pour recouvrir ma frustration, j'avais besoin d'une bonne
EME de fin de repas avec dessert ET chocolat, par exemple, et que ça
ne me réconfortait pas, il fallait que je me recentre sur ma
respiration, puis sur mes sensations, pour choisir consciemment de me
laisser guider par ma non-faim. Accepter la frustration est beaucoup
plus simple et beaucoup moins... frustrant ! Du moins, en ce
moment, peut-être parce que c'est tout frais, donc j'y suis
attentive. En tous cas, clairement, ça consomme moins d'énergie
nerveuse !
La deuxième émotion, (c'est cet
après-midi que tout d'un coup, j'ai pu mettre un mot dessus) c'est
le sentiment d'injustice. Depuis quelques jours, ma faim est toute
petite, encore plus qu'avant. J'ai l'impression d'être revenue à il
y a quelques mois, quand j'ai découvert que j'avais un petit
appétit. J'ai dû faire le deuil de mon gros appétit imaginaire.
Depuis une semaine, il est encore plus petit. Bon, donc je me sers
des outils de Linecoaching pour déguster les aliments, repérer le
rassasiement spécifique, et déclencher ma faim aux heures des
repas.
Mais... ça m'éneeeeeeerve ! Et
je ne savais pas pourquoi. Ce n'était pas la frustration, je
commence à la connaître un peu. Je pense maintenant que c'est le
sentiment d'injustice.
Mais autant la rencontre avec ma
frustration m'avait étonnée et amusée (j'avais l'impression d'une
expérience mystique, d'une rencontre du troisième type !), et
depuis, je la vois avec bienveillance, autant la découverte de mon
sentiment d'injustice ne m'a pas amusée du tout. Parce que, hein,
c'est pas juste ! Pourquoi moi ???
Alors du coup, j'ai défusionné (j'ai
relu le fil il y a peu, c'était encore frais dans ma tête). J'ai
identifié l'émotion, je l'ai étiquetée « Sentiment
d'injustice », et j'ai exprimé tout ce que ça me déclenchait
et que je laissais inexprimé : c'est vraiment trop injuste que
je fractionne autant, alors que d'autres mangent avec faim des
quantités bien supérieures, c'est vraiment trop injuste que je
doive galérer autant pour identifier mes émotions alors que
d'autres les reconnaissent les doigts dans le nez, c'est vraiment
trop injuste que mon appétit prévisionnel soit moins facile que la
semaine dernière, c'est vraiment trop injuste que peut-être je vais
être un « tout petit appétit » qui aura besoin de
compléments alimentaires pour ne pas être en carence... Ensuite,
j'ai surnommé l'état qu'elle génère chez moi (l'énervement, la
bouderie) « La complainte de Caliméro » (j'aimais
beaucoup Caliméro), et ça m'a détendue.
Pour le moment, ça a marché :
j'ai moins peur de mon sentiment d'injustice, et ça m'a amusée,
donc rendue disponible pour une autre rencontre avec Caliméro. Je ne
sais pas encore si ça va m'aider à mieux vivre le moment où ça
reviendra mais c'est la première fois que j'ai un outil pour
traverser ça. Le sentiment d'injustice, maintenant que je l'ai
identifié, je me souviens l'avoir ressenti (comme un énervement
nébuleux sans cible précise) pendant des régimes ou des arrêts de
régimes ou dans plein d'autres situations non liées à
l'alimentation. Mais jamais je ne l'avais exprimé clairement à
fond, jamais nommé, et jamais je n'avais pensé qu'il y avait un
outil pour m'aider.
Je me rends compte qu'il y a peut-être
beaucoup d'autres « énervements nébuleux » qui sont en
réalité des émotions, et que je peux m'autoriser à ressentir au
lieu de les laisser dans leur nébulosité.
Mais parfois, j'ai l'impression de ne
pas savoir mettre des mots dessus. Soit je ne sais pas, soit j'ai
tellement pris l'habitude de ne pas les prendre en compte que j'ai
atrophié cette capacité. Parce que là, quand même, j'ai
l'impression d'avoir découvert une mine d'or alors que j'ai juste
identifié le sentiment d'injustice. Maintenant, ça ne me semble pas
si compliqué. Mais avant d'avoir mis un nom dessus, ça l'était !
C'était un énervement insurmontable et sans fin, qui me faisait
hésiter à manger parce que je ne savais plus si j'avais faim ou pas
(vive le Dr Zermati qui a dit que si on n'était pas sûr, ça
n'était pas de la faim ! Ca a été mon phare, ces derniers
jours !) Maintenant que ça a un nom, ça semble tout banal.
Peut-être qu'en fait, je sais les nommer, mes émotions, mais que le
mot me semble tout petit par rapport à l'effet gigantesque que ça a
sur moi. Alors que peut-être, l'effet gigantesque, ça n'est pas
celui des émotions, c'est surtout celui de les rejeter.
Je me rends compte maintenant pour de
vrai, dans mon expérience, pas seulement parce que j'ai été
convaincue après l'avoir lu, que le parcours du poids repose sur le
parcours du comportement alimentaire qui lui-même repose sur le
parcours de l'acceptation des émotions, qui lui-même repose sur le
parcours de l'identification des émotions. C'est des poupées
russes ! (C'est vraiment trop injuste d'être obligée de
décortiquer des poupées russes au lieu d'être d'emblée une
mangeuse régulée ! Bon, après, si j'étais une mangeuse
régulée, je ne découvrirais pas tout ça, et quand même, c'est
passionnant !)
(Un échange m'a permis de voir que si c'était si difficile, c'est parce que je le prenais par le mauvais bout. Je trouvais vraiment difficile de devoir d'abord nommer l'émotion pour la ressentir. En fait, c'est l'inverse : on ressent, ce qui permet de nommer, puis on reconnaît l'émotion.)
D'accord, oui, je comprends. En fait, j'ai accepté de ressentir l'émotion, quelle qu'elle soit, et ça n'est qu'après avoir accepté de la ressentir que j'ai pu l'identifier.
Du coup, ça me semble moins difficile, parce qu'identifier une émotion, c'est pas de la tarte ! Ca me semblait un travail purement intellectuel. Alors que l'acceptation, ça n'est pas aussi compliqué. Enfin, si, c'est compliqué (sinon, on ne serait pas là à tourner autour !). Mais une fois qu'on est prêt à essayer, c'est nettement moins compliqué que de "se raisonner" ou de temporiser pour ne pas manger lors d'une EME.
L'EME-zen me semble plus logique, vu comme ça, et plus faisable. Mais c'est vraiment un outil compliqué. Il sert à se laisser le temps d'accepter l'émotion pour l'identifier au lieu de penser qu'elle est si puissante qu'on ne peut pas ne pas manger. J'ai eu de la chance de commencer ce parcours en toute confiance. J'ai utilisé l'EME-zen comme j'ai pu, comme un outil de temporisation, pour "me raisonner" purement intellectuellement, et c'est le fait de l'utiliser qui a permis que je me laisse du temps pour voir ce qui se passait à l'intérieur au lieu de le recouvrir par de la nourriture, et qui fait que maintenant, je comprends à quoi il sert et que je ne m'en servais pas trop bien. Si je n'avais pas eu confiance dans ce parcours, je l'aurais laissé de côté et je serais passée à côté de tout ça, qui est quand même une clef importante pour une mangeuse émotionnelle.
Je suppose que c'est une question de temps, de moment ? En ce moment, je suis dispo pour ce travail sur moi, mais d'ici quelque temps, je ne le serais plus (boulot, soucis divers). Je profite de cette "fenêtre de disponibilité", où j'ai beaucoup de temps pour moi, pour bien ressentir tout le bien que ça apporte, cette espèce de libération, comme un poids qui s'en va, et quand il revient (la frustration, par exemple), je le reconnais, il ne m'emprisonne plus parce que je ne l'emprisonne plus. Si ce bien-être me devient familier, je le rechercherai peut-être plus facilement quand je serai dans la tourmente, au lieu d'entasser mes ressentis comme un tas de bouquins à lire quand j'aurai le temps.
En tous cas, merci pour ce fil. Ca met des mots simples sur des notions complexes, ça traduit en actes des idées, ça donne des exemples concrets de comment on peut faire avec nous-mêmes et l'enfant en nous.
dimanche 27 avril 2014
Evolution
Me revoici sur le blog pour une série d'articles reprenant certains de mes posts dans le forum de Linecoaching. Je les publierai petit à petit, un par jour. Ca me sert à marquer où j'en suis. J'évolue, lentement, par à-coups, régression/progression. C'est difficile et passionnant à la fois.
Je suis plus que jamais convaincue par cette approche. Par contre, je me rends compte à quel point ça peut être difficile. La nuance entre la lutte et l'acceptation est parfois subtile, je ne suis jamais sûre d'être sur le bon chemin. Je commence même à comprendre que s'il y a des mauvais chemins, il n'y a pas à proprement parler de "bon(s)" chemin(s). C'est la manière de parcourir le chemin qui fait la différence. Le forum m'est indispensable, au stade où j'en suis. Le parcours alimentaire m'a été indispensable (et recommence à l'être parfois, quand j'ai passé un cap, pour renouer avec les bases). Mais là, c'est le forum qui me permet d'avancer. Le croisement entre mon parcours et celui d'anciennes, de nouvelles, de "revenues après un arrêt", de personnes qui en sont plus ou moins au même stade que moi. C'est vraiment foisonnant, et j'ai énormément besoin de ce foisonnement pour me créer mon propre parcours émotionnel personnel.
Parfois, je recommence des exercices du parcours alimentaires, que j'ai déjà faits, mais que je comprends différemment. Ca me permet d'avancer au niveau apprentissages corporels, alimentaires. Plus j'avance, plus ce qui me semblait difficile au début devient plus simple, parce que je le comprends différemment, je le place dans un autre contexte. Les exercices permettent d'apprendre ce qu'on est prêt à apprendre, mais ce qu'on n'est pas prêt, c'est impossible. Avec l'évolution, on est prêt, et l'exercice prend une autre résonance. Parfois aussi on dévie un exercice de son objectif, et en évoluant un peu, ou à l'occasion d'un échange en forum, on le redécouvre tel qu'il est. En refaisant, j'apprends mieux.
Mes 7 mois "payés d'avance" sont terminés depuis deux mois. Maintenant, je paie tous les mois, 19 euros. Le parcours alimentaire ne les vaut plus : je l'ai terminé. Je suis dans une boucle, maintenant : je remplis un carnet d'observation, ça me donne un bilan et des exercices que j'ai déjà faits, à approfondir. A l'issue des exercices (ça peut prendre du temps, je ne suis plus pressée), j'ai un autre carnet d'observation, un autre bilan, etc. Le prix de l'abonnement était largement mérité. Pendant 7 mois, j'ai appris énormément, des choses dont je ne soupçonnais pas l'existence (j'en veux encore au soit-disant professionnels de santé qui n'ont jamais pris la peine de m'en parler). Maintenant, ce qui mérite mes 19 euros, c'est l'accès au forum. J'ai besoin d'y participer, d'y lire les participations. Pour voir, je suis allée sur un autre forum, gratuit, créé par une pionnière du "zermatage", comme elle dit. Il est vraiment très bien fait. Mais sur le parcours émotionnel, il ne peut pas faire aussi bien que Linecoaching, avec ce croisement d'anciennes et de nouvelles, en plein dans l'étude de la RPC et des sensations alimentaires.
Bref, je suis pleinement rassurée sur ma crainte de payer pour rien. J'obtiens bien plus que ce que j'espérais !
Je vais bientôt déménager ! Ma maison est presque prête. D'ailleurs, ce "presque"-là m'a causé bien du souci, et m'a permis de faire d'énormes progrès dans mon parcours émotionnel et alimentaire !
Je suis plus que jamais convaincue par cette approche. Par contre, je me rends compte à quel point ça peut être difficile. La nuance entre la lutte et l'acceptation est parfois subtile, je ne suis jamais sûre d'être sur le bon chemin. Je commence même à comprendre que s'il y a des mauvais chemins, il n'y a pas à proprement parler de "bon(s)" chemin(s). C'est la manière de parcourir le chemin qui fait la différence. Le forum m'est indispensable, au stade où j'en suis. Le parcours alimentaire m'a été indispensable (et recommence à l'être parfois, quand j'ai passé un cap, pour renouer avec les bases). Mais là, c'est le forum qui me permet d'avancer. Le croisement entre mon parcours et celui d'anciennes, de nouvelles, de "revenues après un arrêt", de personnes qui en sont plus ou moins au même stade que moi. C'est vraiment foisonnant, et j'ai énormément besoin de ce foisonnement pour me créer mon propre parcours émotionnel personnel.
Parfois, je recommence des exercices du parcours alimentaires, que j'ai déjà faits, mais que je comprends différemment. Ca me permet d'avancer au niveau apprentissages corporels, alimentaires. Plus j'avance, plus ce qui me semblait difficile au début devient plus simple, parce que je le comprends différemment, je le place dans un autre contexte. Les exercices permettent d'apprendre ce qu'on est prêt à apprendre, mais ce qu'on n'est pas prêt, c'est impossible. Avec l'évolution, on est prêt, et l'exercice prend une autre résonance. Parfois aussi on dévie un exercice de son objectif, et en évoluant un peu, ou à l'occasion d'un échange en forum, on le redécouvre tel qu'il est. En refaisant, j'apprends mieux.
Mes 7 mois "payés d'avance" sont terminés depuis deux mois. Maintenant, je paie tous les mois, 19 euros. Le parcours alimentaire ne les vaut plus : je l'ai terminé. Je suis dans une boucle, maintenant : je remplis un carnet d'observation, ça me donne un bilan et des exercices que j'ai déjà faits, à approfondir. A l'issue des exercices (ça peut prendre du temps, je ne suis plus pressée), j'ai un autre carnet d'observation, un autre bilan, etc. Le prix de l'abonnement était largement mérité. Pendant 7 mois, j'ai appris énormément, des choses dont je ne soupçonnais pas l'existence (j'en veux encore au soit-disant professionnels de santé qui n'ont jamais pris la peine de m'en parler). Maintenant, ce qui mérite mes 19 euros, c'est l'accès au forum. J'ai besoin d'y participer, d'y lire les participations. Pour voir, je suis allée sur un autre forum, gratuit, créé par une pionnière du "zermatage", comme elle dit. Il est vraiment très bien fait. Mais sur le parcours émotionnel, il ne peut pas faire aussi bien que Linecoaching, avec ce croisement d'anciennes et de nouvelles, en plein dans l'étude de la RPC et des sensations alimentaires.
Bref, je suis pleinement rassurée sur ma crainte de payer pour rien. J'obtiens bien plus que ce que j'espérais !
Je vais bientôt déménager ! Ma maison est presque prête. D'ailleurs, ce "presque"-là m'a causé bien du souci, et m'a permis de faire d'énormes progrès dans mon parcours émotionnel et alimentaire !
dimanche 13 avril 2014
Psychologie Magazine Hors-série
Psychologie magazine vient de sortir un hors-série (n°25, avril-mai-juin, 4.90 euros) sur la méthode de "Maigrir sans régime". Je viens de l'acheter.
Au sommaire quatre "chapitres" avec articles, questions/réponses, témoignages et tests.
- un édito du docteur Apfeldorfer "N'ayez pas peur de manger".
- Chap. 1 : Se libérer de l'obsession du poids : "Maigrir à tout prix... fait grossir", "Comment les régimes m'ont changée", "Etes-vous accro aux régimes ?"
- Chap. 2 : Manger, c'est dans la tête : "Manger, un acte qui humanise", "Ma fille, ses kilos et moi", "Les émotions sont-elles dans votre assiette ?"
- Chap. 3 : Apprendre à écouter son corps : "Faisons confiance à notre intuition", "J'ai testé Linecoaching", "Avez-vous des idées reçues sur la nourriture ?"
- Chap. 4 : Prendre du plaisir à table : "10 conseils pour manger à sa faim", "Faites la paix avec vos aliments tabous", et des recettes.
Il y a des articles de Gérard Apfeldorfer et de Caroline Desages (du blog Pensées by Caro).
Je n'ai que survolé pour le moment, mais ça me semble un excellent magazine à laisser négligemment traîner pour que les copines que les livres rebutent puissent le feuilleter ! Petit format (plus petit que les magazines moyens).
Au passage, en cherchant le magazine, j'ai vu qu'il y avait d'autres magazines qui parlaient de maigrir sans régime (notamment Marie-Claire, et le numéro normal de Psychologies Magazine). Mais ce hors-série ne parle QUE de ça.
samedi 29 mars 2014
Grizzli
27/03
Il y a presque un mois que j'ai écrit le dernier article du blog, qui va paraître demain. Depuis, j'avance sur ce parcours, celui des émotions. Je m'aide énormément du forum de LC.
J'expérimente dans mon corps et dans mon esprit que oui, c'est vrai : ce qui est difficile, c'est la lutte contre les émotions, pas de les ressentir. Quand on accepte de les ressentir (ne serait-ce qu'un peu), le soulagement est exponentiel. Ca ne rend pas les émotions plus faciles à vivre. Mais ça les rend nettement moins lourdes, moins lourdes à porter, moins lourdes en conséquence.
Je le vis en ce moment : je ressens des émotions autrement plus compliquées, nombreuses et effrayantes que la frustration et le sentiment d'injustice : panique, impuissance, l'impression de ne pas être à la hauteur, de ne pas être respectée, la colère, le ras-le-bol, et plein plein plein d'autres. Le déclencheur, c'est un problème lié à notre future maison, qu'on pensait réglé et qui ne l'est pas encore (bientôt, on espère). Ca m'a déclenché tout ça, qui devait être repoussé au fond de moi. J'ai l'impression que d'avoir commencé à accepter de ressentir une émotion, ça m'ouvre les yeux sur les autres. Comme tirer le fil d'un pull, ça entraîne le pull, et à la fin, on est nue et vulnérable.
Et la vulnérabilité, c'est pas facile à accepter, pas pour moi en tous cas.
Mais quand je vois le bouleversement apporté par la panique, je me dis que c'est comme si au lieu de me confronter à une araignée, je préférais batailler avec un grizzli. Les araignées me font peur. (Bon, les grizzlis aussi, même si j'en croise plus rarement.)
Avec la panique, même mes sensations alimentaires ne sont plus là : je rejette la sensation de faim jusqu'à ce qu'elle soit la grande faim, je n'arrive plus à sentir la satiété, et je ne sens plus le plaisir gustatif donc plus le rassasiement non plus. Je dors plus tard, je me réveille plus tôt, je suis moins patiente au boulot, ce qui m'épuise, et avec l'épuisement, les émotions sont exacerbées, et demandent encore plus d'énergie pour lutter contre.
Avec la vulnérabilité, je ne sais pas. Je n'ai pas encore essayé de l'accepter. J'ai juste commencé à accepter qu'il y a ça en moi, et à voir l'ampleur de ce que je peux déployer pour ne pas le ressentir.
Bref, ça ne va pas fort pour le moment, et j'en profite pour avancer dans le parcours émotionnel, sans trop reculer dans le parcours alimentaire.
Ce qui m'aide, ce sont les posts d'une forumeuse de LC qui est en train d'arriver à vivre simplement les émotions en les acceptant. Ca donne de l'espoir, et puis elle explique clairement comment elle arrive à détecter une émotion envahissante et à la laisser prendre sa place en elle, et à vivre avec le temps que dure l'émotion. C'est comme une fiche technique, presque. Ses posts m'aident énormément dans mon "parcours émotionnel" à moi.
Il y a presque un mois que j'ai écrit le dernier article du blog, qui va paraître demain. Depuis, j'avance sur ce parcours, celui des émotions. Je m'aide énormément du forum de LC.
J'expérimente dans mon corps et dans mon esprit que oui, c'est vrai : ce qui est difficile, c'est la lutte contre les émotions, pas de les ressentir. Quand on accepte de les ressentir (ne serait-ce qu'un peu), le soulagement est exponentiel. Ca ne rend pas les émotions plus faciles à vivre. Mais ça les rend nettement moins lourdes, moins lourdes à porter, moins lourdes en conséquence.
Je le vis en ce moment : je ressens des émotions autrement plus compliquées, nombreuses et effrayantes que la frustration et le sentiment d'injustice : panique, impuissance, l'impression de ne pas être à la hauteur, de ne pas être respectée, la colère, le ras-le-bol, et plein plein plein d'autres. Le déclencheur, c'est un problème lié à notre future maison, qu'on pensait réglé et qui ne l'est pas encore (bientôt, on espère). Ca m'a déclenché tout ça, qui devait être repoussé au fond de moi. J'ai l'impression que d'avoir commencé à accepter de ressentir une émotion, ça m'ouvre les yeux sur les autres. Comme tirer le fil d'un pull, ça entraîne le pull, et à la fin, on est nue et vulnérable.
Et la vulnérabilité, c'est pas facile à accepter, pas pour moi en tous cas.
Mais quand je vois le bouleversement apporté par la panique, je me dis que c'est comme si au lieu de me confronter à une araignée, je préférais batailler avec un grizzli. Les araignées me font peur. (Bon, les grizzlis aussi, même si j'en croise plus rarement.)
Avec la panique, même mes sensations alimentaires ne sont plus là : je rejette la sensation de faim jusqu'à ce qu'elle soit la grande faim, je n'arrive plus à sentir la satiété, et je ne sens plus le plaisir gustatif donc plus le rassasiement non plus. Je dors plus tard, je me réveille plus tôt, je suis moins patiente au boulot, ce qui m'épuise, et avec l'épuisement, les émotions sont exacerbées, et demandent encore plus d'énergie pour lutter contre.
Avec la vulnérabilité, je ne sais pas. Je n'ai pas encore essayé de l'accepter. J'ai juste commencé à accepter qu'il y a ça en moi, et à voir l'ampleur de ce que je peux déployer pour ne pas le ressentir.
Bref, ça ne va pas fort pour le moment, et j'en profite pour avancer dans le parcours émotionnel, sans trop reculer dans le parcours alimentaire.
Ce qui m'aide, ce sont les posts d'une forumeuse de LC qui est en train d'arriver à vivre simplement les émotions en les acceptant. Ca donne de l'espoir, et puis elle explique clairement comment elle arrive à détecter une émotion envahissante et à la laisser prendre sa place en elle, et à vivre avec le temps que dure l'émotion. C'est comme une fiche technique, presque. Ses posts m'aident énormément dans mon "parcours émotionnel" à moi.
vendredi 28 mars 2014
Caliméro en pleine tentative de défusion
9/03
J'ai terminé pour le moment de publier les posts que j'ai écrit dans le forum.
En ce moment, je suis toujours sous le coup du dernier. Ça m'avait vraiment destabilisée, cette EME déguisée en faim. Trois jours après mon post en forum, j'ai toujours cette impression d'avoir une toute petite faim très très vite satisfaite. Je fractionne énormément, et j'ajoute toujours une note de réconfort à mes repas, parce que ça n'est vraiment pas un ressenti facile à accepter.
Il y a déjà quelques mois, quand j'ai découvert que mon appétit était beaucoup plus petit que ce que je croyais, ça m'avait déjà embêtée. Mais là, en ce moment, il est devenu encore plus petit. C'est assez frustrant (du coup, j'en profite pour explorer la frustration !).
Maintenant, ça fait trois jours, je ne suis plus aussi déstabilisée, je me suis adaptée. Ça me fait encore râler, mais je n'attends pas que ça disparaisse - parce que si ça se trouve, ça ne va pas disparaître. J'organise mon alimentation en fonction de ce tout petit appétit, je suis le plus à l'écoute possible de mes appétits spécifiques. Hier, il y avait des épinards, du gratin pomme de terre-chou fleur-béchamel et un croque-monsieur. Je n'avais pas faim. J'ai attendu.
Et elle est arrivée, avec une intense envie de maquereau en boîte. J'avais le goût dans la bouche tellement j'en avais envie. Du coup, j'ai rangé le gratin, j'ai mangé les quelques bouchées d'épinards qui restaient, oublié le croque-monsieur, et je me suis régalée avec la boîte de maquereau (citron basilic, sans huile - et heureusement, parce qu'avec de l'huile, ça m'aurait calée trop vite, sans pouvoir me régaler complètement avec le poisson !) et du pain.
A la fin, il me restait un tout petit peu de faim. J'ai choisi de la dépasser en mangeant un dessert (tartelette chocolat coco, au rayon frais, à côté des yaourts). Je l'ai dégusté. C'était moins bon que le maquereau (vraiment moins bon !), mais j'avais besoin de me réconforter avec un produit sucré.
Je pense qu'en ce moment, ce qui me pose problème, ce n'est pas ce tout petit appétit frustrant. La frustration ne me fait plus manger en ce moment, pas quand je la reconnais. Là, ce qui me gêne, c'est surtout le sentiment d'injustice.
Du coup, je vais tenter (expérimentalement) la défusion. Il y a un fil qui en parle, dans le forum. En gros (je résume vaguement, hein, mais peut-être que j'achèterai le livre dont parle la forumeuse), ça revient à identifier une pensée ou une émotion qui tourne en boucle dans notre tête, et à lui donner un nom, à se répéter tout ça avec une voix rigolote, à se le chanter sur un air connu. La prochaine fois que la pensée ou l'émotion revient, on la salue, on la reconnaît, on lui met son étiquette, et on continue le fil de sa vie.
Ça permet de prendre conscience de la distance entre l'émotion ou la pensée et la réalité. La réalité, c'est que voilà, j'ai un tout petit appétit en ce moment. L'émotion, c'est que je trouve ça vraiment trop injuste. Et ma voix rigolote, ben ça va être Caliméro ! La prochaine fois que je ressens ça, j'essaierai de me dire "Tiens, Caliméro vient me faire un petit coucou !" Et je verrai bien si ça fonctionne.
C'est vraiment trop injuste que mon appétit soit tout petit alors que d'autres personnes peuvent se régaler de grandes assiettes, avoir de la faim tout au long du repas, et même profiter d'un goûter entre le repas de midi et celui du soir sans compromettre leur faim du soir.
C'est vraiment trop injuste que je doive décortiquer mes émotions alors que d'autres se contentent de les vivre, de les ressentir pour ce qu'elles sont.
C'est vraiment trop injuste que je doive fractionner de plus en plus pour retrouver une compétence que d'autres ont naturellement et que j'étais toute heureuse d'avoir à mon tour : l'appétit prévisionnel, la capacité à doser sa prise alimentaire (plus ou moins instinctivement) pour permettre à la faim de se déclencher à l'heure du repas. Je savais le faire avec mon appétit de la semaine dernière, je ne sais plus le faire avec ce nouvel appétit qui menace de s'installer durablement.
C'est vraiment trop injuste de penser que peut-être, je vais faire partie de ces tout petits appétits dont parlent le Dr Apfeldorfer et le Dr Zermati, qui ont si peu faim que leurs prises alimentaires ne suffisent pas à couvrir leurs besoins, et qui doivent prendre des compléments alimentaires pour compenser.
C'est vraiment trop injuste !
(Je ne sais pas si ça va marcher, mais en tous cas, j'ai trouvé l'expérience drôle, et ça m'a soulagée d'écrire tout ça !)
J'ai terminé pour le moment de publier les posts que j'ai écrit dans le forum.
En ce moment, je suis toujours sous le coup du dernier. Ça m'avait vraiment destabilisée, cette EME déguisée en faim. Trois jours après mon post en forum, j'ai toujours cette impression d'avoir une toute petite faim très très vite satisfaite. Je fractionne énormément, et j'ajoute toujours une note de réconfort à mes repas, parce que ça n'est vraiment pas un ressenti facile à accepter.
Il y a déjà quelques mois, quand j'ai découvert que mon appétit était beaucoup plus petit que ce que je croyais, ça m'avait déjà embêtée. Mais là, en ce moment, il est devenu encore plus petit. C'est assez frustrant (du coup, j'en profite pour explorer la frustration !).
Maintenant, ça fait trois jours, je ne suis plus aussi déstabilisée, je me suis adaptée. Ça me fait encore râler, mais je n'attends pas que ça disparaisse - parce que si ça se trouve, ça ne va pas disparaître. J'organise mon alimentation en fonction de ce tout petit appétit, je suis le plus à l'écoute possible de mes appétits spécifiques. Hier, il y avait des épinards, du gratin pomme de terre-chou fleur-béchamel et un croque-monsieur. Je n'avais pas faim. J'ai attendu.
Et elle est arrivée, avec une intense envie de maquereau en boîte. J'avais le goût dans la bouche tellement j'en avais envie. Du coup, j'ai rangé le gratin, j'ai mangé les quelques bouchées d'épinards qui restaient, oublié le croque-monsieur, et je me suis régalée avec la boîte de maquereau (citron basilic, sans huile - et heureusement, parce qu'avec de l'huile, ça m'aurait calée trop vite, sans pouvoir me régaler complètement avec le poisson !) et du pain.
A la fin, il me restait un tout petit peu de faim. J'ai choisi de la dépasser en mangeant un dessert (tartelette chocolat coco, au rayon frais, à côté des yaourts). Je l'ai dégusté. C'était moins bon que le maquereau (vraiment moins bon !), mais j'avais besoin de me réconforter avec un produit sucré.
Je pense qu'en ce moment, ce qui me pose problème, ce n'est pas ce tout petit appétit frustrant. La frustration ne me fait plus manger en ce moment, pas quand je la reconnais. Là, ce qui me gêne, c'est surtout le sentiment d'injustice.
Du coup, je vais tenter (expérimentalement) la défusion. Il y a un fil qui en parle, dans le forum. En gros (je résume vaguement, hein, mais peut-être que j'achèterai le livre dont parle la forumeuse), ça revient à identifier une pensée ou une émotion qui tourne en boucle dans notre tête, et à lui donner un nom, à se répéter tout ça avec une voix rigolote, à se le chanter sur un air connu. La prochaine fois que la pensée ou l'émotion revient, on la salue, on la reconnaît, on lui met son étiquette, et on continue le fil de sa vie.
Ça permet de prendre conscience de la distance entre l'émotion ou la pensée et la réalité. La réalité, c'est que voilà, j'ai un tout petit appétit en ce moment. L'émotion, c'est que je trouve ça vraiment trop injuste. Et ma voix rigolote, ben ça va être Caliméro ! La prochaine fois que je ressens ça, j'essaierai de me dire "Tiens, Caliméro vient me faire un petit coucou !" Et je verrai bien si ça fonctionne.
C'est vraiment trop injuste que mon appétit soit tout petit alors que d'autres personnes peuvent se régaler de grandes assiettes, avoir de la faim tout au long du repas, et même profiter d'un goûter entre le repas de midi et celui du soir sans compromettre leur faim du soir.
C'est vraiment trop injuste que je doive décortiquer mes émotions alors que d'autres se contentent de les vivre, de les ressentir pour ce qu'elles sont.
C'est vraiment trop injuste que je doive fractionner de plus en plus pour retrouver une compétence que d'autres ont naturellement et que j'étais toute heureuse d'avoir à mon tour : l'appétit prévisionnel, la capacité à doser sa prise alimentaire (plus ou moins instinctivement) pour permettre à la faim de se déclencher à l'heure du repas. Je savais le faire avec mon appétit de la semaine dernière, je ne sais plus le faire avec ce nouvel appétit qui menace de s'installer durablement.
C'est vraiment trop injuste de penser que peut-être, je vais faire partie de ces tout petits appétits dont parlent le Dr Apfeldorfer et le Dr Zermati, qui ont si peu faim que leurs prises alimentaires ne suffisent pas à couvrir leurs besoins, et qui doivent prendre des compléments alimentaires pour compenser.
C'est vraiment trop injuste !
(Je ne sais pas si ça va marcher, mais en tous cas, j'ai trouvé l'expérience drôle, et ça m'a soulagée d'écrire tout ça !)
jeudi 27 mars 2014
Un appétit tout petit petit
Ecrit sur le fil "Accueillir un ressenti désagréable" du forum de Linecoaching.
6/03
J'essaie de le faire, en ce moment : de me faire assez grande à l'intérieur pour pouvoir accueillir un ressenti désagréable, et assez poreuse pour qu'il puisse entrer et sortir.
Avant, je me crispais, pour être sûre qu'il ne rentre pas (sauf que comme il est déjà dedans, déguisé en EME, il vaut mieux entrouvrir la porte pour qu'il puisse sortir quand ça sera le moment pour lui de sortir !)
Mon ressenti désagréable, c'est que j'ai eu faim, il y a deux soir, et qu'en fait, ce n'était pas de la faim.
J'avais mangé normalement à midi (enfin, normalement depuis LC), et en principe, ma faim se déclenche à peu près à l'heure du repas. Là, une vague petite faim. Donc j'ai attendu. Quand elle m'a paru être la bonne faim, j'ai mangé. Mais rien n'avait de goût, ni le léger ni le gras sucré. Au final, c'est comme si ma faim avait disparu en deux minutes, comme si je n'avais aucune envie particulière, sauf celle de manger. Ça m'a déstabilisée, et j'ai continué à manger.
Le lendemain, j'ai fractionné un peu plus, et ça a fait la même chose. Mais j'ai moins mangé, parce que comme j'attendais un peu cette impression de disparition subite de la faim, de fausse faim, du coup, j'étais inconfortable mais pas déstabilisée.
Hier, du coup, je me suis organisée différemment. Je me suis laissée aller à me fier au rassasiement gustatif à midi, ce qui a fractionné drastiquement : un morceau de chou-fleur cru avec du fromage blanc et de la moutarde, un yaourt, et un carré de chocolat pour me réconforter de ne pas avoir plus faim que ça, j'ai respiré pour accueillir tout ça, l'impression d'avoir fait un repas vraiment trop léger, mais d'être contente de m'être écoutée.
Le soir, la faim est arrivée, indéniable, la vraie, qui ne disparaît pas si vite que ça. Je me suis servie des petites portions, mais j'ai quand même eu l'impression de dépasser ma faim très vite. Comme j'ai dégusté, j'ai pu ne pas céder entièrement à l'EME de fin de repas. Quand j'ai senti que j'étais en train de la satisfaire, cette EME, j'ai reposé la moitié restante du yaourt et j'ai pris du chocolat, pour me réconforter. J'ai mangé tout le carré, alors que la moitié avait suffi à me réconforter. Du coup, ça a un peu cassé le réconfort, j'ai de nouveau eu cette impression de limitation, de ne pas pouvoir assez manger. J'ai respiré, en constatant que ça n'était pas une limitation extérieure, comme pour un régime, mais intérieure, liée à ma faim.
Ce qui m'a le plus inquiétée, c'est cette faim du premier soir qui ressemblait à la bonne faim, en plus fugitive cependant, et surtout sans appétit spécifique, et sans goût des aliments. Je croyais bien connaître la faim.
Je suppose que mon corps régule ce que j'ai mangé avec faim pendant les règles. J'ai toujours davantage faim, à cette période. C'est peut-être pour ça que j'ai moins faim maintenant.
En tous cas, c'est un grand pas, pour moi, d'avoir la démarche d'accueillir mon impression désagréable plutôt que de simplement me lamenter intérieurement de la ressentir, ou de la nier en positivant. C'est encore une démarche titubante, mais c'est totalement nouveau.
6/03
J'essaie de le faire, en ce moment : de me faire assez grande à l'intérieur pour pouvoir accueillir un ressenti désagréable, et assez poreuse pour qu'il puisse entrer et sortir.
Avant, je me crispais, pour être sûre qu'il ne rentre pas (sauf que comme il est déjà dedans, déguisé en EME, il vaut mieux entrouvrir la porte pour qu'il puisse sortir quand ça sera le moment pour lui de sortir !)
Mon ressenti désagréable, c'est que j'ai eu faim, il y a deux soir, et qu'en fait, ce n'était pas de la faim.
J'avais mangé normalement à midi (enfin, normalement depuis LC), et en principe, ma faim se déclenche à peu près à l'heure du repas. Là, une vague petite faim. Donc j'ai attendu. Quand elle m'a paru être la bonne faim, j'ai mangé. Mais rien n'avait de goût, ni le léger ni le gras sucré. Au final, c'est comme si ma faim avait disparu en deux minutes, comme si je n'avais aucune envie particulière, sauf celle de manger. Ça m'a déstabilisée, et j'ai continué à manger.
Le lendemain, j'ai fractionné un peu plus, et ça a fait la même chose. Mais j'ai moins mangé, parce que comme j'attendais un peu cette impression de disparition subite de la faim, de fausse faim, du coup, j'étais inconfortable mais pas déstabilisée.
Hier, du coup, je me suis organisée différemment. Je me suis laissée aller à me fier au rassasiement gustatif à midi, ce qui a fractionné drastiquement : un morceau de chou-fleur cru avec du fromage blanc et de la moutarde, un yaourt, et un carré de chocolat pour me réconforter de ne pas avoir plus faim que ça, j'ai respiré pour accueillir tout ça, l'impression d'avoir fait un repas vraiment trop léger, mais d'être contente de m'être écoutée.
Le soir, la faim est arrivée, indéniable, la vraie, qui ne disparaît pas si vite que ça. Je me suis servie des petites portions, mais j'ai quand même eu l'impression de dépasser ma faim très vite. Comme j'ai dégusté, j'ai pu ne pas céder entièrement à l'EME de fin de repas. Quand j'ai senti que j'étais en train de la satisfaire, cette EME, j'ai reposé la moitié restante du yaourt et j'ai pris du chocolat, pour me réconforter. J'ai mangé tout le carré, alors que la moitié avait suffi à me réconforter. Du coup, ça a un peu cassé le réconfort, j'ai de nouveau eu cette impression de limitation, de ne pas pouvoir assez manger. J'ai respiré, en constatant que ça n'était pas une limitation extérieure, comme pour un régime, mais intérieure, liée à ma faim.
Ce qui m'a le plus inquiétée, c'est cette faim du premier soir qui ressemblait à la bonne faim, en plus fugitive cependant, et surtout sans appétit spécifique, et sans goût des aliments. Je croyais bien connaître la faim.
Je suppose que mon corps régule ce que j'ai mangé avec faim pendant les règles. J'ai toujours davantage faim, à cette période. C'est peut-être pour ça que j'ai moins faim maintenant.
En tous cas, c'est un grand pas, pour moi, d'avoir la démarche d'accueillir mon impression désagréable plutôt que de simplement me lamenter intérieurement de la ressentir, ou de la nier en positivant. C'est encore une démarche titubante, mais c'est totalement nouveau.
mercredi 26 mars 2014
Rencontre du troisième type
Ecrit dans le fil "Quels sont vos aliments tabous ?" du forum Linecoaching.
Une forumeuse avait parlé de l'acceptation de la frustration. J'avais soudain compris comment je pouvais l'aborder : comme une dégustation. Jusqu'alors, j'acceptais de ressentir de la frustration, mais pas à fond. J'acceptais qu'elle soit en moi, mais je ne me laissais pas aller à la ressentir. L'envisager comme une dégustation, comme un "objet" à observer, à sentir, à goûter dans les moindres détails, c'est plus sécurisant pour moi que de me dire de me laisser aller à la ressentir. Et j'y suis arrivée ! Bon, après, c'est sûr, ça ressemble un peu à une expérience mystique. Mais c'est comme ça que je l'ai ressentie. Une expédition de l'extrême !)
1/03
Je l'ai fait ! J'ai vu ma frustration !
Après un bon repas, qui a comblé deux appétits spécifiques forts (riz et tomates), j'ai pris un de mes desserts industriels (bon, mais moins que la sauce tomate dont je rêvais depuis hier soir). Je ne suis pas sûre que j'avais encore assez faim pour le terminer, mais je l'ai terminé. Au moment de ranger la table, en ouvrant le frigo, j'ai vu le brownie. J'en ai eu une violente envie. Mais j'étais satisfaite de mon repas, je n'avais plus faim, et pas envie de céder à mon EME. J'ai refermé le frigo.
Mais l'idée du brownie m'a un peu taraudée. C'est comme un refrain agaçant dont on ne peut pas se débarrasser.
J'ai repensé à cette discussion, sur la dégustation de la frustration, et je me suis dit qu'il allait falloir que je le fasse, un de ces jours. Et là, paf, ça s'est fait tout seul. J'ai pris conscience de ma respiration (comme un réflexe : on va aborder la tempête, il faut trouver l'ancre !), j'ai nommé la frustration, mais c'était flou, comme nommer une vague impression de brouillard. J'ai essayé de m'ouvrir, pour mieux voir, mieux ressentir, me laisser traverser. Et tout d'un coup, j'étais dedans, ça n'était pas agréable, j'avais surtout peur que ça s'amplifie, mais je suis restée "dedans". C'était comme un creux dans la poitrine et un vide dans la mâchoire, et une retenue dans la tête, parce que j'avais un peu peur (la frustration, dans un régime, c'était un signe que ça commençait à sentir le crâmé pour la motivation).
Et j'ai eu l'impression d'échanger un regard avec ma frustration, comme rencontrer un lapin au détour d'un sentier en forêt, ça surprend le promeneur et le lapin. C'était assez bizarre. J'ai porté mon attention sur ça, et en fait, il ne restait plus rien, que de l'étonnement.
J'ai mis un dvd, mais mon attention restait sur ma respiration, j'ai ressenti le besoin d'aller faire une RPC formelle. Oublié, le brownie. Et là, je n'en ai pas envie. Ca reviendra. Mais ce n'est pas grave : j'ai regardé ma frustration, je ne l'ai pas attaquée, niée, je ne l'ai pas temporisée, je n'ai pas essayé de la satisfaire, je l'ai juste regardée. Je suis encore loin de la déguster, mais c'est déjà pas mal !
Et bon, finalement, loin du lion dévastateur, c'est un lapin. Bon, après, je me méfie des lapins. Je me souviens d'un film des Monty Python où le lapin était redoutable !
Je n'irai pas jusqu'à dire que c'était une bonne expérience, mais c'était étrange. Je pense que je n'aurai pas trop peur de renouveler.
(Et sinon, y a des psychotropes, dans les tomates-aubergines en boîtes ?)
_______________________
Depuis, je rencontre ma frustration tous les jours. Ca n'est pas aussi intense que la première fois. Parfois, je ne l'observe pas aussi intensément - parce que ça reste une émotion pas agréable. Elle devient plus familière. Souvent, je l'accepte. Depuis, je mange vraiment moins. Je ne sais pas si ça va durer ou si c'est juste en ce moment. Ça me fait un peu râler. Je mangeais déjà peu, je mange encore moins. Du coup, ça me frustre. Mais maintenant, je connais ma frustration. Je n'en ai plus peur. Je râle, mais je ne la crains pas, je n'ai plus besoin de la recouvrir avec de la nourriture, je me laisse la ressentir, elle n'est pas dangereuse. C'est mon envie de la nier qui est dangereuse. J'ai d'autres émotions à rencontrer, que je recouvre encore, mais pour le moment, depuis ce jour (j'écris ça le 9 mars, donc ça fait 9 jours) je ne recouvre pas la frustration avec de la nourriture. Quand je la rencontre, au détour d'un repas, je l'observe. La frustration ne fait pas manger sans faim. C'est le fait de la nier qui fait manger sans faim. M'enfin, je n'en suis pas à me laisser entièrement aller à la ressentir. J'ai toujours un petit sursaut, un petit mouvement intérieur de recul, exactement comme quand on voit un lapin au détour d'un sentier.
Une forumeuse avait parlé de l'acceptation de la frustration. J'avais soudain compris comment je pouvais l'aborder : comme une dégustation. Jusqu'alors, j'acceptais de ressentir de la frustration, mais pas à fond. J'acceptais qu'elle soit en moi, mais je ne me laissais pas aller à la ressentir. L'envisager comme une dégustation, comme un "objet" à observer, à sentir, à goûter dans les moindres détails, c'est plus sécurisant pour moi que de me dire de me laisser aller à la ressentir. Et j'y suis arrivée ! Bon, après, c'est sûr, ça ressemble un peu à une expérience mystique. Mais c'est comme ça que je l'ai ressentie. Une expédition de l'extrême !)
1/03
Je l'ai fait ! J'ai vu ma frustration !
Après un bon repas, qui a comblé deux appétits spécifiques forts (riz et tomates), j'ai pris un de mes desserts industriels (bon, mais moins que la sauce tomate dont je rêvais depuis hier soir). Je ne suis pas sûre que j'avais encore assez faim pour le terminer, mais je l'ai terminé. Au moment de ranger la table, en ouvrant le frigo, j'ai vu le brownie. J'en ai eu une violente envie. Mais j'étais satisfaite de mon repas, je n'avais plus faim, et pas envie de céder à mon EME. J'ai refermé le frigo.
Mais l'idée du brownie m'a un peu taraudée. C'est comme un refrain agaçant dont on ne peut pas se débarrasser.
J'ai repensé à cette discussion, sur la dégustation de la frustration, et je me suis dit qu'il allait falloir que je le fasse, un de ces jours. Et là, paf, ça s'est fait tout seul. J'ai pris conscience de ma respiration (comme un réflexe : on va aborder la tempête, il faut trouver l'ancre !), j'ai nommé la frustration, mais c'était flou, comme nommer une vague impression de brouillard. J'ai essayé de m'ouvrir, pour mieux voir, mieux ressentir, me laisser traverser. Et tout d'un coup, j'étais dedans, ça n'était pas agréable, j'avais surtout peur que ça s'amplifie, mais je suis restée "dedans". C'était comme un creux dans la poitrine et un vide dans la mâchoire, et une retenue dans la tête, parce que j'avais un peu peur (la frustration, dans un régime, c'était un signe que ça commençait à sentir le crâmé pour la motivation).
Et j'ai eu l'impression d'échanger un regard avec ma frustration, comme rencontrer un lapin au détour d'un sentier en forêt, ça surprend le promeneur et le lapin. C'était assez bizarre. J'ai porté mon attention sur ça, et en fait, il ne restait plus rien, que de l'étonnement.
J'ai mis un dvd, mais mon attention restait sur ma respiration, j'ai ressenti le besoin d'aller faire une RPC formelle. Oublié, le brownie. Et là, je n'en ai pas envie. Ca reviendra. Mais ce n'est pas grave : j'ai regardé ma frustration, je ne l'ai pas attaquée, niée, je ne l'ai pas temporisée, je n'ai pas essayé de la satisfaire, je l'ai juste regardée. Je suis encore loin de la déguster, mais c'est déjà pas mal !
Et bon, finalement, loin du lion dévastateur, c'est un lapin. Bon, après, je me méfie des lapins. Je me souviens d'un film des Monty Python où le lapin était redoutable !
Je n'irai pas jusqu'à dire que c'était une bonne expérience, mais c'était étrange. Je pense que je n'aurai pas trop peur de renouveler.
(Et sinon, y a des psychotropes, dans les tomates-aubergines en boîtes ?)
_______________________
Depuis, je rencontre ma frustration tous les jours. Ca n'est pas aussi intense que la première fois. Parfois, je ne l'observe pas aussi intensément - parce que ça reste une émotion pas agréable. Elle devient plus familière. Souvent, je l'accepte. Depuis, je mange vraiment moins. Je ne sais pas si ça va durer ou si c'est juste en ce moment. Ça me fait un peu râler. Je mangeais déjà peu, je mange encore moins. Du coup, ça me frustre. Mais maintenant, je connais ma frustration. Je n'en ai plus peur. Je râle, mais je ne la crains pas, je n'ai plus besoin de la recouvrir avec de la nourriture, je me laisse la ressentir, elle n'est pas dangereuse. C'est mon envie de la nier qui est dangereuse. J'ai d'autres émotions à rencontrer, que je recouvre encore, mais pour le moment, depuis ce jour (j'écris ça le 9 mars, donc ça fait 9 jours) je ne recouvre pas la frustration avec de la nourriture. Quand je la rencontre, au détour d'un repas, je l'observe. La frustration ne fait pas manger sans faim. C'est le fait de la nier qui fait manger sans faim. M'enfin, je n'en suis pas à me laisser entièrement aller à la ressentir. J'ai toujours un petit sursaut, un petit mouvement intérieur de recul, exactement comme quand on voit un lapin au détour d'un sentier.
mardi 25 mars 2014
Se réconforter pendant les règles
Ecrit sur le fil "La gonflitude", sur le forum de Linecoaching.
Il est consacré aux inconforts et à la prise de poids liés aux règles. Une forumeuse avait suggéré une sorte de défi : se chouchouter. J'avais dit que lors de mes prochaines règles, je comptais me réconforter avec une barre chocolatée. J'avais compris, lors des précédentes, que j'avais eu du mal à me réconforter avec de la nourriture, ce qui m'avait conduite à en manger trop. Donc là, je voulais refaire l'exercice du réconfort alimentaire sur une barre chocolatée. J'ai acheté un sachet de "Célébrations", parce qu'une barre entière, ça ne me disait rien. Mais je voulais réussir à me réconforter avec de la nourriture. Et j'ai réussi !
27/02
Retour du boulot avec mal au ventre, et très faim et une grande envie de réconfort. Du coup, j'en ai profité pour mettre en oeuvre mon projet de me reconforter pour de vrai avec une mini-barre chocolatée. C'était le format "Célébration". J'ai choisi un Snickers. J'avais faim, mais il n'était pas aussi bon que je m'y attendais. J'ai dégusté pour de vrai, 10 sur l'échelle de dégustation, j'ai laissé fondre ce qui pouvait fondre, et croqué ce qui pouvait être croqué. Il n'était pas aussi bon que je m'y attendais, mais je me suis régalée quand même de la sensation de bien-être. Je n'ai pas pris une autre mini-barre, et au cas où. Pour me permettre d'y réfléchir à deux fois, j'avais rangé le reste dans le placard.
Une heure plus tard, j'avais aussi faim qu'en rentrant du boulot. Du coup, j'ai avancé mon dîner d'une heure. Choucroute, comté et cheese-cake Gü vanille chocolat. Pas le truc léger, quoi, mais je m'en suis délectée, tout était délicieux jusqu'au bout des portions que je me suis servies. Ça va faire deux heures et demie, et je me sens bien, je n'ai pas l'impression d'avoir trop mangé, juste de ne pas avoir laissé de petite place.
Au final, mon réconfort avec la barre chocolatée a bien marché, mais il ne m'a pas réconfortée et satisfaite autant que mon repas. C'est peut-être parce que j'avais vraiment faim.
J'ai aussi eu envie d'essayer un moment pour moi, style massage du visage, du ventre ou des pieds, en rentrant du boulot. Mais j'avais trop faim. Une autre fois, peut-être.
_____________________
D'ailleurs, j'y pense... mon sachet de "Célébrations" est toujours dans le placard ! Depuis, j'ai remangé deux ou trois bonbons, et puis je l'ai oublié. C'est bon, quand je me rends compte que je peux avoir des aliments comme ça chez moi sans compulser dessus !
Le lendemain, j'ai eu aussi besoin de réconfort, mais je n'avais pas encore très faim, et pas envie de compromettre ma faim du dîner. J'ai choisi le réconfort par la chaleur du radiateur soufflant. Un moment délicieux après une journée froide et pluvieuse !
Il est consacré aux inconforts et à la prise de poids liés aux règles. Une forumeuse avait suggéré une sorte de défi : se chouchouter. J'avais dit que lors de mes prochaines règles, je comptais me réconforter avec une barre chocolatée. J'avais compris, lors des précédentes, que j'avais eu du mal à me réconforter avec de la nourriture, ce qui m'avait conduite à en manger trop. Donc là, je voulais refaire l'exercice du réconfort alimentaire sur une barre chocolatée. J'ai acheté un sachet de "Célébrations", parce qu'une barre entière, ça ne me disait rien. Mais je voulais réussir à me réconforter avec de la nourriture. Et j'ai réussi !
27/02
Retour du boulot avec mal au ventre, et très faim et une grande envie de réconfort. Du coup, j'en ai profité pour mettre en oeuvre mon projet de me reconforter pour de vrai avec une mini-barre chocolatée. C'était le format "Célébration". J'ai choisi un Snickers. J'avais faim, mais il n'était pas aussi bon que je m'y attendais. J'ai dégusté pour de vrai, 10 sur l'échelle de dégustation, j'ai laissé fondre ce qui pouvait fondre, et croqué ce qui pouvait être croqué. Il n'était pas aussi bon que je m'y attendais, mais je me suis régalée quand même de la sensation de bien-être. Je n'ai pas pris une autre mini-barre, et au cas où. Pour me permettre d'y réfléchir à deux fois, j'avais rangé le reste dans le placard.
Une heure plus tard, j'avais aussi faim qu'en rentrant du boulot. Du coup, j'ai avancé mon dîner d'une heure. Choucroute, comté et cheese-cake Gü vanille chocolat. Pas le truc léger, quoi, mais je m'en suis délectée, tout était délicieux jusqu'au bout des portions que je me suis servies. Ça va faire deux heures et demie, et je me sens bien, je n'ai pas l'impression d'avoir trop mangé, juste de ne pas avoir laissé de petite place.
Au final, mon réconfort avec la barre chocolatée a bien marché, mais il ne m'a pas réconfortée et satisfaite autant que mon repas. C'est peut-être parce que j'avais vraiment faim.
J'ai aussi eu envie d'essayer un moment pour moi, style massage du visage, du ventre ou des pieds, en rentrant du boulot. Mais j'avais trop faim. Une autre fois, peut-être.
_____________________
D'ailleurs, j'y pense... mon sachet de "Célébrations" est toujours dans le placard ! Depuis, j'ai remangé deux ou trois bonbons, et puis je l'ai oublié. C'est bon, quand je me rends compte que je peux avoir des aliments comme ça chez moi sans compulser dessus !
Le lendemain, j'ai eu aussi besoin de réconfort, mais je n'avais pas encore très faim, et pas envie de compromettre ma faim du dîner. J'ai choisi le réconfort par la chaleur du radiateur soufflant. Un moment délicieux après une journée froide et pluvieuse !
lundi 24 mars 2014
Aliments tabous mon amour
Ecrit sur le fil "Quels sont vos aliments tabous" du forum Linecoaching.
26/02
J'envisage petit à petit une panoplie de trucs à faire, pour mes aliments tabous, quand ils apparaissent. J'en pratique certains, et les autres, je me dis que si j'en ai besoin, je peux le faire.
- En avoir toujours à la maison, au moins une petite quantité (ce n'est pas un bon conseil pour tout le monde, ça, mais pour moi, c'est un besoin, celui de bien me montrer que je ne suis pas au régime)
- Prévoir (ou improviser !) un repas où je ne mange que ça, un peu comme pendant l'étape sur le rassasiement gustatif, et si je dépasse le rassasiement, eh ben tant pis, j'attends ma prochaine faim
- Si j'ai envie d'un repas ET de ça, alors je me laisse une très grande place pour le dessert (en général, ce sont des desserts, mes grosses envies), en me servant de micro-portions du reste, et en dégustant les micro-portions, un peu comme dans l'étape du fractionnement
- Être attentive au rassasiement gustatif, mais ne pas me mettre la pression pour le respecter. Juste le sentir, et ensuite me permettre de continuer à manger si je le souhaite. Explorer ce qui se passe après le rassasiement, me montrer encore une fois, et encore et encore, si besoin, bouchée par bouchée, que ça devient moins bon (comme quand on éduque un enfant, on répète beaucoup). Observer ma réticence à aller jusqu'à l’écœurement. J'ai vu que parfois, juste un peu avant d'arriver au rassasiement gustatif, j'accélère, comme si de manger plus vite allait me permettre de le semer pour manger davantage. Mais ensuite, je ralentis, parce que je n'ai pas envie de m’écœurer (je l'ai fait avec de la pâte spéculoos, et depuis, je n'ai plus eu envie de spéculoos, alors que j'aimais ça. Pas envie de me dégoûter d'autre chose !). C'est pour ça, je pense, que je dépasse mon rassasiement en mangeant un dessert entier, mais que je n'ai jamais eu l'envie (pour le moment) d'en prendre un deuxième (alors qu'avant LC, si).
- Observer le moment où j'ai vraiment envie d'un autre aliment. Ça arrive toujours. L'envie du dessert se fait moins présente, puisque je l'ai déjà sous la main ou dans la bouche. Et l'envie d'autre chose apparaît. L'envie du dessert reviendra (et c'est tant mieux, puisque c'est bon !), plus tard. Ça me montre que ça n'est pas une malédiction, que les envies vont et viennent, que mon corps veille au grain, et que j'arrive à l'écouter, même si j'ai pu faire la sourde oreille un peu avant.
- Me dire la vérité. Ça, c'est super difficile. Tout à l'heure, je me suis régalée de mon repas, j'ai choisi de ne pas prendre de dessert pour profiter du fromage avec mon reste de faim gardé exprès pour un gâteau. Et en rangeant la table, devant le gâteau, j'ai ressenti comme une petite faim. Sauf que ça n'était pas de la faim. J'ai eu du mal à me résoudre à me dire la vérité. J'avais presque la main sur le couteau pour m'en couper une tranchette. Je dis rarement des mensonges (le jour où j'ai découvert que je pouvais si bien mentir que je réussissais à m'enfermer dans le mensonge, que même ma mère ne pouvait pas le déceler, j'ai arrêté net !), mais je me mens à moi-même couramment. Me dire la vérité, c'est très dur, ça demande une certaine vigilance, et beaucoup de bienveillance (finis les "Ouais, t'as encore envie d'un gâteau, tu ne maigriras jamais ! C'est trop difficile !", maintenant, je me dis des "Bon, j'ai envie d'un gâteau, et même, carrément, je vais le manger. Mais quand j'aurai faim, il sera meilleur, ou sans faim, si je veux, mais dans un petit moment". Je n'en suis pas encore à me donner du "Pattie chérie", mais ça ne saurait tarder !
).
- Me laisser une demi-heure. Pour ma tranchette de tout à l'heure, je me suis dit : "une demi-heure", et j'ai respiré (une fois, ça suffit, en général). Depuis que je ne me dis plus "NON", que je me dis : "dans une demi-heure, si c'était vraiment de la faim, ou si j'en ai encore envie, même sans faim, mais dans une demi-heure, je peux attendre une demi-heure, je ne vais pas en mourir", ça va mieux.
C'est vraiment comme disait une forumeuse : je fais comme si j'étais mon enfant; mais je manque d'expérience, parce que je ne suis pas maman ! Mais en tous cas, pour le moment, le mensonge à moi-même est le plus difficile à gérer, parce que ça me partage en deux, voire en trois : l'enfant qui ment, l'adulte impitoyable qui le voit et accuse ou ne dit rien, et celle que je deviens, qui parvient parfois à rassurer l'enfant et à calmer l'adulte (et parfois non ! mais ce n'est pas si grave, puisque parfois oui, alors qu'avant : jamais !).
En tous cas, je prends une piste de travail, dans ce fil : je n'arrive pas à accepter la frustration facilement (voire, en fait, je n'y arrive pas), sauf en temporisant ("une demi-heure !"). Mais peut-être que je peux l'examiner, l'observer sous toutes ses coutures. Quand j'ai lu cette suggestion, j'ai eu l'image d'une dégustation : déguster sa frustration, comme on peut déguster un aliment pas forcément délicieux. Ça, je crois que je peux, au moins en partie, petit à petit.
26/02
J'envisage petit à petit une panoplie de trucs à faire, pour mes aliments tabous, quand ils apparaissent. J'en pratique certains, et les autres, je me dis que si j'en ai besoin, je peux le faire.
- En avoir toujours à la maison, au moins une petite quantité (ce n'est pas un bon conseil pour tout le monde, ça, mais pour moi, c'est un besoin, celui de bien me montrer que je ne suis pas au régime)
- Prévoir (ou improviser !) un repas où je ne mange que ça, un peu comme pendant l'étape sur le rassasiement gustatif, et si je dépasse le rassasiement, eh ben tant pis, j'attends ma prochaine faim
- Si j'ai envie d'un repas ET de ça, alors je me laisse une très grande place pour le dessert (en général, ce sont des desserts, mes grosses envies), en me servant de micro-portions du reste, et en dégustant les micro-portions, un peu comme dans l'étape du fractionnement
- Être attentive au rassasiement gustatif, mais ne pas me mettre la pression pour le respecter. Juste le sentir, et ensuite me permettre de continuer à manger si je le souhaite. Explorer ce qui se passe après le rassasiement, me montrer encore une fois, et encore et encore, si besoin, bouchée par bouchée, que ça devient moins bon (comme quand on éduque un enfant, on répète beaucoup). Observer ma réticence à aller jusqu'à l’écœurement. J'ai vu que parfois, juste un peu avant d'arriver au rassasiement gustatif, j'accélère, comme si de manger plus vite allait me permettre de le semer pour manger davantage. Mais ensuite, je ralentis, parce que je n'ai pas envie de m’écœurer (je l'ai fait avec de la pâte spéculoos, et depuis, je n'ai plus eu envie de spéculoos, alors que j'aimais ça. Pas envie de me dégoûter d'autre chose !). C'est pour ça, je pense, que je dépasse mon rassasiement en mangeant un dessert entier, mais que je n'ai jamais eu l'envie (pour le moment) d'en prendre un deuxième (alors qu'avant LC, si).
- Observer le moment où j'ai vraiment envie d'un autre aliment. Ça arrive toujours. L'envie du dessert se fait moins présente, puisque je l'ai déjà sous la main ou dans la bouche. Et l'envie d'autre chose apparaît. L'envie du dessert reviendra (et c'est tant mieux, puisque c'est bon !), plus tard. Ça me montre que ça n'est pas une malédiction, que les envies vont et viennent, que mon corps veille au grain, et que j'arrive à l'écouter, même si j'ai pu faire la sourde oreille un peu avant.
- Me dire la vérité. Ça, c'est super difficile. Tout à l'heure, je me suis régalée de mon repas, j'ai choisi de ne pas prendre de dessert pour profiter du fromage avec mon reste de faim gardé exprès pour un gâteau. Et en rangeant la table, devant le gâteau, j'ai ressenti comme une petite faim. Sauf que ça n'était pas de la faim. J'ai eu du mal à me résoudre à me dire la vérité. J'avais presque la main sur le couteau pour m'en couper une tranchette. Je dis rarement des mensonges (le jour où j'ai découvert que je pouvais si bien mentir que je réussissais à m'enfermer dans le mensonge, que même ma mère ne pouvait pas le déceler, j'ai arrêté net !), mais je me mens à moi-même couramment. Me dire la vérité, c'est très dur, ça demande une certaine vigilance, et beaucoup de bienveillance (finis les "Ouais, t'as encore envie d'un gâteau, tu ne maigriras jamais ! C'est trop difficile !", maintenant, je me dis des "Bon, j'ai envie d'un gâteau, et même, carrément, je vais le manger. Mais quand j'aurai faim, il sera meilleur, ou sans faim, si je veux, mais dans un petit moment". Je n'en suis pas encore à me donner du "Pattie chérie", mais ça ne saurait tarder !
- Me laisser une demi-heure. Pour ma tranchette de tout à l'heure, je me suis dit : "une demi-heure", et j'ai respiré (une fois, ça suffit, en général). Depuis que je ne me dis plus "NON", que je me dis : "dans une demi-heure, si c'était vraiment de la faim, ou si j'en ai encore envie, même sans faim, mais dans une demi-heure, je peux attendre une demi-heure, je ne vais pas en mourir", ça va mieux.
C'est vraiment comme disait une forumeuse : je fais comme si j'étais mon enfant; mais je manque d'expérience, parce que je ne suis pas maman ! Mais en tous cas, pour le moment, le mensonge à moi-même est le plus difficile à gérer, parce que ça me partage en deux, voire en trois : l'enfant qui ment, l'adulte impitoyable qui le voit et accuse ou ne dit rien, et celle que je deviens, qui parvient parfois à rassurer l'enfant et à calmer l'adulte (et parfois non ! mais ce n'est pas si grave, puisque parfois oui, alors qu'avant : jamais !).
En tous cas, je prends une piste de travail, dans ce fil : je n'arrive pas à accepter la frustration facilement (voire, en fait, je n'y arrive pas), sauf en temporisant ("une demi-heure !"). Mais peut-être que je peux l'examiner, l'observer sous toutes ses coutures. Quand j'ai lu cette suggestion, j'ai eu l'image d'une dégustation : déguster sa frustration, comme on peut déguster un aliment pas forcément délicieux. Ça, je crois que je peux, au moins en partie, petit à petit.
dimanche 23 mars 2014
Malade
Ecrit sur le fil "Mes inconforts du moment" du forum Linecoaching.
24/02
Mon inconfort du moment, c'est que finalement, je n'ai pas réussi à échapper à la gastro qui traîne partout. Et pour le moment, c'est une forme bien vicieuse de la gastro : une qui me fatigue et me fait mal au ventre, mais qui ne m'a pas empêchée de travailler (pas de fièvre, pas de vomissements, pas clouée sur les toilettes). J'aurais quand même été bien, au lit pour deux-trois jours ! Mais quand je me souviens de ma gastro de l'année dernière, j'espère de tout coeur pouvoir aller bosser demain !
Par contre, du coup, c'est pas facile pour les sensations. Je n'ai pas eu faim de toute la journée. J'ai eu faim en rentrant chez moi, et au bout de trois cuillères, j'ai senti que stop ! J'ai pu remplir mon questionnaire de stabilisation du comportement en cochant "Juste assez", alors que tout ce que j'ai mangé aujourd'hui, c'est un demi-sucre dans ma tasse de thé ce matin, et trois cuillères de yaourt.
L'avantage, c'est que je différencie facilement les EME de la faim : j'ai envie du pamplemousse que je m'étais préparé pour midi, mais pas de le manger. S'il pouvait entrer directement dans ma tête sans passer par mon système digestif, ça m'irait très bien ! Et du coup, les EME s'en vont très vite, parce que rien que l'idée...
(N'empêche, ça m'arrangerait si la loi interdisait formellement à toute personne éventuellement porteuse de la gastro d'aller travailler !)
______________________
Finalement, après avoir écrit ça sur le forum, j'ai réalisé que c'était à moi de décider si je pouvais ou pas aller travailler. Le peu que j'ai mangé m'a fait un peu peur, je ne me voyais pas assumer une journée entière de travail en ayant si peu mangé. Je me sentais plus faible que d'habitude. J'ai donc téléphoné en début de soirée au directeur. Je l'avais prévenu que peut-être, ça n'irait pas, et il m'avait dit que si ça se confirmait, que je l'appelle, qu'il prépare des trucs pour mes élèves (parce que les remplaçants, même hors période grippe-gastro, il n'y en a plus, c'est fini, on n'est remplacé que pour les stages). Le soir, j'ai eu de la fièvre. Le lendemain, ça allait nickel... Du moins, j'en avais l'impression, et je culpabilisais un peu. Sauf qu'en fait, j'étais au ralenti, et au plus proche de mes sensations, donc toujours peu de nourriture. Le soir, quand je suis allée chez le médecin, il m'a annoncé 10.6 de tension. Voilà pourquoi j'avais l'impression que mes gestes étaient plus lents que ma pensée.
Là, j'ai eu l'impression qu'un voile se déchirait. Avant, je serais allée travailler, puisque je n'avais plus de fièvre, que mon ventre allait bien, que je me sentais bien, et que je n'étais pas remplacée... Mais avant, j'aurais nié l'inconfort, j'aurais décompressé par la nourriture (peut-être pas le jour même, parce que la gastro, c'est dissuasif, niveau alimentaire, mais le lendemain ou plus tard). Là, j'ai mangé à ma faim, en "flux tendu", bouchée par bouchée. Je me suis reposée. Le lendemain, je suis allée travailler. Je me sentais encore au ralenti, mais assez bien pour travailler. Et depuis, je n'ai pas décompressé avec la nourriture. Parce qu'il n'y avait rien à décompresser.
Quand le médecin m'a annoncé ma tension, j'ai arrêté de culpabiliser de ne pas être allée travailler. Sans ça, j'aurais continué. Il a fallu un chiffre extérieur à moi pour que j'autorise mes sensations à avoir eu raison.
24/02
Mon inconfort du moment, c'est que finalement, je n'ai pas réussi à échapper à la gastro qui traîne partout. Et pour le moment, c'est une forme bien vicieuse de la gastro : une qui me fatigue et me fait mal au ventre, mais qui ne m'a pas empêchée de travailler (pas de fièvre, pas de vomissements, pas clouée sur les toilettes). J'aurais quand même été bien, au lit pour deux-trois jours ! Mais quand je me souviens de ma gastro de l'année dernière, j'espère de tout coeur pouvoir aller bosser demain !
Par contre, du coup, c'est pas facile pour les sensations. Je n'ai pas eu faim de toute la journée. J'ai eu faim en rentrant chez moi, et au bout de trois cuillères, j'ai senti que stop ! J'ai pu remplir mon questionnaire de stabilisation du comportement en cochant "Juste assez", alors que tout ce que j'ai mangé aujourd'hui, c'est un demi-sucre dans ma tasse de thé ce matin, et trois cuillères de yaourt.
L'avantage, c'est que je différencie facilement les EME de la faim : j'ai envie du pamplemousse que je m'étais préparé pour midi, mais pas de le manger. S'il pouvait entrer directement dans ma tête sans passer par mon système digestif, ça m'irait très bien ! Et du coup, les EME s'en vont très vite, parce que rien que l'idée...
(N'empêche, ça m'arrangerait si la loi interdisait formellement à toute personne éventuellement porteuse de la gastro d'aller travailler !)
______________________
Finalement, après avoir écrit ça sur le forum, j'ai réalisé que c'était à moi de décider si je pouvais ou pas aller travailler. Le peu que j'ai mangé m'a fait un peu peur, je ne me voyais pas assumer une journée entière de travail en ayant si peu mangé. Je me sentais plus faible que d'habitude. J'ai donc téléphoné en début de soirée au directeur. Je l'avais prévenu que peut-être, ça n'irait pas, et il m'avait dit que si ça se confirmait, que je l'appelle, qu'il prépare des trucs pour mes élèves (parce que les remplaçants, même hors période grippe-gastro, il n'y en a plus, c'est fini, on n'est remplacé que pour les stages). Le soir, j'ai eu de la fièvre. Le lendemain, ça allait nickel... Du moins, j'en avais l'impression, et je culpabilisais un peu. Sauf qu'en fait, j'étais au ralenti, et au plus proche de mes sensations, donc toujours peu de nourriture. Le soir, quand je suis allée chez le médecin, il m'a annoncé 10.6 de tension. Voilà pourquoi j'avais l'impression que mes gestes étaient plus lents que ma pensée.
Là, j'ai eu l'impression qu'un voile se déchirait. Avant, je serais allée travailler, puisque je n'avais plus de fièvre, que mon ventre allait bien, que je me sentais bien, et que je n'étais pas remplacée... Mais avant, j'aurais nié l'inconfort, j'aurais décompressé par la nourriture (peut-être pas le jour même, parce que la gastro, c'est dissuasif, niveau alimentaire, mais le lendemain ou plus tard). Là, j'ai mangé à ma faim, en "flux tendu", bouchée par bouchée. Je me suis reposée. Le lendemain, je suis allée travailler. Je me sentais encore au ralenti, mais assez bien pour travailler. Et depuis, je n'ai pas décompressé avec la nourriture. Parce qu'il n'y avait rien à décompresser.
Quand le médecin m'a annoncé ma tension, j'ai arrêté de culpabiliser de ne pas être allée travailler. Sans ça, j'aurais continué. Il a fallu un chiffre extérieur à moi pour que j'autorise mes sensations à avoir eu raison.
samedi 22 mars 2014
Desserts industriels mon amour
Ecrit sur le fil "Quels sont vos aliments tabous ?" du forum Linecoaching.
23/02
Je n'ai pas (plus ? plus pour le moment ?) d'aliments tabous à proprement parler (des aliments que je m'interdis sous peine de compulser dessus). Mais il y a parfois des aliments qui me posent problème ponctuellement, pour lesquels j'ai encore du mal à m'arrêter, même quand je sens le rassasiement spécifique dans la bouche. Quelques jours/semaines plus tard, ça va. Et plus tard, un autre apparaît.
- Tout au début du programme, la crème de marrons. Fin août, je me suis inscrite, et le lendemain, j'achetais mon premier lot de petites crèmes de marron depuis longtemps ! Et en fait, le fait de pouvoir en remanger quand je voulais, de découvrir que je n'avais pas aussi faim que je croyais, ça a fait passer très vite l'envie dévorante. J'ai appris à filmer et mettre au frigo pour le lendemain. Il me reste même un petit pot du deuxième achat.
- A Nöel, les chocolats au praliné. J'avais prévu de refaire l'expérience du rassasiement spécifique sur une boîte de chocolats, et puis finalement, rien que d'écrire sur le forum que j'avais cette difficulté, d'envisager de refaire l'expérience, ça m'a fait prendre du recul, et l'envie dévorante d'en dévorer a disparu.
- Lors de mes dernières règles, les pommes. J'avais l'impression que ça allait me prendre la place des aliments gras sucrés réconfortants. J'en avais envie, mais je rechignais à en manger, parce que bon, le chocolat, c'est meilleur, non ? Là aussi, l'écrire dans le forum m'a aidée à prendre du recul, et du coup j'en ai fait mes délices pendant quelques repas, pour le dessert. Un aliment diététiquement correct comme aliment tabou, je ne m'y attendais pas !
- En ce moment (en fait, depuis peu après mon inscription !), ce sont les desserts (industriels) en portions individuelles qu'on trouve au rayon frais, à côté des yaourts. Il en existe une énorme variété, et ça a toujours été des aliments interdits ou déconseillés (les faits-maison n'ont jamais été aussi stigmatisé dans ma tête, ce sont des desserts de réunion familiale ou amicale, des desserts d'exception. Mais l'industriel, c'est le tabou longtemps désiré !).
Même quand j'étais entre deux régimes, en plein lâchage, je n'en achetais pas. Déjà, ce n'est pas donné. En plus, les portions sont toutes petites, c'est du vol ! Et puis ça fait des calories (à la place, je mangeais les glaces de mon mari !). Là, ça y est, la porte est ouverte sur le monde des merveilles !
J'ai enfin pu goûter les crèmes que mon neveu de 4 ans mange sans que je m'autorise à y goûter : Nesquik (j'aime), les "P'tits filous" (je n'aime pas, lui il adore). Et puis les trucs "d'adultes" : cheesecake au citron, aux fruits rouges, au caramel, dessert Gû (alors ça... mais alors ça... qu'est-ce que c'est bon !), mousse au chocolat noir, au chocolat au lait (bof), à la vanille (bof), à la pistache (bof), semoule aux grains de raisin, riz-au-lait, tiramisu, et j'en passe.
Je les mange en dessert, je veille à garder de l'appétit pour en profiter. J'en mange parfois pendant mon EME du soir, mais c'est moins bon, nettement, donc quand je n'arrive pas à m'en passer, je n'en mange qu'un seul. J'arrive à m'en passer de plus en plus, parce que je sais que je pourrais en profiter le lendemain, et le surlendemain. J'aime l'idée que ça soit un aliment de mon nouveau comportement alimentaire, pas de l'ancien, mais c'est encore difficile.
Même mangés avec faim, je ne m'arrête pas quand j'ai les signaux du rassasiement spécifique dans la bouche. Ça a beau ne plus avoir goût qu'au sucre et au gras, je continue. Si je m'arrêtais, il en resterait entre la moitié et un quart. Moi qui trouvais avant que les pots étaient trop petits, je les trouve maintenant trop grands ! Après le premier carnet de stabilisation du comportement, un des exercices était de jeter des objets inutiles, et c'était drôlement bien ciblé ! J'ai encore beaucoup à faire à ce niveau !
Le bon côté, c'est qu'après un premier round de plusieurs semaines de "WOW, toutes ces bonnes choses !", j'ai eu une soudaine envie de yaourt (au lait entier, quand même, hein !), pendant plusieurs semaines, envie de moins de sucre et de moins de gras, de moins de complication gustative.
Le "mauvais" côté, c'est qu'hier, ça a recommencé. Mais aujourd'hui, après deux desserts de ce style hier midi et hier soir, j'ai eu envie d'acidité. J'ai renoncé au Gû à midi, et j'ai opté pour une "chantilly-rhubarbe" que j'ai trouvé jouissive, et j'ai même trouvé que la chantilly était un peu trop lourde (alors qu'en principe, je la mange à part, pour en avoir tout le goût).
J'aurais pu opter pour un pamplemousse rose. Après tout, je m'en suis régalé hier et j'en ai encore envie. Mais j'ai l'impression de DEVOIR profiter de mes desserts "TANT QUE C'EST POSSIBLE", comme si demain un homme style Men in black allait venir m'obliger à faire un régime au nom de la Loi Diététique (je l'imagine bien, visage impassible, costume cravate, lunettes noires et compteur de calories dans le holster).
Ça m'agace un peu, mais au final, je me laisse porter. Je pense que j'ai besoin d'en tester autant que je veux, d'en manger et d'en remanger (j'attends la faim suivante, voilà tout), dessert après dessert, faim après faim, pour mieux connaître cet aliment longtemps tabou, et voir que non, aucun agent de la Loi Diététique ne débarque chez moi au petit matin pour me mettre au régime. Et petit à petit, je me dis que ça deviendra un plaisir plus familier, puis pas plus désirable que les autres aliments.
23/02
Je n'ai pas (plus ? plus pour le moment ?) d'aliments tabous à proprement parler (des aliments que je m'interdis sous peine de compulser dessus). Mais il y a parfois des aliments qui me posent problème ponctuellement, pour lesquels j'ai encore du mal à m'arrêter, même quand je sens le rassasiement spécifique dans la bouche. Quelques jours/semaines plus tard, ça va. Et plus tard, un autre apparaît.
- Tout au début du programme, la crème de marrons. Fin août, je me suis inscrite, et le lendemain, j'achetais mon premier lot de petites crèmes de marron depuis longtemps ! Et en fait, le fait de pouvoir en remanger quand je voulais, de découvrir que je n'avais pas aussi faim que je croyais, ça a fait passer très vite l'envie dévorante. J'ai appris à filmer et mettre au frigo pour le lendemain. Il me reste même un petit pot du deuxième achat.
- A Nöel, les chocolats au praliné. J'avais prévu de refaire l'expérience du rassasiement spécifique sur une boîte de chocolats, et puis finalement, rien que d'écrire sur le forum que j'avais cette difficulté, d'envisager de refaire l'expérience, ça m'a fait prendre du recul, et l'envie dévorante d'en dévorer a disparu.
- Lors de mes dernières règles, les pommes. J'avais l'impression que ça allait me prendre la place des aliments gras sucrés réconfortants. J'en avais envie, mais je rechignais à en manger, parce que bon, le chocolat, c'est meilleur, non ? Là aussi, l'écrire dans le forum m'a aidée à prendre du recul, et du coup j'en ai fait mes délices pendant quelques repas, pour le dessert. Un aliment diététiquement correct comme aliment tabou, je ne m'y attendais pas !
- En ce moment (en fait, depuis peu après mon inscription !), ce sont les desserts (industriels) en portions individuelles qu'on trouve au rayon frais, à côté des yaourts. Il en existe une énorme variété, et ça a toujours été des aliments interdits ou déconseillés (les faits-maison n'ont jamais été aussi stigmatisé dans ma tête, ce sont des desserts de réunion familiale ou amicale, des desserts d'exception. Mais l'industriel, c'est le tabou longtemps désiré !).
Même quand j'étais entre deux régimes, en plein lâchage, je n'en achetais pas. Déjà, ce n'est pas donné. En plus, les portions sont toutes petites, c'est du vol ! Et puis ça fait des calories (à la place, je mangeais les glaces de mon mari !). Là, ça y est, la porte est ouverte sur le monde des merveilles !
J'ai enfin pu goûter les crèmes que mon neveu de 4 ans mange sans que je m'autorise à y goûter : Nesquik (j'aime), les "P'tits filous" (je n'aime pas, lui il adore). Et puis les trucs "d'adultes" : cheesecake au citron, aux fruits rouges, au caramel, dessert Gû (alors ça... mais alors ça... qu'est-ce que c'est bon !), mousse au chocolat noir, au chocolat au lait (bof), à la vanille (bof), à la pistache (bof), semoule aux grains de raisin, riz-au-lait, tiramisu, et j'en passe.
Je les mange en dessert, je veille à garder de l'appétit pour en profiter. J'en mange parfois pendant mon EME du soir, mais c'est moins bon, nettement, donc quand je n'arrive pas à m'en passer, je n'en mange qu'un seul. J'arrive à m'en passer de plus en plus, parce que je sais que je pourrais en profiter le lendemain, et le surlendemain. J'aime l'idée que ça soit un aliment de mon nouveau comportement alimentaire, pas de l'ancien, mais c'est encore difficile.
Même mangés avec faim, je ne m'arrête pas quand j'ai les signaux du rassasiement spécifique dans la bouche. Ça a beau ne plus avoir goût qu'au sucre et au gras, je continue. Si je m'arrêtais, il en resterait entre la moitié et un quart. Moi qui trouvais avant que les pots étaient trop petits, je les trouve maintenant trop grands ! Après le premier carnet de stabilisation du comportement, un des exercices était de jeter des objets inutiles, et c'était drôlement bien ciblé ! J'ai encore beaucoup à faire à ce niveau !
Le bon côté, c'est qu'après un premier round de plusieurs semaines de "WOW, toutes ces bonnes choses !", j'ai eu une soudaine envie de yaourt (au lait entier, quand même, hein !), pendant plusieurs semaines, envie de moins de sucre et de moins de gras, de moins de complication gustative.
Le "mauvais" côté, c'est qu'hier, ça a recommencé. Mais aujourd'hui, après deux desserts de ce style hier midi et hier soir, j'ai eu envie d'acidité. J'ai renoncé au Gû à midi, et j'ai opté pour une "chantilly-rhubarbe" que j'ai trouvé jouissive, et j'ai même trouvé que la chantilly était un peu trop lourde (alors qu'en principe, je la mange à part, pour en avoir tout le goût).
J'aurais pu opter pour un pamplemousse rose. Après tout, je m'en suis régalé hier et j'en ai encore envie. Mais j'ai l'impression de DEVOIR profiter de mes desserts "TANT QUE C'EST POSSIBLE", comme si demain un homme style Men in black allait venir m'obliger à faire un régime au nom de la Loi Diététique (je l'imagine bien, visage impassible, costume cravate, lunettes noires et compteur de calories dans le holster).
Ça m'agace un peu, mais au final, je me laisse porter. Je pense que j'ai besoin d'en tester autant que je veux, d'en manger et d'en remanger (j'attends la faim suivante, voilà tout), dessert après dessert, faim après faim, pour mieux connaître cet aliment longtemps tabou, et voir que non, aucun agent de la Loi Diététique ne débarque chez moi au petit matin pour me mettre au régime. Et petit à petit, je me dis que ça deviendra un plaisir plus familier, puis pas plus désirable que les autres aliments.
vendredi 21 mars 2014
Apprendre à écouter ses sensations
Ecrit sur le fil "Je ne sais pas écouter mes sensations car..." du forum de Linecoaching.
23/02
- Je ne sais pas non plus m'écouter quand je suis fatiguée, je n'aime pas me coucher avant 23h30-minuit. Par contre, maintenant, le matin, je m'autorise à traîner au lit les jours où je ne travaille pas.
- J'ai envie de bouger davantage, mais j'ai la flemme de me remettre à la gym. Et puis il y a aussi l'envie idiote et stérile de prouver qu'on peut perdre du poids sans sport, pour pouvoir faire "nananère" à tous ceux qui m'ont conseillé de faire un régime et de me mettre au sport, que c'était la seule solution. Mais là, je commence à avoir une vraie envie naissante de retrouver les sensations de l'effort physique (très modéré, hein ! gym douce !), et je ne l'écoute toujours pas. Boah, ça viendra.
Côté progrès :
- Je ne savais pas m'écouter quand je rentre tard du boulot. Je n'ai qu'une envie : me changer. Et mon mari n'a qu'une envie : me communiquer tout ce qu'il a à me communiquer sur notre future maison. Maintenant, j'y arrive : quand je sens que ça va durer plus de 5 minutes, je l'arrête et je lui dis que je vais me changer. Ça l'embête un peu, parce que du coup, il doit se retenir, mais ça m'évite d'avoir l'impression d'être envahie, et ça me permet d'être sur la même longueur d'onde que lui (parce que notre future maison, c'est un bonheur et une angoisse pour nous deux, mais à chaud juste après le boulot, j'avais l'impression d'être envahie par un truc qui me concerne peu, du coup il avait l'impression d'être un peu seul au front). C'est fou ce que 5 minutes peuvent changer dans l'ambiance !
____________________________
Au sujet de traîner au lit, depuis que je travaille la méthode de Linecoaching, que je suis davantage à l'écoute de mes sensations, il m'arrive fréquemment de ne pas entendre le réveil. J'ai besoin de dormir : je dors. Pas glop les matins de travail. Du coup, j'ai reculé l'heure du réveil. Puisque j'arrive à l'heure quand je m'oublie au lit, autant m'autoriser à dormir davantage. Je fais aussi un peu plus attention à me coucher le moins tard possible, puisque si je suis trop fatiguée, le réveil ne me réveillera pas.
23/02
- Je ne sais pas non plus m'écouter quand je suis fatiguée, je n'aime pas me coucher avant 23h30-minuit. Par contre, maintenant, le matin, je m'autorise à traîner au lit les jours où je ne travaille pas.
- J'ai envie de bouger davantage, mais j'ai la flemme de me remettre à la gym. Et puis il y a aussi l'envie idiote et stérile de prouver qu'on peut perdre du poids sans sport, pour pouvoir faire "nananère" à tous ceux qui m'ont conseillé de faire un régime et de me mettre au sport, que c'était la seule solution. Mais là, je commence à avoir une vraie envie naissante de retrouver les sensations de l'effort physique (très modéré, hein ! gym douce !), et je ne l'écoute toujours pas. Boah, ça viendra.
Côté progrès :
- Je ne savais pas m'écouter quand je rentre tard du boulot. Je n'ai qu'une envie : me changer. Et mon mari n'a qu'une envie : me communiquer tout ce qu'il a à me communiquer sur notre future maison. Maintenant, j'y arrive : quand je sens que ça va durer plus de 5 minutes, je l'arrête et je lui dis que je vais me changer. Ça l'embête un peu, parce que du coup, il doit se retenir, mais ça m'évite d'avoir l'impression d'être envahie, et ça me permet d'être sur la même longueur d'onde que lui (parce que notre future maison, c'est un bonheur et une angoisse pour nous deux, mais à chaud juste après le boulot, j'avais l'impression d'être envahie par un truc qui me concerne peu, du coup il avait l'impression d'être un peu seul au front). C'est fou ce que 5 minutes peuvent changer dans l'ambiance !
____________________________
Au sujet de traîner au lit, depuis que je travaille la méthode de Linecoaching, que je suis davantage à l'écoute de mes sensations, il m'arrive fréquemment de ne pas entendre le réveil. J'ai besoin de dormir : je dors. Pas glop les matins de travail. Du coup, j'ai reculé l'heure du réveil. Puisque j'arrive à l'heure quand je m'oublie au lit, autant m'autoriser à dormir davantage. Je fais aussi un peu plus attention à me coucher le moins tard possible, puisque si je suis trop fatiguée, le réveil ne me réveillera pas.
jeudi 20 mars 2014
Tentation et repas convivaux
Ecrit sur le fil "La tentation" du forum de Linecoaching, consacré aux tentations des repas conviviaux, notamment familiaux, notamment chez les parents.
19/02
En réponse à une forumeuse qui parlait d'un déclic dans la tête qui n'arrivait pas.
Pour moi, ça n'est pas un déclic dans la tête, c'est un apprentissage, notamment corporel. Je ne sais pas si ça fera un jour un déclic dans ma tête, mais ce que ça me fait pour le moment, c'est une familiarisation avec des sensations, qui font que je préfère ne pas faire un week-end trop copieux, à cause des sensations corporelles positives que j'ai quand j'ai respecté ma faim et mes envies.
En réponse à une autre forumeuse, qui parlait de la tarte de sa grand-mère et de sa difficulté à se dire qu'elle pouvait arrêter d'en manger quand elle n'avait pas faim, que ça n'était que de la nourriture.
Ca n'est pas que de la nourriture. Il y a toujours davantage, derrière les aliments (j'ai adoré lire les passages sur ça, dans "Mangez en paix" du Dr Apfeldorfer, ça m'a beaucoup appris). Une tarte de ta grand-mère, c'est de l'amour, c'est son expérience, son plaisir à nourrir son entourage, sa patience à pâtisser, le temps qu'elle a passé à faire et à refaire jusqu'à obtenir ce résultat, son obstination ! En mangeant cette tarte, tu manges tout ça. Donc non, ce n'est pas que de la nourriture. C'est bien pour ça que ça n'est pas facile !
Les conseils que les autres t'ont donnés sont excellents (avoir la recette, en emporter pour plus tard). Discuter de la recette, exprimer le désir d'en profiter une fois chez toi, ça permet aussi à l'amour de circuler. Avoir la recette des truffes au chocolat noir de mon frère m'a aidée à ne pas trop me lâcher dessus à Noël, et c'est aussi une forme de remerciement envers lui, qui avait pris la peine de les faire. En emporter pour plus tard, ça m'aide, quand je suis chez mes parents, à ne pas prendre de la brioche maison au petit-déjeuner alors que je n'ai pas faim au petit-déjeuner, et c'est aussi une forme d'échange d'amour : ça fait plaisir à ma mère de me nourrir, même en différé, et ça me fait plaisir de manger ce qu'elle confectionne.
Mais je dépasse toujours ma satiété, chez mes parents. On est en famille, c'est festif, on est content. Je la dépasse cependant de moins en moins. L'avant-dernière fois, il m'a fallu une bonne demi-journée pour avoir de nouveau faim, au lieu d'une journée. Là, en un quart de journée, elle est revenue.
Pour y arriver, je fais un tour côté cuisine pour savoir ce qu'il y a au menu. Et je fractionne en conséquence. Si j'ai une grosse envie de brandade de morue, je prends peu du reste. Si c'est le dessert qui me tente, je prends peu des autres plats et une part normale du dessert. Je fais aussi impasse sur ce qui me tente peu, ça me laisse de l'appétit pour ce qui me tente vraiment. Je laisse aussi de côté ce que je mange couramment chez moi, sauf si j'en ai très envie (par exemple une mandarine : je m'en suis régalée ce week-end chez mes parents, parce que j'en avais très envie, mais en principe, je les évite, je préfère les gâteaux de ma mère, que je n'ai pas chez moi).
Mais les repas de famille, chez nous, ça tient un peu du buffet. Il y a plein de choses sur la table, et chacun se sert comme il veut. C'est parfois rageant de voir que "comme je veux", c'est à peine un quart de ce qui est dans l'assiette de mes frères ou de mes belles-soeurs (même mon neveu de 4 ans a un plus gros appétit que le mien - quoiqu'il ne finit pas toujours ses assiettes, donc peut-être pas). Mais ça fait du bien de ne pas me sentir lourde après le repas, d'avoir faim au repas suivant, de ne pas sentir que je dois manger absolument d'un aliment, parce que c'est maintenant ou jamais, de ne pas me demander comment je vais rattraper "ça", comme quand j'étais au régime.
"Ça", c'est du bonheur familial, ça ne se rattrape pas, ça se déguste, mais ça se déguste en entier : l'aliment, oui, et puis son histoire, la conversation, les gens, le mouvement, tout - mais pas forcément en même temps. Quand je suis chez mes parents, je suis plus attentive à ne pas mettre un aliment dans ma bouche si je participe à une conversation, même simplement avec les oreilles. Finis les avalages rapides de bouchées pour pouvoir donner mon avis dans une conversation. Soit je ne donne pas mon avis dans la seconde (et bon, je dois reconnaître que le monde n'y perd pas tant que ça, même si j'adore mettre mon grain de sel partout), soit je diffère ma bouchée.
En tous cas, c'est drôlement intéressant de "travailler" sur les repas conviviaux, notamment familiaux. Il y a de la matière, et on y voit l'évolution de notre comportement, ou bien on y met le doigt sur ce qui coince.
19/02
En réponse à une forumeuse qui parlait d'un déclic dans la tête qui n'arrivait pas.
Pour moi, ça n'est pas un déclic dans la tête, c'est un apprentissage, notamment corporel. Je ne sais pas si ça fera un jour un déclic dans ma tête, mais ce que ça me fait pour le moment, c'est une familiarisation avec des sensations, qui font que je préfère ne pas faire un week-end trop copieux, à cause des sensations corporelles positives que j'ai quand j'ai respecté ma faim et mes envies.
En réponse à une autre forumeuse, qui parlait de la tarte de sa grand-mère et de sa difficulté à se dire qu'elle pouvait arrêter d'en manger quand elle n'avait pas faim, que ça n'était que de la nourriture.
Ca n'est pas que de la nourriture. Il y a toujours davantage, derrière les aliments (j'ai adoré lire les passages sur ça, dans "Mangez en paix" du Dr Apfeldorfer, ça m'a beaucoup appris). Une tarte de ta grand-mère, c'est de l'amour, c'est son expérience, son plaisir à nourrir son entourage, sa patience à pâtisser, le temps qu'elle a passé à faire et à refaire jusqu'à obtenir ce résultat, son obstination ! En mangeant cette tarte, tu manges tout ça. Donc non, ce n'est pas que de la nourriture. C'est bien pour ça que ça n'est pas facile !
Les conseils que les autres t'ont donnés sont excellents (avoir la recette, en emporter pour plus tard). Discuter de la recette, exprimer le désir d'en profiter une fois chez toi, ça permet aussi à l'amour de circuler. Avoir la recette des truffes au chocolat noir de mon frère m'a aidée à ne pas trop me lâcher dessus à Noël, et c'est aussi une forme de remerciement envers lui, qui avait pris la peine de les faire. En emporter pour plus tard, ça m'aide, quand je suis chez mes parents, à ne pas prendre de la brioche maison au petit-déjeuner alors que je n'ai pas faim au petit-déjeuner, et c'est aussi une forme d'échange d'amour : ça fait plaisir à ma mère de me nourrir, même en différé, et ça me fait plaisir de manger ce qu'elle confectionne.
Mais je dépasse toujours ma satiété, chez mes parents. On est en famille, c'est festif, on est content. Je la dépasse cependant de moins en moins. L'avant-dernière fois, il m'a fallu une bonne demi-journée pour avoir de nouveau faim, au lieu d'une journée. Là, en un quart de journée, elle est revenue.
Pour y arriver, je fais un tour côté cuisine pour savoir ce qu'il y a au menu. Et je fractionne en conséquence. Si j'ai une grosse envie de brandade de morue, je prends peu du reste. Si c'est le dessert qui me tente, je prends peu des autres plats et une part normale du dessert. Je fais aussi impasse sur ce qui me tente peu, ça me laisse de l'appétit pour ce qui me tente vraiment. Je laisse aussi de côté ce que je mange couramment chez moi, sauf si j'en ai très envie (par exemple une mandarine : je m'en suis régalée ce week-end chez mes parents, parce que j'en avais très envie, mais en principe, je les évite, je préfère les gâteaux de ma mère, que je n'ai pas chez moi).
Mais les repas de famille, chez nous, ça tient un peu du buffet. Il y a plein de choses sur la table, et chacun se sert comme il veut. C'est parfois rageant de voir que "comme je veux", c'est à peine un quart de ce qui est dans l'assiette de mes frères ou de mes belles-soeurs (même mon neveu de 4 ans a un plus gros appétit que le mien - quoiqu'il ne finit pas toujours ses assiettes, donc peut-être pas). Mais ça fait du bien de ne pas me sentir lourde après le repas, d'avoir faim au repas suivant, de ne pas sentir que je dois manger absolument d'un aliment, parce que c'est maintenant ou jamais, de ne pas me demander comment je vais rattraper "ça", comme quand j'étais au régime.
"Ça", c'est du bonheur familial, ça ne se rattrape pas, ça se déguste, mais ça se déguste en entier : l'aliment, oui, et puis son histoire, la conversation, les gens, le mouvement, tout - mais pas forcément en même temps. Quand je suis chez mes parents, je suis plus attentive à ne pas mettre un aliment dans ma bouche si je participe à une conversation, même simplement avec les oreilles. Finis les avalages rapides de bouchées pour pouvoir donner mon avis dans une conversation. Soit je ne donne pas mon avis dans la seconde (et bon, je dois reconnaître que le monde n'y perd pas tant que ça, même si j'adore mettre mon grain de sel partout), soit je diffère ma bouchée.
En tous cas, c'est drôlement intéressant de "travailler" sur les repas conviviaux, notamment familiaux. Il y a de la matière, et on y voit l'évolution de notre comportement, ou bien on y met le doigt sur ce qui coince.
mercredi 19 mars 2014
Garde-robe
Ecrit dans le fil "Mes inconforts du moment" du forum Linecoaching.
19/02
Je suis en train d'expérimenter les RPC pas top, et j'ai lu un passage, dans le chat de ce soir avec le Dr Apfeldorfer, qui donne de l'écho à mes réflexions.
Parfois, quand je suis énervée, la RPC me pose et me soulage de cette agitation. Parfois non, le niveau d'agitation est plus haut, ou bien c'est lié à un état physique (pas assez dormi, approche des règles). Dans ces cas-là, je me dis que je ne fais pas tout bien comme il faut, que ça ira mieux demain.
Mais depuis quelques semaines, je commence à me dire qu'en fait, il n'y a pas vraiment une bonne et une mauvaise manière de centrer son attention sur la respiration et d'observer ce qui se passe dans le moment présent, puis de revenir à sa respiration.
Du coup, j'entrevoyais l'atroce vérité : si la RPC n'est pas top, c'est simplement qu'elle n'est pas faite pour me soulager. Elle me permet juste de constater que je suis agitée. Parfois, ce simple fait suffit à me rasséréner, parfois non. Ça veut dire qu'il va falloir que j'accepte d'être parfois énervée.
Je le savais déjà, mais seulement en surface, j'avais saisi "intellectuellement" que la RPC n'était pas un moment magique guérisseur, et que l'acceptation était la seule réponse possible pour des émotions récurrentes. Mais je n'en étais pas au point de l'expérimenter consciemment, si je puis dire. Me dire que je n'étais pas assez concentrée, c'était plus facile que de me dire qu'il allait falloir renoncer à l'idée de guérir magiquement mes moments d'énervement. Il va falloir que je cherche ce qui m'a énervée, que je vois si je peux l'éviter ou si je vais devoir en passer par-là. Pfiou. Rien que d'y penser, ça m'énerve !
Aujourd'hui, la cause mon énervement, c'est que :
- j'ai passé trop de temps sur le net, à la recherche de vêtements.
- Mes pantalons sont trop grands. Ce qui est plutôt cool, mais du coup, ça fait une dépense. J'ai déjà acheté une garde-robe complète quand j'ai perdu beaucoup de poids avec un régime, puis une partie de garde-robe quand je l'ai repris. Devoir acheter des vêtements pour changer de taille, c'est un peu agaçant, ça me rappelle des espoirs déçus, et je suis financièrement plus serrée que quand j'étais dans la phase espoir, il y a 6 ans.
- J'ai commandé deux pantalons, sur Balsamik, ils sont arrivés aujourd'hui, et ils étaient trop grands (d'un côté, c'est assez agréable, mais d'un seul côté). Donc en fait, soit j'ai perdu deux tailles au lieu d'une, soit Balsamik taille plus grand. Dans les deux cas, c'est agaçant, parce que ça me rappelle quand j'errai dans les magasins de vêtements, chargée des mêmes vêtements en trois tailles, parce que je ne savais pas quelle était ma taille, ça changeait trop, je ne me reconnaissais pas, ce qui est très déstabilisant, et les différentes marques ne taillent pas de manière uniforme.
- Du coup, comme j'ai renvoyé les deux pantalons trop grands d'une taille, je vais devoir mettre les deux que j'ai déjà, qui sont trop grands de deux tailles, et ça devient désagréable. Mon nouveau pull tombe bien avec les pantalons d'une taille de trop, pas avec les vieux.
Je me sens agitée, énervée, impatiente, j'ai une sourde angoisse que le cercle recommence (maigrir, grossir, et rebelote), j'ai peur de trop espérer et d'être déçue. Je ne me sens pas encore prête à être mince (bon, j'ai encore une large marge avant d'en être là). Je ne suis plus la même que quand j'ai fait mon régime il y a 6 ans, mais je n'en suis pas encore si différente, pas vraiment plus solide.
_______________________
Ça m'a vraiment fait un sale effet, de constater que j'avais changé de taille. Ça m'a replongée dans les ressentis du régime, j'ai détesté éprouver ça. Un vrai gros inconfort. Je l'ai digéré petit à petit, parce que j'ai osé l'écrire. En principe, les filles qui râlent parce qu'elles ont perdu une taille, ça m'agace un peu, j'avoue. Là, ben tant pis, c'était moi, la fille qui râle, et c'était pas une râlerie de coquetterie. Avec le recul, je me dis que le problème n'est pas de me sentir ou pas prête à être mince, mais plutôt prête ou pas à encaisser le mal-être de retrouver des pensées et des émotions liées à un régime. Ces pensées et émotions, je ne les ai jamais ressenties autrement. Je n'ai jamais été mince à moins de sortir d'un régime. La dernière fois que j'ai été mince "naturellement", c'était quand j'avais 4 ou 5 ans.
19/02
Je suis en train d'expérimenter les RPC pas top, et j'ai lu un passage, dans le chat de ce soir avec le Dr Apfeldorfer, qui donne de l'écho à mes réflexions.
Parfois, quand je suis énervée, la RPC me pose et me soulage de cette agitation. Parfois non, le niveau d'agitation est plus haut, ou bien c'est lié à un état physique (pas assez dormi, approche des règles). Dans ces cas-là, je me dis que je ne fais pas tout bien comme il faut, que ça ira mieux demain.
Mais depuis quelques semaines, je commence à me dire qu'en fait, il n'y a pas vraiment une bonne et une mauvaise manière de centrer son attention sur la respiration et d'observer ce qui se passe dans le moment présent, puis de revenir à sa respiration.
Du coup, j'entrevoyais l'atroce vérité : si la RPC n'est pas top, c'est simplement qu'elle n'est pas faite pour me soulager. Elle me permet juste de constater que je suis agitée. Parfois, ce simple fait suffit à me rasséréner, parfois non. Ça veut dire qu'il va falloir que j'accepte d'être parfois énervée.
Je le savais déjà, mais seulement en surface, j'avais saisi "intellectuellement" que la RPC n'était pas un moment magique guérisseur, et que l'acceptation était la seule réponse possible pour des émotions récurrentes. Mais je n'en étais pas au point de l'expérimenter consciemment, si je puis dire. Me dire que je n'étais pas assez concentrée, c'était plus facile que de me dire qu'il allait falloir renoncer à l'idée de guérir magiquement mes moments d'énervement. Il va falloir que je cherche ce qui m'a énervée, que je vois si je peux l'éviter ou si je vais devoir en passer par-là. Pfiou. Rien que d'y penser, ça m'énerve !
Aujourd'hui, la cause mon énervement, c'est que :
- j'ai passé trop de temps sur le net, à la recherche de vêtements.
- Mes pantalons sont trop grands. Ce qui est plutôt cool, mais du coup, ça fait une dépense. J'ai déjà acheté une garde-robe complète quand j'ai perdu beaucoup de poids avec un régime, puis une partie de garde-robe quand je l'ai repris. Devoir acheter des vêtements pour changer de taille, c'est un peu agaçant, ça me rappelle des espoirs déçus, et je suis financièrement plus serrée que quand j'étais dans la phase espoir, il y a 6 ans.
- J'ai commandé deux pantalons, sur Balsamik, ils sont arrivés aujourd'hui, et ils étaient trop grands (d'un côté, c'est assez agréable, mais d'un seul côté). Donc en fait, soit j'ai perdu deux tailles au lieu d'une, soit Balsamik taille plus grand. Dans les deux cas, c'est agaçant, parce que ça me rappelle quand j'errai dans les magasins de vêtements, chargée des mêmes vêtements en trois tailles, parce que je ne savais pas quelle était ma taille, ça changeait trop, je ne me reconnaissais pas, ce qui est très déstabilisant, et les différentes marques ne taillent pas de manière uniforme.
- Du coup, comme j'ai renvoyé les deux pantalons trop grands d'une taille, je vais devoir mettre les deux que j'ai déjà, qui sont trop grands de deux tailles, et ça devient désagréable. Mon nouveau pull tombe bien avec les pantalons d'une taille de trop, pas avec les vieux.
Je me sens agitée, énervée, impatiente, j'ai une sourde angoisse que le cercle recommence (maigrir, grossir, et rebelote), j'ai peur de trop espérer et d'être déçue. Je ne me sens pas encore prête à être mince (bon, j'ai encore une large marge avant d'en être là). Je ne suis plus la même que quand j'ai fait mon régime il y a 6 ans, mais je n'en suis pas encore si différente, pas vraiment plus solide.
_______________________
Ça m'a vraiment fait un sale effet, de constater que j'avais changé de taille. Ça m'a replongée dans les ressentis du régime, j'ai détesté éprouver ça. Un vrai gros inconfort. Je l'ai digéré petit à petit, parce que j'ai osé l'écrire. En principe, les filles qui râlent parce qu'elles ont perdu une taille, ça m'agace un peu, j'avoue. Là, ben tant pis, c'était moi, la fille qui râle, et c'était pas une râlerie de coquetterie. Avec le recul, je me dis que le problème n'est pas de me sentir ou pas prête à être mince, mais plutôt prête ou pas à encaisser le mal-être de retrouver des pensées et des émotions liées à un régime. Ces pensées et émotions, je ne les ai jamais ressenties autrement. Je n'ai jamais été mince à moins de sortir d'un régime. La dernière fois que j'ai été mince "naturellement", c'était quand j'avais 4 ou 5 ans.
mardi 18 mars 2014
Repas de gâteaux
Ecrit sur le fil "Je me libère... peut-être trop ?" du forum Linecoaching.
Une forumeuse s'interrogeait. Ses envies la portent vers des aliments plutôt légers, donc elle ne programme pas des gâteaux ou des bonbons dans ses repas. Mais elle ne résiste pas à un croissant ou un bonbon proposés hors des repas. Elle se trouvait encore trop dans le contrôle alimentaire. Elle avait peur, si elle se fiait complètement à ses appétits spécifiques, de ne plus jamais manger de légumes ou de fruits, et donc d'être en mauvaise santé. Elle se demandait si elle ne gagnerait pas à se laisser aller au déséquilibre alimentaire quelque temps, pour voir.
18/02
Alors ça, moi, je n'ai pas hésité une seconde à le faire ! Des repas de gâteaux, j'en ai fait beaucoup au début. Et même encore, dès que j'en sens l'envie, je n'hésite pas. Un midi, au retour de courses un peu stressantes, j'ai fait un repas avec des biscuits apéro, une crème dessert et un biscuit. Je remplace parfois mon repas du soir par un chocolat chaud-tartines de beurre dès que les règles commencent à me dérégler.
Maintenant, ça devient plus rare. Un repas de gâteaux, maintenant, ben bof. C'est trop uniforme, même avec des gâteaux de goûts et de textures différents. Au final, ce qu'on sent, c'est le sucre et le gras. Parfois, je fractionne nettement tout le reste pour me permettre de prendre un dessert plus conséquent. Parce que renoncer aux goûts multiples d'un repas pour le goût assez uniforme d'un dessert (même bon), ça m'intéresse moins qu'au début. C'est normal : tout ce qui est interdit est généralement très désirable, et ce qui est rare est souvent enchanteur.
Rien que pour ça, je trouve que ça vaut nettement le coup de se faire des repas de gâteaux si on en a envie. Déjà, c'est vraiment bon ! C'est exotique ! En plus, ça se régule sur les autres repas. Ça transforme les "Il faut manger des légumes, c'est bon" en "Rhâ, de la salade, MIAM ! Oh, une pomme, quel bonheur !" Et puis ça me permet de moins céder aux EME. Si j'ai envie de me cocooner avec de la nourriture, je peux, j'ai le droit, je le fais. Du coup, les fois où je décide de ne pas céder à mes EME, c'est plus facile : puisqu'un autre jour, je n'hésiterai pas à faire un ou plusieurs repas à faire hurler un diététicien pro-régime.
Le seul truc qui peut géner, c'est d'arriver à s'arrêter. Le goût devient moins bon, mais parfois ça ne suffit pas. Pour le moment, c'est en amont que je m'"arrête" le plus souvent : je prends une petite quantité de quelques aliments sucrés. Parfois, j'arrive à m'arrêter en aval : je m'oblige à prendre conscience du changement de goût, je regarde l'heure pour voir combien de temps il me reste jusqu'au prochain repas (j'aime ma compétence toute neuve et toute fragile à avoir faim à l'heure des repas avec mon mari). Et si je n'y arrive pas, ben j'aurai faim plus tard, tant pis, c'est un choix.
J'ai eu une petite frayeur quand un ongle s'est un peu effrité, il y a deux semaines. Je me suis dit "Ouh là, ça y est, je suis en carence !" En fait, c'était juste un accident de manucure, j'ai fragilisé le coin d'un ongle en le limant un peu de travers, les autres vont très bien, et l'ongle "accidenté" repousse normalement.
Une forumeuse s'interrogeait. Ses envies la portent vers des aliments plutôt légers, donc elle ne programme pas des gâteaux ou des bonbons dans ses repas. Mais elle ne résiste pas à un croissant ou un bonbon proposés hors des repas. Elle se trouvait encore trop dans le contrôle alimentaire. Elle avait peur, si elle se fiait complètement à ses appétits spécifiques, de ne plus jamais manger de légumes ou de fruits, et donc d'être en mauvaise santé. Elle se demandait si elle ne gagnerait pas à se laisser aller au déséquilibre alimentaire quelque temps, pour voir.
18/02
Alors ça, moi, je n'ai pas hésité une seconde à le faire ! Des repas de gâteaux, j'en ai fait beaucoup au début. Et même encore, dès que j'en sens l'envie, je n'hésite pas. Un midi, au retour de courses un peu stressantes, j'ai fait un repas avec des biscuits apéro, une crème dessert et un biscuit. Je remplace parfois mon repas du soir par un chocolat chaud-tartines de beurre dès que les règles commencent à me dérégler.
Maintenant, ça devient plus rare. Un repas de gâteaux, maintenant, ben bof. C'est trop uniforme, même avec des gâteaux de goûts et de textures différents. Au final, ce qu'on sent, c'est le sucre et le gras. Parfois, je fractionne nettement tout le reste pour me permettre de prendre un dessert plus conséquent. Parce que renoncer aux goûts multiples d'un repas pour le goût assez uniforme d'un dessert (même bon), ça m'intéresse moins qu'au début. C'est normal : tout ce qui est interdit est généralement très désirable, et ce qui est rare est souvent enchanteur.
Rien que pour ça, je trouve que ça vaut nettement le coup de se faire des repas de gâteaux si on en a envie. Déjà, c'est vraiment bon ! C'est exotique ! En plus, ça se régule sur les autres repas. Ça transforme les "Il faut manger des légumes, c'est bon" en "Rhâ, de la salade, MIAM ! Oh, une pomme, quel bonheur !" Et puis ça me permet de moins céder aux EME. Si j'ai envie de me cocooner avec de la nourriture, je peux, j'ai le droit, je le fais. Du coup, les fois où je décide de ne pas céder à mes EME, c'est plus facile : puisqu'un autre jour, je n'hésiterai pas à faire un ou plusieurs repas à faire hurler un diététicien pro-régime.
Le seul truc qui peut géner, c'est d'arriver à s'arrêter. Le goût devient moins bon, mais parfois ça ne suffit pas. Pour le moment, c'est en amont que je m'"arrête" le plus souvent : je prends une petite quantité de quelques aliments sucrés. Parfois, j'arrive à m'arrêter en aval : je m'oblige à prendre conscience du changement de goût, je regarde l'heure pour voir combien de temps il me reste jusqu'au prochain repas (j'aime ma compétence toute neuve et toute fragile à avoir faim à l'heure des repas avec mon mari). Et si je n'y arrive pas, ben j'aurai faim plus tard, tant pis, c'est un choix.
J'ai eu une petite frayeur quand un ongle s'est un peu effrité, il y a deux semaines. Je me suis dit "Ouh là, ça y est, je suis en carence !" En fait, c'était juste un accident de manucure, j'ai fragilisé le coin d'un ongle en le limant un peu de travers, les autres vont très bien, et l'ongle "accidenté" repousse normalement.
lundi 17 mars 2014
Prendre en compte les inconforts
Ecrit sur le fil "Mon inconfort du moment" du forum Linecoaching.
Ce fil est une gigantesque découverte, qui a changé mon rapport au monde (oui, carrément !). J'ai été éduquée dans l'habitude de positiver, ce que je trouve très bien. Quand ça ne va pas, ce n'est pas grave, ça ira mieux. Du coup, les inconforts, pour moi, c'étaient des plaintes inutiles. Gnangnan j'ai mal aux pieds, gnangnan je suis fatiguée, gnangnan c'est dimanche soir faut reprendre le boulot demain, et j'en passe. Ma réaction, avant Linecoaching, c'était de repousser la pensée ou l'émotion négative. Sauf que ça ne la fait pas disparaître. Ca l'entasse dans le coin, avec les autres, celles de la veille, de l'avant-veille, de l'année dernière, d'il y a dix ans, vingt ans... Ces inconforts qu'on repousse, ce sont ceux qui nous font manger sans faim.
Quand j'ai commencé à lire cette partie du forum, je trouvais les inconforts décrits généralement très bénins. Ensuite, au fur et à mesure de mon avancée dans le parcours, j'ai réalisé. Le fait de VOIR ces inconforts, au lieu de les repousser dans un coin, ça permet de NE PAS les entasser. Ca ne les fait pas disparaître pour autant. Mais ça me permet de me prendre en compte dans ma globalité, avec mes pensées et émotions positives, mais aussi avec les négatives, que ça soit important ou pas. Je ne les repousse plus, je les REGARDE, je les NOTE, je les prends en compte. Avant, je ne le faisais pas. Mais avant, je mangeais sans faim systématiquement. J'attendais que l'"extérieur" améliore ma vie (par un régime, par exemple).
Ca n'est pas pour ça que ça m'empêche de positiver. Mais je positive sur la réalité, pas sur une fausse image de bonheur avec le gros tas d'inconforts repoussé dans un coin, à l'abri des regards, surtout du mien. Par exemple : je suis fatiguée, j'ai encartonné mes affaires pour le déménagement, même les boîtes congélation, et comment je fais maintenant pour congeler ? les prix des devis dansent dans ma tête, il faut encore attendre trois mois avant le déménagement, ET je suis satisfaite d'avoir abattu autant de travail, que les choses avancent, qu'on soit à deux pour faire tout ça, et de bientôt pouvoir me lever et aller contempler la vue somptueuse depuis la porte-fenêtre de ma maison à moi en buvant mon thé noir du matin.
4/02
Mon inconfort du moment, c'est que j'ai l'impression de ne pas arriver à trouver mon équilibre post-règles.
L'avant-règles s'était beaucoup beaucoup beaucoup mieux passé que d'habitude, mais là, j'ai l'impression de ne plus être assez patiente pour attendre ma bonne faim, de ne pas réussir à encaisser le fait de laisser une petite place, et même de ne pas respecter mes appétits spécifiques : hier j'ai mangé des lentilles, qui finalement ne sont pas aussi bonnes que je l'espérais (mais elles n'y sont pour rien, ces pauvres lentilles : mon mari les a trouvées délicieuses). Ce soir, j'ai mangé à nouveau des lentilles, sauf que j'avais envie de pommes. Donc j'ai mangé une pomme ensuite, alors que je n'avais plus faim. Hier, j'avais envie de pommes aussi, mais j'ai mangé une mousse au chocolat à la place (bon, j'en avais envie aussi, mais pas autant, ça n'était pas une envie du corps). Et le soir, pendant mon EME habituelle, j'ai pensé à manger une autre mousse, et finalement, j'ai dévoré deux pommes, avec délice. Des pommes pendant mon EME du soir... c'est une grande première ! A croire qu'en ce moment, c'est mon aliment tabou !
J'ai du mal à accepter d'avoir "perdu", même momentanément, les avancées que je sentais avant le week-end. Mais je m'accroche quand même, je tiens bon sur les fondamentaux : pause salle-de-bain en fin de journée, je me lave le visage en écoutant des mantras sur ma tablette. Puis RPC. Puis un temps de vide, entre la RPC et le retour à "l'extérieur". Ça me fait du bien, mais je ne trouve pas encore le mieux-être que je pouvais ressentir simplement en me connectant à moi-même plusieurs fois dans la journée, pour prendre conscience de mes inconforts et les accepter. J'ai l'impression d'être dans une course et de devoir attendre l'arrivée pour pouvoir me poser, et je me sens fatiguée.
(L'écrire va peut-être me permettre d'accepter de lâcher-prise. Parce que bon, ça fait juste depuis vendredi soir que je suis comme ça. J'ai l'impression que ça fait plusieurs semaines !)
En me relisant, je m'aperçois qu'en fait, c'est bien ça : les pommes sont mon aliment tabou du moment ! Ce week-end, je me suis chouchoutée avec du sucré (entre la douleur et les anti-inflammatoires, la seule chose très nette, c'était mon envie de sucre). Maintenant, je n'ai plus cette envie intense de sucre. Mais manger plus léger, ça me fait l'effet de ne pas "profiter encore un peu". Un vieux contrecoup d'ancienne régimeuse. En fait, "profiter", ça serait plutôt manger ce que j'ai envie de manger (envie dans le sens d'appétit, dans le sens qui fait qu'au goût, c'est aussi bon qu'à l'idée), et me laisser une petite place, ressentir à nouveau la bonne faim, et surtout me demander régulièrement dans la journée comment je vais, une ou deux inspirations/expirations en pleine conscience, en essayant de me laisser traverser par les émotions.
Ça secoue bien, quand même, les périodes de règles !
_________________________
D'avoir exprimé ça dans le fil des Inconforts, ça a permis à d'autres forumeuses de découvrir qu'elles aussi, parfois, ça les secouait au point de leur faire penser qu'elles décrochaient. Alors que c'est juste un inconfort, ça arrive, ça passe, ça reviendra. Et moi, ça m'a permis de me dire que bon, cet inconfort était vraiment puissant et qu'il revenait vraiment souvent. Autant essayer d'expérimenter des choses pendant mes règles. Ca m'a permis d'avancer le mois suivant.
Ce fil est une gigantesque découverte, qui a changé mon rapport au monde (oui, carrément !). J'ai été éduquée dans l'habitude de positiver, ce que je trouve très bien. Quand ça ne va pas, ce n'est pas grave, ça ira mieux. Du coup, les inconforts, pour moi, c'étaient des plaintes inutiles. Gnangnan j'ai mal aux pieds, gnangnan je suis fatiguée, gnangnan c'est dimanche soir faut reprendre le boulot demain, et j'en passe. Ma réaction, avant Linecoaching, c'était de repousser la pensée ou l'émotion négative. Sauf que ça ne la fait pas disparaître. Ca l'entasse dans le coin, avec les autres, celles de la veille, de l'avant-veille, de l'année dernière, d'il y a dix ans, vingt ans... Ces inconforts qu'on repousse, ce sont ceux qui nous font manger sans faim.
Quand j'ai commencé à lire cette partie du forum, je trouvais les inconforts décrits généralement très bénins. Ensuite, au fur et à mesure de mon avancée dans le parcours, j'ai réalisé. Le fait de VOIR ces inconforts, au lieu de les repousser dans un coin, ça permet de NE PAS les entasser. Ca ne les fait pas disparaître pour autant. Mais ça me permet de me prendre en compte dans ma globalité, avec mes pensées et émotions positives, mais aussi avec les négatives, que ça soit important ou pas. Je ne les repousse plus, je les REGARDE, je les NOTE, je les prends en compte. Avant, je ne le faisais pas. Mais avant, je mangeais sans faim systématiquement. J'attendais que l'"extérieur" améliore ma vie (par un régime, par exemple).
Ca n'est pas pour ça que ça m'empêche de positiver. Mais je positive sur la réalité, pas sur une fausse image de bonheur avec le gros tas d'inconforts repoussé dans un coin, à l'abri des regards, surtout du mien. Par exemple : je suis fatiguée, j'ai encartonné mes affaires pour le déménagement, même les boîtes congélation, et comment je fais maintenant pour congeler ? les prix des devis dansent dans ma tête, il faut encore attendre trois mois avant le déménagement, ET je suis satisfaite d'avoir abattu autant de travail, que les choses avancent, qu'on soit à deux pour faire tout ça, et de bientôt pouvoir me lever et aller contempler la vue somptueuse depuis la porte-fenêtre de ma maison à moi en buvant mon thé noir du matin.
4/02
Mon inconfort du moment, c'est que j'ai l'impression de ne pas arriver à trouver mon équilibre post-règles.
L'avant-règles s'était beaucoup beaucoup beaucoup mieux passé que d'habitude, mais là, j'ai l'impression de ne plus être assez patiente pour attendre ma bonne faim, de ne pas réussir à encaisser le fait de laisser une petite place, et même de ne pas respecter mes appétits spécifiques : hier j'ai mangé des lentilles, qui finalement ne sont pas aussi bonnes que je l'espérais (mais elles n'y sont pour rien, ces pauvres lentilles : mon mari les a trouvées délicieuses). Ce soir, j'ai mangé à nouveau des lentilles, sauf que j'avais envie de pommes. Donc j'ai mangé une pomme ensuite, alors que je n'avais plus faim. Hier, j'avais envie de pommes aussi, mais j'ai mangé une mousse au chocolat à la place (bon, j'en avais envie aussi, mais pas autant, ça n'était pas une envie du corps). Et le soir, pendant mon EME habituelle, j'ai pensé à manger une autre mousse, et finalement, j'ai dévoré deux pommes, avec délice. Des pommes pendant mon EME du soir... c'est une grande première ! A croire qu'en ce moment, c'est mon aliment tabou !
J'ai du mal à accepter d'avoir "perdu", même momentanément, les avancées que je sentais avant le week-end. Mais je m'accroche quand même, je tiens bon sur les fondamentaux : pause salle-de-bain en fin de journée, je me lave le visage en écoutant des mantras sur ma tablette. Puis RPC. Puis un temps de vide, entre la RPC et le retour à "l'extérieur". Ça me fait du bien, mais je ne trouve pas encore le mieux-être que je pouvais ressentir simplement en me connectant à moi-même plusieurs fois dans la journée, pour prendre conscience de mes inconforts et les accepter. J'ai l'impression d'être dans une course et de devoir attendre l'arrivée pour pouvoir me poser, et je me sens fatiguée.
(L'écrire va peut-être me permettre d'accepter de lâcher-prise. Parce que bon, ça fait juste depuis vendredi soir que je suis comme ça. J'ai l'impression que ça fait plusieurs semaines !)
En me relisant, je m'aperçois qu'en fait, c'est bien ça : les pommes sont mon aliment tabou du moment ! Ce week-end, je me suis chouchoutée avec du sucré (entre la douleur et les anti-inflammatoires, la seule chose très nette, c'était mon envie de sucre). Maintenant, je n'ai plus cette envie intense de sucre. Mais manger plus léger, ça me fait l'effet de ne pas "profiter encore un peu". Un vieux contrecoup d'ancienne régimeuse. En fait, "profiter", ça serait plutôt manger ce que j'ai envie de manger (envie dans le sens d'appétit, dans le sens qui fait qu'au goût, c'est aussi bon qu'à l'idée), et me laisser une petite place, ressentir à nouveau la bonne faim, et surtout me demander régulièrement dans la journée comment je vais, une ou deux inspirations/expirations en pleine conscience, en essayant de me laisser traverser par les émotions.
Ça secoue bien, quand même, les périodes de règles !
_________________________
D'avoir exprimé ça dans le fil des Inconforts, ça a permis à d'autres forumeuses de découvrir qu'elles aussi, parfois, ça les secouait au point de leur faire penser qu'elles décrochaient. Alors que c'est juste un inconfort, ça arrive, ça passe, ça reviendra. Et moi, ça m'a permis de me dire que bon, cet inconfort était vraiment puissant et qu'il revenait vraiment souvent. Autant essayer d'expérimenter des choses pendant mes règles. Ca m'a permis d'avancer le mois suivant.
dimanche 16 mars 2014
"Pattie Sauve Le Monde" (ou "Le stresseur poids")
Ecrit sur le fil "Victoires du jour" du forum Linecoaching.
28/01
J'ai commencé Linecoaching fin août. Je n'ai pas de piles dans ma balance à piles, donc je ne me pèse que chez le médecin, tous les deux mois environ.
La première fois après Linecoaching, ma perte de poids était très importante, tous les kilos de glace Magnum mangées sans faim tout au long de l'été ont fondu. Mon médecin était étonné, il m'a demandé ce que je faisais, j'ai expliqué rapidement (faim --> je mange. Pas faim --> j'essaie de ne pas manger). Il n'avait pas l'air convaincu, mais il m'a encouragée à continuer, puisque ça fonctionnait.
La deuxième fois, une perte moins importante. Mon médecin a eu l'air rassuré, ce qui m'a énervée intérieurement, je me suis dit qu'il pensait "oui, bon, ça vaut pas un régime quand même" (alors que si ça se trouve, il ne pensait pas ça). Il m'a dit de continuer et m'a demandé le nom, que j'ai donné volontiers.
Et ce soir, encore une perte, pas de quoi sauter au plafond pour crier à la méthode miracle, mais ça n'empêche qu'en tout, j'en suis à 10 kilos, sans aucun régime, que du plaisir et une manière différente de gérer mes envies de manger émotionnelles. Il m'a redemandé le nom, j'ai répété : Zermati, Apfeldorfer, le site du GROS. Et cette fois, il l'a noté. Ca m'a fait vraiment plaisir. Je me dis que peut-être, il va se renseigner, et que la prochaine personne en surpoids qui lui demandera des conseils, il lui en donnera de vrais bons, pas juste un régime.
Entre la deuxième visite et la troisième, j'ai pris du recul, parce que ça m'avait agacée d'être agacée. Déjà parce que j'étais agacée par une pensée que je lui avais attribuée, qu'il n'avait peut-être pas eue (parfois, comme ça, je me joue le film à moi toute seule, je joue tous les rôles). Et puis surtout, j'ai réalisé que je m'investissais quasiment d'une mission : "Sauver Ma Ville Des Régimes En Montrant Le Bon Exemple Pour Convaincre Le Médecin" (prochainement sur vos écrans, avec moi dans tous les rôles). Donc maintenant, j'ai ralenti un peu mon investissement très actor studio dans le premier rôle de mon film intérieur. Parce que je ne tiens pas à me sentir "tenue" de réussir. Ça doit venir de moi, de mes sensations de bien-être, de plaisir, de capacité naissante à pouvoir accepter mes émotions, ça ne doit plus venir d'un "devoir" que je me crée (et puis en plus, je n'ai rien à me mettre pour les Oscars, si mon film intérieur est sélectionné !)
______________________
Le "ça doit venir de moi", c'est dans le fil des mes réflexions après la lecture du chapitre sur l'hyperempathie, dans "Maigrir c'est dans la tête" du Dr Apfeldorfer. Il y parle du lieu de la décision, extérieur et intérieur.
28/01
J'ai commencé Linecoaching fin août. Je n'ai pas de piles dans ma balance à piles, donc je ne me pèse que chez le médecin, tous les deux mois environ.
La première fois après Linecoaching, ma perte de poids était très importante, tous les kilos de glace Magnum mangées sans faim tout au long de l'été ont fondu. Mon médecin était étonné, il m'a demandé ce que je faisais, j'ai expliqué rapidement (faim --> je mange. Pas faim --> j'essaie de ne pas manger). Il n'avait pas l'air convaincu, mais il m'a encouragée à continuer, puisque ça fonctionnait.
La deuxième fois, une perte moins importante. Mon médecin a eu l'air rassuré, ce qui m'a énervée intérieurement, je me suis dit qu'il pensait "oui, bon, ça vaut pas un régime quand même" (alors que si ça se trouve, il ne pensait pas ça). Il m'a dit de continuer et m'a demandé le nom, que j'ai donné volontiers.
Et ce soir, encore une perte, pas de quoi sauter au plafond pour crier à la méthode miracle, mais ça n'empêche qu'en tout, j'en suis à 10 kilos, sans aucun régime, que du plaisir et une manière différente de gérer mes envies de manger émotionnelles. Il m'a redemandé le nom, j'ai répété : Zermati, Apfeldorfer, le site du GROS. Et cette fois, il l'a noté. Ca m'a fait vraiment plaisir. Je me dis que peut-être, il va se renseigner, et que la prochaine personne en surpoids qui lui demandera des conseils, il lui en donnera de vrais bons, pas juste un régime.
Entre la deuxième visite et la troisième, j'ai pris du recul, parce que ça m'avait agacée d'être agacée. Déjà parce que j'étais agacée par une pensée que je lui avais attribuée, qu'il n'avait peut-être pas eue (parfois, comme ça, je me joue le film à moi toute seule, je joue tous les rôles). Et puis surtout, j'ai réalisé que je m'investissais quasiment d'une mission : "Sauver Ma Ville Des Régimes En Montrant Le Bon Exemple Pour Convaincre Le Médecin" (prochainement sur vos écrans, avec moi dans tous les rôles). Donc maintenant, j'ai ralenti un peu mon investissement très actor studio dans le premier rôle de mon film intérieur. Parce que je ne tiens pas à me sentir "tenue" de réussir. Ça doit venir de moi, de mes sensations de bien-être, de plaisir, de capacité naissante à pouvoir accepter mes émotions, ça ne doit plus venir d'un "devoir" que je me crée (et puis en plus, je n'ai rien à me mettre pour les Oscars, si mon film intérieur est sélectionné !)
______________________
Le "ça doit venir de moi", c'est dans le fil des mes réflexions après la lecture du chapitre sur l'hyperempathie, dans "Maigrir c'est dans la tête" du Dr Apfeldorfer. Il y parle du lieu de la décision, extérieur et intérieur.
samedi 15 mars 2014
Lâcher l'aliment
Ecrit sur le fil "Victoires du jour" du forum Linecoaching.
17/01
Peut-être pas une victoire, mais en tous cas une évolution perceptible : ce soir, j'ai arrêté de manger un hot-dog maison qui était délicieux sans aucune difficulté et sans prendre une bouchée supplémentaire pour voir si le goût était moins bon. Il y a eu un moment où j'ai SENTI que la prochaine bouchée était potentiellement moins bonne. Ca m'est déjà arrivé plusieurs fois, mais je n'ai jamais arrêté net de manger pour autant.
En principe, je ressens dans la bouche que c'est moins bon, j'en reprends une ou deux bouchées, pour voir si vraiment, c'est moins bon. Si vraiment c'est moins bon, j'arrête (ou du moins j'essaie, ça peut être plus ou moins difficile, si j'ai une EME de fin de repas).
Ces derniers temps, je me suis aperçue que je faisais souvent une pause juste avant de me demander si la prochaine bouchée était moins bonne. Une pause inconsciente, pas comme dans une vraie dégustation lente qui envoie au plafond tellement c'est bon.
Et ce soir, au moment où j'ai fait cette pause, j'ai eu plusieurs pensées dans la tête, genre on est plusieurs à parler en même temps : je suis revenue à plus de conscience de ce que je faisais (je mangeais en lisant un article, d'un œil distrait, certes, mais d'un œil quand même) ; en même temps je me suis dit que pour la prochaine bouchée, je devrais voir si elle avait toujours le même goût qu'au départ, pour savoir où j'en étais du rassasiement gustatif ; en même temps je me suis demandé si les mangeurs régulés faisaient ce retour à la conscience au moment où ils s'arrêtent de manger (les mangeurs régulés sont un mystère, ça m'intéresse de savoir comment ça se passe pour eux) ; en même temps je me suis dit que peut-être, cette pause que j'ai remarquée dans ma prise de nourriture, même quand je suis en "quart de conscience" (et non en pleine), c'est le signal inconscient que les mangeurs régulés reçoivent. Et en même temps je me suis rendue compte que je n'avais pas vraiment envie de prendre une bouchée de vérification du rassasiement gustatif, que rien que le fait de me dire que je devais vérifier était un signe que le rassasiement gustatif était là.
Je pense que cette pause, que j'ai remarquée, est une vraie évolution. Je pense aussi que si j'étais plus consciente, je l'aurais perçue plus tôt. Je me dis que ça tombe bien, parce que je suis de plus en plus consciente, de plus en plus souvent. Je me dis que mes sensations se développent : je sens mieux les odeurs, les goûts. Et là, la sensation de rassasiement gustatif.
Pourtant, je n'avais pas bien commencé : ce soir, j'évacue un peu ma journée, et le début de mon repas, c'était un peu comme une EME pas trop impérieuse, sauf que j'avais faim. Je me suis aperçue en arrêtant de manger que j'avais commencé sans même l'idée de fractionner. J'ai pris le hot-dog entier, alors que d'habitude (enfin, "d'habitude" depuis l'étape du fractionnement), je me le découpe avant, quitte à y revenir. En général, je mange avec un couteau et une fourchette, et là je l'ai mangé comme un sandwich. Bref, tout était bien disposé pour que j'évacue ma journée avec une belle EME de fin de repas prolongée.
Peut-être que ce qui a fait la différence, c'est qu'à la fin de ma journée de boulot, avant la dernière réunion, j'avais une heure, et que j'ai pris le temps de faire une RPC (j'ai même carrément arrêté de jouer à Candy crush saga parce que le besoin de me recentrer sur moi, au lieu de vider mes pensées, était devenu impérieux, une sorte d'ERPCE, une envie de RPC émotionnelle). Et après la réunion, en revenant, je me suis fait une pause sur internet, et ensuite une séance de démaquillage, et enfin une RPC en silence.
Je pense que ce qui m'a permis d'avoir les bons réflexes (me maquiller ce matin pour être sûre que je devrais passer par la case démaquillage après ma journée difficile, faire une RPC avant le dernier round et une autre au retour), c'est d'avoir expérimenté plein de fois ce qui ne marche pas (être agitée, attendre la fin de la journée comme LE moment où je pourrais enfin souffler) et d'avoir, grâce aux étapes du programme, expérimenté quelquefois ce qui marche : se centrer sur la respiration plus souvent, utiliser la RPC quand j'ai des émotions qui m'amènent à vouloir accélérer le temps ou à ne pas vivre ce que je vis, et la sensation laissée par le fait de "laisser une petite place", qui, de désagréable, est devenue ultra-confortable.).
Et finalement, ce soir, j'ai laissé une petite place, alors que la journée était faite pour une EME. Ca ne veut pas dire que je n'en aurai pas une plus tard, mais ça n'est pas grave : j'ai éprouvé ça, cette envie presque inconsciente d'arrêter de manger. Je me suis rendue compte que je l'avais déjà éprouvée, sans la décoder (et parfois sans souhaiter la décoder). Ça veut dire que ça reviendra, et peut-être que ça pourra devenir une habitude, à la longue.
17/01
Peut-être pas une victoire, mais en tous cas une évolution perceptible : ce soir, j'ai arrêté de manger un hot-dog maison qui était délicieux sans aucune difficulté et sans prendre une bouchée supplémentaire pour voir si le goût était moins bon. Il y a eu un moment où j'ai SENTI que la prochaine bouchée était potentiellement moins bonne. Ca m'est déjà arrivé plusieurs fois, mais je n'ai jamais arrêté net de manger pour autant.
En principe, je ressens dans la bouche que c'est moins bon, j'en reprends une ou deux bouchées, pour voir si vraiment, c'est moins bon. Si vraiment c'est moins bon, j'arrête (ou du moins j'essaie, ça peut être plus ou moins difficile, si j'ai une EME de fin de repas).
Ces derniers temps, je me suis aperçue que je faisais souvent une pause juste avant de me demander si la prochaine bouchée était moins bonne. Une pause inconsciente, pas comme dans une vraie dégustation lente qui envoie au plafond tellement c'est bon.
Et ce soir, au moment où j'ai fait cette pause, j'ai eu plusieurs pensées dans la tête, genre on est plusieurs à parler en même temps : je suis revenue à plus de conscience de ce que je faisais (je mangeais en lisant un article, d'un œil distrait, certes, mais d'un œil quand même) ; en même temps je me suis dit que pour la prochaine bouchée, je devrais voir si elle avait toujours le même goût qu'au départ, pour savoir où j'en étais du rassasiement gustatif ; en même temps je me suis demandé si les mangeurs régulés faisaient ce retour à la conscience au moment où ils s'arrêtent de manger (les mangeurs régulés sont un mystère, ça m'intéresse de savoir comment ça se passe pour eux) ; en même temps je me suis dit que peut-être, cette pause que j'ai remarquée dans ma prise de nourriture, même quand je suis en "quart de conscience" (et non en pleine), c'est le signal inconscient que les mangeurs régulés reçoivent. Et en même temps je me suis rendue compte que je n'avais pas vraiment envie de prendre une bouchée de vérification du rassasiement gustatif, que rien que le fait de me dire que je devais vérifier était un signe que le rassasiement gustatif était là.
Je pense que cette pause, que j'ai remarquée, est une vraie évolution. Je pense aussi que si j'étais plus consciente, je l'aurais perçue plus tôt. Je me dis que ça tombe bien, parce que je suis de plus en plus consciente, de plus en plus souvent. Je me dis que mes sensations se développent : je sens mieux les odeurs, les goûts. Et là, la sensation de rassasiement gustatif.
Pourtant, je n'avais pas bien commencé : ce soir, j'évacue un peu ma journée, et le début de mon repas, c'était un peu comme une EME pas trop impérieuse, sauf que j'avais faim. Je me suis aperçue en arrêtant de manger que j'avais commencé sans même l'idée de fractionner. J'ai pris le hot-dog entier, alors que d'habitude (enfin, "d'habitude" depuis l'étape du fractionnement), je me le découpe avant, quitte à y revenir. En général, je mange avec un couteau et une fourchette, et là je l'ai mangé comme un sandwich. Bref, tout était bien disposé pour que j'évacue ma journée avec une belle EME de fin de repas prolongée.
Peut-être que ce qui a fait la différence, c'est qu'à la fin de ma journée de boulot, avant la dernière réunion, j'avais une heure, et que j'ai pris le temps de faire une RPC (j'ai même carrément arrêté de jouer à Candy crush saga parce que le besoin de me recentrer sur moi, au lieu de vider mes pensées, était devenu impérieux, une sorte d'ERPCE, une envie de RPC émotionnelle). Et après la réunion, en revenant, je me suis fait une pause sur internet, et ensuite une séance de démaquillage, et enfin une RPC en silence.
Je pense que ce qui m'a permis d'avoir les bons réflexes (me maquiller ce matin pour être sûre que je devrais passer par la case démaquillage après ma journée difficile, faire une RPC avant le dernier round et une autre au retour), c'est d'avoir expérimenté plein de fois ce qui ne marche pas (être agitée, attendre la fin de la journée comme LE moment où je pourrais enfin souffler) et d'avoir, grâce aux étapes du programme, expérimenté quelquefois ce qui marche : se centrer sur la respiration plus souvent, utiliser la RPC quand j'ai des émotions qui m'amènent à vouloir accélérer le temps ou à ne pas vivre ce que je vis, et la sensation laissée par le fait de "laisser une petite place", qui, de désagréable, est devenue ultra-confortable.).
Et finalement, ce soir, j'ai laissé une petite place, alors que la journée était faite pour une EME. Ca ne veut pas dire que je n'en aurai pas une plus tard, mais ça n'est pas grave : j'ai éprouvé ça, cette envie presque inconsciente d'arrêter de manger. Je me suis rendue compte que je l'avais déjà éprouvée, sans la décoder (et parfois sans souhaiter la décoder). Ça veut dire que ça reviendra, et peut-être que ça pourra devenir une habitude, à la longue.
vendredi 14 mars 2014
Repas de la Saint-Sylvestre
Ecrit sur le fil "Repas de fêtes en pleine conscience" du forum Linecoaching.
3/01/2014
Le repas du 31 décembre a été un peu compliqué pour moi. C'était de l'inédit depuis mes débuts sur Linecoaching : je n'avais pas faim et j'ai mangé quand même. Ca m'arrive parfois au travail, mais je mange peu, dans ces cas-là.
A midi, nous étions passés au Quick, et j'avais pris une salade et des petits beignets. Or les beignets, ça ne fait pas partie de mon répertoire alimentaire habituel. Je pensais que vu l'heure tardive du repas, la faim reviendrait, puisque je n'avais pas mangé très au-delà de ma faim, pas plus que lors du midi avant le réveillon de Noël. Sauf que non, le beignet met vraiment vraiment beaucoup de temps avant que l'énergie puisse être absorbée. Maintenant, je le saurai ! Avant le réveillon de Noël, j'avais mangé des pâtes, et ça, je connais davantage les effets.
Donc voilà, pas faim. J'ai eu du mal à me décider à manger. J'ai finalement pris très peu de tout ce que je souhaitais goûter. Au début, c'était étrange de manger sans avoir faim, limite désagréable. Pas physiquement, mais dans la tête. Et puis en respirant, ça allait. A la fin, je n'ai pas eu l'impression d'avoir trop mangé ni d'avoir des difficultés de digestion. J'avais juste des regrets de ne pas m'être régalée comme je l'avais espéré, avec faim.
Le lendemain, la faim était au rendez-vous (pas vraiment la bonne faim, plutôt entre la petite et la moyenne). Les aliments étaient bien meilleurs, mais je me suis gardée une petite place pour les truffes au chocolat noir que mon frère avait fait et qui étaient déjà bonnes sans faim la veille. Le soir, chez moi, j'ai eu faim à nouveau vers 22h, j'ai mangé une tartine de tzatziki.
En ce moment, j'ai plus de mal à entendre mes sensations, tout est brouillé par les règles, la douleur quand elle est là, les anti-inflammatoires quand elle n'est pas là, et l'intense soulagement de la fin du syndrome pré-menstruel. Donc j'attends la faim, j'essaie d'écouter mes appétits spécifiques, et pour la satiété, ben on verra d'ici quelques jours ! La régulation se fera, de toute façon. C'est un tel bonheur d'attendre la faim pour manger, de retrouver le goût plein des aliments, au lieu de leur fantôme de goût (sans la faim, c'est comme un fantôme de goût) et d'avoir la sensation de la petite place (enfin, quand j'ai mes règles, la petite place, c'est un vrai inconfort, donc je ne la laisse pas en ce moment).
Ma conclusion : le choix des aliments du midi avant les fêtes est primordial. Il faut vraiment qu'ils ne sortent pas de mon répertoire alimentaire le plus basique possible pour que je puisse jouer avec mon appétit prévisionnel. Si ça n'avait pas été un repas de fête, je n'aurais pas mangé sans faim, parce que j'étais dans ma famille, j'aurais pu me permettre de ne pas manger (enfin, je pense qu'on peut se le permettre avec n'importe qui, mais moi, je suis débutante dans l'art de m'affirmer).
Après les fêtes, j'ai eu quelques pensées négatives automatiques, du genre "Oh mon dieu, je n'ai pas envie de légumes, c'est la catastrophe, comment vais-je faire pour réguler ???" Et puis ça s'est calmé. Ce n'est pas moi qui dois réguler, c'est mon corps. Mon seul rôle, c'est de laisser les pensées négatives tourner dans leur coin et de me recentrer sur moi et mes sensations.
__________________________
J'ai utilisé aussi un "truc" donné par une forumeuse pour gérer l'EME sur les truffes au chocolat de mon frère : demander la recette ! Quand on a un aliment délicieux et rare, on a tendance à en manger au-delà de sa faim, c'est normal, même les mangeurs régulés le font. Avoir la recette, ça permet de se rassurer : l'aliment n'aura pas besoin d'attendre Noël prochain et ne dépendra plus de mon frère pour revenir dans ma vie (puisque je ne suis plus au régime, je pourrai en manger autant que ça me fait plaisir au moment où ça me fera plaisir).
Il faut faire fondre le même poids de chocolat dans le même poids de crème fraîche liquide, et puis réfrigérer. Ensuite, on fait des boules qu'on roule dans le cacao amer. Depuis que j'ai la recette, je n'en ai pas eu à nouveau envie. Mais je sais que je peux le faire, ça change tout dans la tête !
3/01/2014
Le repas du 31 décembre a été un peu compliqué pour moi. C'était de l'inédit depuis mes débuts sur Linecoaching : je n'avais pas faim et j'ai mangé quand même. Ca m'arrive parfois au travail, mais je mange peu, dans ces cas-là.
A midi, nous étions passés au Quick, et j'avais pris une salade et des petits beignets. Or les beignets, ça ne fait pas partie de mon répertoire alimentaire habituel. Je pensais que vu l'heure tardive du repas, la faim reviendrait, puisque je n'avais pas mangé très au-delà de ma faim, pas plus que lors du midi avant le réveillon de Noël. Sauf que non, le beignet met vraiment vraiment beaucoup de temps avant que l'énergie puisse être absorbée. Maintenant, je le saurai ! Avant le réveillon de Noël, j'avais mangé des pâtes, et ça, je connais davantage les effets.
Donc voilà, pas faim. J'ai eu du mal à me décider à manger. J'ai finalement pris très peu de tout ce que je souhaitais goûter. Au début, c'était étrange de manger sans avoir faim, limite désagréable. Pas physiquement, mais dans la tête. Et puis en respirant, ça allait. A la fin, je n'ai pas eu l'impression d'avoir trop mangé ni d'avoir des difficultés de digestion. J'avais juste des regrets de ne pas m'être régalée comme je l'avais espéré, avec faim.
Le lendemain, la faim était au rendez-vous (pas vraiment la bonne faim, plutôt entre la petite et la moyenne). Les aliments étaient bien meilleurs, mais je me suis gardée une petite place pour les truffes au chocolat noir que mon frère avait fait et qui étaient déjà bonnes sans faim la veille. Le soir, chez moi, j'ai eu faim à nouveau vers 22h, j'ai mangé une tartine de tzatziki.
En ce moment, j'ai plus de mal à entendre mes sensations, tout est brouillé par les règles, la douleur quand elle est là, les anti-inflammatoires quand elle n'est pas là, et l'intense soulagement de la fin du syndrome pré-menstruel. Donc j'attends la faim, j'essaie d'écouter mes appétits spécifiques, et pour la satiété, ben on verra d'ici quelques jours ! La régulation se fera, de toute façon. C'est un tel bonheur d'attendre la faim pour manger, de retrouver le goût plein des aliments, au lieu de leur fantôme de goût (sans la faim, c'est comme un fantôme de goût) et d'avoir la sensation de la petite place (enfin, quand j'ai mes règles, la petite place, c'est un vrai inconfort, donc je ne la laisse pas en ce moment).
Ma conclusion : le choix des aliments du midi avant les fêtes est primordial. Il faut vraiment qu'ils ne sortent pas de mon répertoire alimentaire le plus basique possible pour que je puisse jouer avec mon appétit prévisionnel. Si ça n'avait pas été un repas de fête, je n'aurais pas mangé sans faim, parce que j'étais dans ma famille, j'aurais pu me permettre de ne pas manger (enfin, je pense qu'on peut se le permettre avec n'importe qui, mais moi, je suis débutante dans l'art de m'affirmer).
Après les fêtes, j'ai eu quelques pensées négatives automatiques, du genre "Oh mon dieu, je n'ai pas envie de légumes, c'est la catastrophe, comment vais-je faire pour réguler ???" Et puis ça s'est calmé. Ce n'est pas moi qui dois réguler, c'est mon corps. Mon seul rôle, c'est de laisser les pensées négatives tourner dans leur coin et de me recentrer sur moi et mes sensations.
__________________________
J'ai utilisé aussi un "truc" donné par une forumeuse pour gérer l'EME sur les truffes au chocolat de mon frère : demander la recette ! Quand on a un aliment délicieux et rare, on a tendance à en manger au-delà de sa faim, c'est normal, même les mangeurs régulés le font. Avoir la recette, ça permet de se rassurer : l'aliment n'aura pas besoin d'attendre Noël prochain et ne dépendra plus de mon frère pour revenir dans ma vie (puisque je ne suis plus au régime, je pourrai en manger autant que ça me fait plaisir au moment où ça me fera plaisir).
Il faut faire fondre le même poids de chocolat dans le même poids de crème fraîche liquide, et puis réfrigérer. Ensuite, on fait des boules qu'on roule dans le cacao amer. Depuis que j'ai la recette, je n'en ai pas eu à nouveau envie. Mais je sais que je peux le faire, ça change tout dans la tête !
jeudi 13 mars 2014
EME d'entre fêtes - Praliné mon amour
Ecrit sur le fil "Repas de fêtes en pleine conscience" du forum de Linecoaching.
27/12/2013
Une de mes difficultés de la période des repas de fêtes, c'est de renoncer au praliné. Quand j'étais au régime, l'entre-fêtes et l'après fête, c'était comme un long tunnel, un sevrage difficile.
Je ne suis plus au régime et je ne m'y sens pas. Mais ça reste difficile.
Du coup, à midi, je me suis décidée à manger des chocolats à la fin du repas (j'avais fractionné pour garder une petite place) jusqu'à sentir le rassasiement gustatif, celui qu'on ressent dans la bouche et qui fait que la bouchée suivante va être nettement moins bonne. J'en ai mangé deux, et j'ai arrêté, mais je n'ai pas senti le rassasiement gustatif. J'ai arrêté parce que je n'avais plus faim et que je voulais tenter d'avoir faim pour le repas du soir. Mais je n'ai pas ressenti le rassasiement gustatif. Ou peut-être que je l'ai ressenti, mais je n'ai pas pu prendre une bouchée de plus, pour être sûre. Je m'en suis empêchée.
Cette fois, pas par restriction cognitive, mais pour mon confort (ne pas être trop chargée en nourriture, retrouver la faim au repas pour manger avec mon mari). C'est déjà un progrès. Je ne me suis pas non plus "obligée" à en manger à la place de mon repas de midi pour respecter mon envie de salade composée. Mon envie de praliné est émotionnelle, mon envie de salade ne l'est pas (j'en salivais, dans le magasin, j'avais le goût de la vinaigrette balsamique dans la bouche et le croquant de la salade dans les dents) alors que le praliné ne me fait pas saliver en ce moment, il me donne juste très envie). Mais j'ai quand même fractionné la salade pour profiter du praliné. Du coup, je me sens frustrée de salade ET de praliné, arf !
En fait, je pense que les chocolats de Noël à la période de Noël sont mon aliment tabou. Du coup, je retenterai l'expérience plus tard, après le premier de l'an, si j'ai encore cette envie émotionnelle de praliné : remplacer mon repas par des bonbons au praliné, jusqu'au rassasiement gustatif, et re-bonbons au praliné pour la collation si j'ai faim, comme dans l'exercice de l'étape sur le rassasiement gustatif. Peut-être même que je ferai l'étape en respectant scrupuleusement le protocole (trois jours de suite, le même aliment). Je ne l'avais pas respecté à la lettre pendant l'étape, parce que je n'en sentais pas le besoin et que je ne sentais aucun aliment comme tabou. Il faut que je démythifie, pour mieux en profiter, sans cette sensation de m'en priver quand j'arrête.
M'enfin, je vais laisser passer la période des fêtes pour faire ça. Je pense que ça va fonctionner (ça avait marché pour les rochers Suchard), mais ensuite, si ça fait comme la dernière fois, je vais avoir envie de pommes, d'oranges, de haricots verts et de salade, donc ça va m'empêcher de profiter des autres bonnes choses de cette période.
En tous cas, le fait d'écrire ça, ça m'a aidée à absorber le reste d'EME. Je n'ai plus envie de praliné pour le moment, j'ai une intense envie de café sans sucre ! Je vais tester mon nouveau déca !
___________________________
(Finalement, je n'ai pas eu besoin de faire ce travail de l'étape du rassasiement gustatif sur les chocolats au praliné. Une fois que j'ai décrit tout ça dans le forum, que j'ai envisagé de refaire cette étape, j'ai eu dans la tête les effets que ça avait eu pour les rochers Suchard, et je n'ai plus ressenti l'EME des pralinés de Noël. Je verrai ça l'année prochaine !)
27/12/2013
Une de mes difficultés de la période des repas de fêtes, c'est de renoncer au praliné. Quand j'étais au régime, l'entre-fêtes et l'après fête, c'était comme un long tunnel, un sevrage difficile.
Je ne suis plus au régime et je ne m'y sens pas. Mais ça reste difficile.
Du coup, à midi, je me suis décidée à manger des chocolats à la fin du repas (j'avais fractionné pour garder une petite place) jusqu'à sentir le rassasiement gustatif, celui qu'on ressent dans la bouche et qui fait que la bouchée suivante va être nettement moins bonne. J'en ai mangé deux, et j'ai arrêté, mais je n'ai pas senti le rassasiement gustatif. J'ai arrêté parce que je n'avais plus faim et que je voulais tenter d'avoir faim pour le repas du soir. Mais je n'ai pas ressenti le rassasiement gustatif. Ou peut-être que je l'ai ressenti, mais je n'ai pas pu prendre une bouchée de plus, pour être sûre. Je m'en suis empêchée.
Cette fois, pas par restriction cognitive, mais pour mon confort (ne pas être trop chargée en nourriture, retrouver la faim au repas pour manger avec mon mari). C'est déjà un progrès. Je ne me suis pas non plus "obligée" à en manger à la place de mon repas de midi pour respecter mon envie de salade composée. Mon envie de praliné est émotionnelle, mon envie de salade ne l'est pas (j'en salivais, dans le magasin, j'avais le goût de la vinaigrette balsamique dans la bouche et le croquant de la salade dans les dents) alors que le praliné ne me fait pas saliver en ce moment, il me donne juste très envie). Mais j'ai quand même fractionné la salade pour profiter du praliné. Du coup, je me sens frustrée de salade ET de praliné, arf !
En fait, je pense que les chocolats de Noël à la période de Noël sont mon aliment tabou. Du coup, je retenterai l'expérience plus tard, après le premier de l'an, si j'ai encore cette envie émotionnelle de praliné : remplacer mon repas par des bonbons au praliné, jusqu'au rassasiement gustatif, et re-bonbons au praliné pour la collation si j'ai faim, comme dans l'exercice de l'étape sur le rassasiement gustatif. Peut-être même que je ferai l'étape en respectant scrupuleusement le protocole (trois jours de suite, le même aliment). Je ne l'avais pas respecté à la lettre pendant l'étape, parce que je n'en sentais pas le besoin et que je ne sentais aucun aliment comme tabou. Il faut que je démythifie, pour mieux en profiter, sans cette sensation de m'en priver quand j'arrête.
M'enfin, je vais laisser passer la période des fêtes pour faire ça. Je pense que ça va fonctionner (ça avait marché pour les rochers Suchard), mais ensuite, si ça fait comme la dernière fois, je vais avoir envie de pommes, d'oranges, de haricots verts et de salade, donc ça va m'empêcher de profiter des autres bonnes choses de cette période.
En tous cas, le fait d'écrire ça, ça m'a aidée à absorber le reste d'EME. Je n'ai plus envie de praliné pour le moment, j'ai une intense envie de café sans sucre ! Je vais tester mon nouveau déca !
___________________________
(Finalement, je n'ai pas eu besoin de faire ce travail de l'étape du rassasiement gustatif sur les chocolats au praliné. Une fois que j'ai décrit tout ça dans le forum, que j'ai envisagé de refaire cette étape, j'ai eu dans la tête les effets que ça avait eu pour les rochers Suchard, et je n'ai plus ressenti l'EME des pralinés de Noël. Je verrai ça l'année prochaine !)
Inscription à :
Articles (Atom)

